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"We never forget °{ Lily [Finish]

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MessageSujet: "We never forget °{ Lily [Finish]   Mer 10 Juil - 12:29

IT IS A NIGHTMARE

Encore cette douleur. Tu étouffais encore une fois. Tu te redressas de ton lit, fixant cette poignée rectangulaire qui servait normalement à ouvrir le fenêtre. Tu avais l'impression qu'elle te regardait de sa hauteur, attendant le bon moment pour t'atteindre. Te blesser. Il te fallait partir, loin, très loin. Comment tu avais pu dormir jusqu'à présent ? Tu te le demandais toi-même. Tout ce que tu pouvais faire c'était masquer cette horreur, la cacher, la faire disparaître de ta vue. Mais tu cumulais ces objets emprisonnés par des vêtements tu connaissais tous les pièges de ton nouveau lieu de vie. Tu en avais marre, alors tu te levas et tu t'habillas d'un simple jeans et d'un tee-shirt sombre. Tu savais bien qu'il était encore bien trop tôt, pour qu'une quelconque âme te croise. La lueur du jour se réveillait à peine en ce début juin.

Tu descendais les escaliers du manoir, tentant tant bien que mal de ne pas baisser les yeux. Tu tentais de te convaincre que les bords s'étaient arrondis avec le passage des différents pensionnaires pour calmer ton rythme cardiaque, en vain. Descendre encore et encore, s'enfoncer dans les abysses du manoir. Jusqu'à cette partie interdite : Les sous-sols. Ces longs couloirs sans fin, ces déballes mystérieux, ce serait là où tu pourrais te reposer un peu. Toutefois, tu t'éloignas du garde manger, n'ayant pas envie que le personnel te remarque. Sinon il te renverrait dans cette prison dangereuse qu'était ta chambre.

Tu tentais d'ouvrir les portes une à une, par curiosité. La plupart était fermée, mais même si elle s'ouvrait, tu n'entrais jamais. Trop dangereux. Ce calme te rassurait cependant. Ici au moins, tu avais la tête ailleurs. Ta peur s'était estompé, mais ton visage restait froid. Car tu savais très bien que ce silence pourrait être interrompu à tout instant. Tu eus un soupir à cette pensée. Pourquoi était-il si difficile d'avoir un peu de tranquillité ?

Un bruit, au fond du couloir. Tu tressaillis et tu te tournas vivement. C'était un son de pas, quelqu'un approchait. Tu marmonnas une insulte et tu t'éloignas rapidement, cherchant un refuge dans toutes ces salles condamnées. Tu ne voulais pas rencontrer cet inconnu, tu ne désirais pas lui parler non plus, ni le découvrir. Tu voulais juste être seul. Tu fonças vers une des pièces ouvertes et tu refermas derrière toi, le cœur battant à tout rompre. Peut-être qu'il ne t'avait pas entendu, pitié... Tu restas alerte, fermant les yeux, retenant ta respiration. La personne s'approchait, sa marche raisonnant davantage dans le couloir nu. Mais il passa, sans remarquer ta présence, enfin c'était ce que tu pensais. Tu soupiras de soulagement, te laissant glisser contre la paroi. Tu avais réussi à être invisible il fallait croire. Tu rouvris les yeux, pensant attendre un peu avant de repartir dans ton expédition. Quelque chose luisait dans la salle sans fenêtre, alors tu cherchas aveuglément l'interrupteur, pour comprendre la raison de ce scintillement. Quelle grossière erreur.

La lumière fut et tu le vis. Un ciseau, et ce n'était pas le seul démon. Cette salle était remplie d'outils en tout genre, sécateur, couteau, scie et bien d'autres objets tout aussi sympathiques les uns que les autres. C'était sans doute l'entrepôt, mais pourquoi était-il ouvert ? Un élève qui avait piquait les clés ou un employé un peu tête en l'air ? En tout cas, tu t'étais trouvé devant la pire horreur qui soit pour ta petite personne. Et tu fis la seule réaction censé que tu pouvais faire dans cette situation. Tu paniquas. Tu n'arrivais même plus à sortir, tellement tu avais perdu tout contrôle. Le pire fut que tu frôlas une étagère, un son strident sortit de tes lèvres à son insu :

« HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! »


Très viril pas vrai ?Si tu avais été discret jusque-là, c'était la fin de Milo le furtif. Heureusement tu trouvas la poignée tu te ruas dehors, trébuchant par la même occasion. Mais la peur te donnait des ailes Milo, si bien que tu rampas même vers le mur d'en face, vu que tu ne tenais plus sur tes jambes. Tu te mis dos au béton, la respiration saccadée, et tu te recroquevillas sur toi-même. Peur, angoisse, insignifiance. Tu voulais même l'appeler tellement pitoyable. Mais quand tu ne pouvais plus bouger devant l'horreur, tu ne pensais qu'à elle.

Lily, tu voulais la voir avec son sourire sincère. Mais cela n'arriverait plus, cette réalité avait disparu avec le temps, ne devenant plus qu'un lointain souvenir. Maintenant, elle n'avait qu'un visage perdu,  lointain, tellement égarée. Elle n'était plus l'ombre de cette aînée qui était ta reine autrefois. C'était douloureux, tellement que tu voulais en pleurer. Tu en avais presque oublié que tu n'étais pas seul dans le manoir.  

Tu relevas la tête, se retrouvant nez à nez avec une jeune femme aux cheveux noirs corbeaux. Tu connaissais ces pupilles bleus entre mille, les même que ceux de ton père. Lily, pourquoi s'acharnait-elle à apparaître devant toi aux pires moments qui soit. Tu tremblais comme un oisillon apeuré, tu avais encore du mal à concentrer ton regard. Mais ton orgueil blessé t'obligea à trancher froidement :

«  Reste pas planté là et disparais ! Je ne veux pas de te voir ! »

Tu n'avais pas besoin d'aide, tu étais assez grand pour te tenir debout seul. Alors pourquoi tu avais cette irrésistible envie de te cacher dans ses bras et pleurer toutes les larmes de ton corps ? C'était sûrement parce que tu avais peur, que tu n'étais qu'un pleurnichard bien que le temps avait passé.

Pitoyable, tu l'étais vraiment.

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MessageSujet: Re: "We never forget °{ Lily [Finish]   Jeu 11 Juil - 14:33

We never forget« Elle danse, en cadence ; c'est merveilleux, prodigieux ! »

Ah, la folie ! Quelle drôle de chose, la folie. Elle te ronge de l'intérieur mais te permet de survivre à la réalité. Elle te détruit pour mieux te reconstruire. La folie est cruelle mais gentille. La folie est tout, et puis rien ; tout se tourne et se retourne, tout change de côté, de face. Et toi Lily tu la possèdes, cette folie dévorante. Tu ne la possèdes pas tout le temps, seulement lorsque tu t'injectes ce liquide qui te fait tellement de bien. Qui te fait tellement de mal. Mais tout a finit par déraper n'est-ce pas ? Tu as tout fait pour oublier jusqu'à présent mais tout revient à la charge. Tu ne pourras pas fuir définitivement, tu le sais Lily ? Oui, tu le sais très bien, mais tu fais tout pour repousser l'échéance. Parce que tu as peur, tu as terriblement peur. De cette couleur que tu hais tant, qui te hante jour et nuit, qui ne fait que te tirer un peu plus dans les abysses ténébreuses. Tu aimerais t'en sortir c'est vrai, pas pour toi mais pour lui... Lui. Milo, ton frère. Tu as perdu ton âme ce jour-là Lily : tu as perdu Milo aussi, et tu n'as jamais rien fait pour le récupérer, au contraire.

Assise sur le sol froid de ta chambre, adossée à ton lit, tu juras pour la énième fois de la nuit... Ou plutôt du matin. Il était encore très tôt, et il n'y avait pas un bruit dans les couloirs. Tes mains étaient crispées sur ton haut, ta respiration était haletante, tes yeux étaient fermés. Tu souffrais Lily. Tu souffrais de ce manque qui te vrillait la tête, qui battait dans tes tempes, qui circulait dans tes veines. Mais tu devais tenir, pour lui. Tu savais au fond de toi que tu n'y arriverais pas : pas encore. Mais il fallait que tu tiennes le plus longtemps possible. Tu te recroquevillas sur toi même en gémissant faiblement. Tu en avais besoin. Drogue, drogue, drogue... Quitte à revoir la poupée et l'ourson. Non ! Du sang, il y en avait trop. Tu déglutis difficilement et relevas la tête. Erreur fatale. Il y avait du rouge, partout : sur les murs, sur le sol, sur ton lit, sur ton placard. Partout où tu posais tes yeux,il y avait du rouge. Du sang. Tu avais peur Lily. Il fallait que tu oublies ça. Maintenant ! Tu bondis sur tes jambes et ouvrit ton placard. Tu attrapas une seringue propre, prépara la dose, mit le garrot autour de ton bras et tiras pour faire apparaître la veine. Quelques minutes plus tard, tu planais déjà. Mais cette fois-ci c'était différent Lily. Cette fois-ci, tout dérapa de nouveau. Il y eut d'abord une musique...

Elle danse, en cadence ; c'est merveilleux, prodigieux !
Place place, elle passe, elle fend l'air comme un éclair!

Et puis elle apparut devant toi. Elle tournait sur elle-même, sa robe blanche voletant dans les airs ; mais c'était ses larmes qui t'effrayèrent. Elles étaient rouges. C'était la poupée en porcelaine, la même que tu avais vu juste avant d'atterrir ici. Non ! Tu bondis sur tes jambes, paniquée. Rouge, rouge, rouge. Elle s'approchait de toi, souriant mais pleurant. Tu avais beau reculé encore et encore, elle était de plus en plus proche. Ses larmes tâchaient sa belle robe blanche de ce rouge morbide. Tu ouvris la bouche pour crier, mais aucun son ne sortit. Tu étais terrorisée. Rouge, rouge, rouge!Du rouge partout, ici et là, en haut et en bas, sur les côtés, partout. Elle rit et se jetas sur toi. Ce fut à ce moment-là que ta gorge décida enfin d'émettre un son, et tu poussas un cri en la repoussant. Tu pris alors la fuite en sortant de cette maudite chambre. La musique te poursuivait, tu savais que la poupée était derrière toi. Alors tu ne t'arrêtas pas, courant dans les couloirs au hasard, jusqu'à arriver devant la porte des sous-sol. Tu la refermas juste derrière toi et descendis les escaliers le plus vite possible. Ne pas t'arrêter, ne pas t'arrêter. Sinon elle te rattraperait. Sinon le passé reviendra te hanter. Tu avais peur, si peur. C'était une angoisse terrible, qui serrait ton cœur, qui entourait ta gorge. Tu étouffais.

Elle danse, en cadence ; c'est merveilleux, prodigieux !
Place place, elle passe, elle fend l'air comme un éclair !

T'avait-elle rattraper ? Tu marchais rapidement, au hasard, regardant tout autour de toi avec effroi. Était-elle proche ? Non, la musique s'estompait. Cela faisait combien de temps que tu délirais ? Une bonne heure, déjà. Que le temps passait vite, mais aussi très lentement. Tu secouas la tête et soupiras. Ce n'était pas le moment d'entrer dans ce genre de sujet. Tu continuas donc à marcher jusqu'à ce que la musique disparaisse complètement. Tu t'adossas ensuite au mur et te laissas glisser jusqu'au sol avant de te recroqueviller. Tu étais pathétique. Idiote. Désespérante. Au final Milo avait raison de ne plus s'approcher de toi. Tu étais devenue complètement folle... Les larmes te montèrent aux yeux mais tu les ravalas. Non, ne pas pleurer, pas maintenant. Tu inspiras et expiras profondément et longuement avant de te relever. Tu allais te battre. Le manque commençait déjà à réapparaître -tu ne t'étais injecté qu'une petite dose- mais c'était encore largement supportable. Pas pour longtemps cependant... Oui, et bha tu ferais avec, pour le moment. Tu fermas tes yeux et te replongeas dans tes souvenirs. Lorsque tu jouais avec Milo dans votre salon. Vous aviez quel âge à ce moment-là ? Cela devait être... Un an avant l'accident. Donc toi neuf ans, et lui cinq. La belle époque...

Il y eut ensuite un cri. Sur le coup tu crus que c'était une fille du manoir qui avait vu une souris, mais il suffit que tu te concentres un peu plus pour t'apercevoir que c'était une voix de garçon... Sa voix. Tu te redressas, tous tes sens en alerte. Que fichait-il ici ? Qu'avait-il vu ? Au fond tu le savais très bien. La seule chose qui pouvait autant l'effrayer, c'était tous ces objets en pointe, qui pouvait le blesser n'importe quand et n'importe où. Alors tu fis le chemin inverse pour retrouver la source du bruit. Tu arrivas en face de lui même pas dix secondes plus tard, recroquevillé sur lui-même, tremblant de tous ses membres. Et juste derrière toi, une porte grande ouverte avec de magnifiques objets bien coupants... Il releva sa tête et te vit, te fixant avec ces prunelles vertes bien connues de ta mémoire. Milo... Milo était devant toi. Comme à chaque fois que tu le voyais ton cœur se serra, mais tu te sentais plus légère. Bizarre n'est-ce pas ? Mais même si il était complètement apeuré, il trouva encore le moyen de refroidir sa voix et de te jeter à la figure :

«  Reste pas planté là et disparais ! Je ne veux pas te voir ! »

Et tient, prend ça Lily. C'était de ta faute, de ta faute, uniquement de ta faute. Ton cœur se serra un peu plus, le sentiment de légèreté disparu. C'était toujours la même, et cela finissait toujours pareil : tu fermais ton bec et tu prenais la fuite, parce que tu ne pouvais pas affronter cette réalité. Tu fus tentée de lui obéir et fuir de nouveau, mais son état te bloquait. Ton instinct de grande sœur protectrice prit le dessus et au lieu de partir, tu te tournas vers la pièce maudite et y entra pour éteindre la lumière et refermer la porte. Une fois le danger passé, tu te remis en face de lui et le contempla sans un mot. Et maintenant ? Que devais-tu dire ? Il te renverrait tes excuses à la figure, et puis tu savais qu'il était trop tôt. Alors tu ferais bien mieux de partir n'est-ce pas ? Il serait plus heureux sans toi non ? Pourquoi tes jambes refusaient-elles de bouger alors ? Tu inspiras profondément et t'assis lentement à ses côtés.

« J'ai déjà disparu. »

Bordel ! Mais qu'est-ce qu'il t'avait prit de dire ça ? Tu voulais vraiment te faire haïr ou quoi ?! Tu te mis une baffe mentale pour cette phrase complètement idiote. Tu auras vraiment tout fait avec lui ! Tu poussas un long soupir désespéré et te crispas. Mince, c'était pas bon. C'était quoi ce bruit lointain ? Non, non, non... Tu rêvais. C'était les vestiges de ta dose d'il y a une heure. Ce n'était pas réel... Ce n'était pas réel. Le bruit se fit plus fort, une musique. La musique... C'était faux. Tout était faux. Ce n'était pas réel. Tu tournas ta tête vers ton frère et plongeas ton regard dans le sien. Pour t'accrocher à la réalité. Ce n'était pas réel. Milo lui l'était... Même si tu l'avais perdu. Nouveau soupir. A croire que tu ne savais faire que ça, soupirer.

« Tu... Veux vraiment que je disparaisse ? Si tu le veux vraiment alors... Je le ferais... »

… Mais cela te serait fatal. Le savait-il ? Sûrement pas. Tu ne quittas donc pas son regard en attendant une réponse, essayant d'ignorer la musique redevenue lointaine. Tant que tu ne te concentrerais pas dessus, elle restera lointaine. Tu voulais le serrer dans tes bras. Lui sourire comme avant. L'aimer comme avant. Vivre comme avant. Mais depuis l'accident quelque chose s'était éteint en vous n'est-ce pas?Et vous ne pourrez jamais le récupérer. Mais tu voulais avoir ton frère à tes côtés, même si ce serait différent. L'avoir à tes côtés pour combattre et vaincre ce manque et cette peur qui te hantait chaque jour.

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MessageSujet: Re: "We never forget °{ Lily [Finish]   Jeu 11 Juil - 18:32

IT IS MY LAST WISH

Nostalgie, ou ce sentiment tellement scélérat que nous autres humains affectionnaient malgré son poison. Il nous emportait sur les rives du Paradis, frôlant ainsi le bonheur pour que la chute aux Enfers ne soit que plus brutale. Car se ressasser ces moments de paix du passé nous éloignait inexorablement du présent. C'était comme ce galet que l'on gardait juste pour ne pas oublier l'océan, ou même cette photo d'un paysage que l'on ne trouverait plus nulle part ailleurs. Tu avais été comme ça autrefois Milo, tu te cachais dans ses bras, parce que son parfum te rappelait ta maison, que tu avais l'impression d'être en sécurité à ses côtés. Mais ce n'était qu'un mensonge, tu l'avais compris quand tu t'étais éloigné d'elle. Tu étais maintenant incapable de marcher seul, de lever ta tête fièrement devant les horreurs de ce monde. Pourtant tu faisais de ton mieux, vraiment. Tu arrivais presque à simuler que tu étais fort. Mais il était difficile de mentir quand tu vibrais comme un chiot malmené. En plus, il avait fallait que Lily voie cela, et qu'elle t’enlève la vue de cette horreur, preuve que tu étais toujours aussi inutile sans elle. Tu espérais naïvement qu'elle partirait comme toujours, te considérant comme un mirage. Mais une infime partie de ton âme désirait qu'elle ne te laisse plus jamais seul.

Que ces dix ans de bonheur ne soient pas perdus à jamais.

Sa voix raisonna dans tes tympans, un fracas assourdissant. Elle n'était plus, voici ce que cette voix qui t'avait tant rassuré autrefois te trancha maintenant le cœur. Elle pouvait plus être comme avant, tu le savais très bien, elle n'avait pas besoin de te le rappeler. C'était comme s'attaquer à un homme à terre. Tu te crispas davantage, détournant tes pupilles sylvestres vers tes baskets mal noués. Tes mains broyèrent tes mollets, juste pour résister cette envie de pleurer. Savait-elle à quel point tu étais faible à ses mots? Tu étais au bord de l'abysse, tel un funambule. Tu tremblais peut-être moins, mais tu étais encore plus blessé dans ton orgueil. Si tu n'avais plus Lily, pouvais-tu vraiment guérir ? Tu ne savais pas, mais tous tes essais jusque-là s'étaient soldés d'échecs. Tu empilais les erreurs, les faux pas, les mauvaises directions, tu n'avais pas réussi à être comme les autres.

Un mouton noir dans un troupeau blanc.

Tu avais été tellement obnubilé pas tes propres angoisses que tu n'avais jamais pris la peine de comprendre le bonheur des autres. Ce n'était pas pour toi ces simples joies, tu avais été cassé depuis longtemps, comme elle. C'était ce que tu pensais quand tes camarades de classe riaient au collège. Tu soupirais toujours dans ces cas-là, car tu ne pensais que ton bonheur arriverait en même temps que le sien. Si Lily disparaissait, tu disparaitrais aussi, c'était ce que tu avais conclu, parce que vous partagiez ce même traumatisme qui vous aviez rendu bizarre, en discorde avec la banalité des hommes. C'était pour cela que cette phrase te faisait peur. Tu ne voulais pas partager ce destin tragique. Sous aucun prétexte.

Elle avait coulé à tes côtés, ne cessant de te fixer intensément. Que pouvait-elle penser en cet instant ? Non, tu ne devais pas te laisser aller, tu le regretterais. La dernière fois que tu l'avais appelé à l'aide, elle t'avait abandonné lâchement pour ses illusions. Alors tu ne devais plus lui faire confiance. Pourtant tu te sentais rassuré à son odeur, le même que lorsque vous étiez plus jeune, avant que l'horreur ne commence. Alors, elle te posa cette question fatidique. Voulais-tu vraiment qu'elle n'existe plus ? Oui, tu ne désirais pas qu'elle nourrisse ton espoir d'un refuge, même de la part d'un fantôme. Non , tu désirais qu'elle puisse à tout jamais t'entendre quand tu l'appelais, même si tu savais que c'était impossible quand ce poison parcourait ses veines. Ces pensées contradictoires te nourrissaient avidement et remplissaient ton esprit. Tu n'y pouvais rien, tu n'avais jamais pu te décider à son sujet. Tu la méprisais pour que quelques minutes plus tard, tu lui écrivais ces quelques mots pour dire que tu l'aimais encore. Timidement, tu la zieutas sans tourner ta tête. Mais tu ne souriais pas, tu semblais même plutôt contrarié. Parce que tu n'avais pas besoin de ça maintenant, car tu ne savais pas quoi répondre. Ton indécision mènerait probablement à ta perte. Un défaut de plus de ta personne. Pourtant tu parvins à articuler avec perfidie :

« C'est tout ce que je souhaite, tu n'es qu'un boulet, un déchet, une ordure.  »

Il n'y avait aucun mensonge. Tu détestais la Lily qui se transperçait avec ces aiguilles suintantes, celle qui riait comme une déglinguée en s'agitant devant ses amis imaginaires, celle qui se retrouvait à terre parce qu'il manquait cette dose qui lui masquait la réalité dans ce pantin qu'elle était devenue. Pour cette personne là, tu n'étais rien, juste une étrangère qu'on ne pouvait pas emmener dans ce délire où elle vivait à présent. Cette personne que tu ne pourrais jamais atteindre, qui ne pouvais plus voir quand tu étais paniqué. Elle te donnait envie de vomir, de la briser davantage pour qu'elle cesse d'exister. Car tu allais suivre sa route, parce que cette femme était aussi ta sœur. Et tu croyais en l'hérédité.

Pourtant, tu avais saisi le bas de son haut d'une main, avec tout le courage que tu pouvais réunir après une telle frayeur. Cette porte qui te faisait face, tu ne pouvais pas l'affronter seul. Toutes ces choses que tu avais peur, que tu ne pouvais supporter sans perdre tout contrôle de toi-même, elles sortiraient encore et encore, comme le rouage d'une tragédie grecque. S'il y avait une potion magique pour vaincre cet ennemi, tu l'aurais prise depuis longtemps, mais elle n'existait pas .Ce n'était que ce détail qui te désolait, qui t'exaspérait Tu ne pouvais qu'avancer à reculons, faire marche arrière quand c'était trop dur. Tu piétinais en réalité. Si seulement tu étais moins dépendant, si tu pouvais être moins pleurnichard.   Tu ne pouvais que formuler un dernier souhait dans un murmure, à cette inconnue qui avait pris la place d'un être cher :

«  Rends-moi ma sœur s'il te plait... »

C'était une prière, une supplication. Tu savais que même si elle te disait oui, elle ne tiendrait pas parole. Mais tu t'accrochais à cette unique espoir comme. Il t'avait fallu tellement de force pour prononcer cette phrase, tellement d'énergie à être franc. Tu ne rééditerais pas l'expérience, c'était un dernier coup pour changer son futur ainsi que le tien. Mais tu allais échouer, tu n'étais qu'un être insignifiant après tout, pas un héros qui pouvait changer drastiquement la situation en une seule action. S'il suffisait de mots pour changer les hommes, alors tu ne serais pas ici, dans manoir où l'on devait te réparer. Pourtant, tu avais voulu qu'elle sache, c'était pour cela que tu avais accepté d'aller dans le même établissement. Peut-être que tu arriverais à faire que les souvenirs d'antan ne semblent plus si lointain. Mais tu serais déçu, tu perdrais encore la face. Après cela tu pourrais enfin pleurer, tu te l'autoriserais. Dans ce couloir loin de la lumière du jour, tu maudissais ce destin de n'être qu'une mauviette de toute ton existence.

Et petit en plus.


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MessageSujet: Re: "We never forget °{ Lily [Finish]   Ven 19 Juil - 13:36
We never forget« N'as-tu jamais cessé d'espérer
Toi petite poupée cassée
N'as-tu jamais cessé de croire
A un petit espoir ? »

Il y avait là quelque chose que tu refusais de comprendre. Ce regard, cette voix, tout en lui te hurlait de changer. Mais tu ne le pouvais pas Lily, pas maintenant. C'était beaucoup trop tôt, il y avait encore trop de chose à réparer dans ta tête. Revenir en arrière t'était impossible, même si tu y mettais tout ton cœur. Tu pouvais mentir, faire semblant, mais jamais ce ne serait la réalité. Cette réalité que tu as perdu depuis si longtemps maintenant... Cependant le serrer dans tes bras te manquait affreusement. Le rassurer, lui chuchoter des mots doux au creux de l'oreille, lui apporter un peu de ton odeur et de ta chaleur. Tout ça, tu ne l'as plus jamais fait depuis l'accident, même si tu y pensais souvent. Tu avais là la possibilité de le faire, mais tu savais que tu n'en avais pas le droit. Tant que l'ancienne Lily ne reviendrait pas, il te refuserait tout ce que tu demanderais. Et tu le comprenais parfaitement, même si cela te déchirait le cœur.

C'est pour ça que sa réponse était aussi importante pour toi. Elle te permettrait de savoir, de prévoir, d'espérer. Parce que si il répondait non, cela voulait dire qu'il ne te haïssait pas tant que ça, non?Mais il allait répondre oui, tu en étais persuadée. Parce qu'il voulait la Lily du passé, pas la junkie désespérée que tu étais devenue. Tu le savais Lily, c'est pour ça que tu essayais de tenir. Mais à croire que tu n'avais pas assez de volonté, car tu finissais toujours par craquer. A cause de la peur... Cette peur dévorante, qui te serrait le cœur, qui hantait ton esprit... Tu étais faible, terriblement faible face à cette peur, comme ton frère l'était face à ces objets coupants. Sauf que lui il n'essayait pas de l'oublier à coup de seringues ou de snifette. Tu étais la plus grande, mais c'était lui le plus fort des deux pour toi. C'était... Pathétique. Terriblement pathétique, tu t'en rendais bien compte.

Mais tu n'avais pas arrangé les choses non plus, avec ton « j'ai déjà disparu ». Tu avais été particulièrement idiote à ce moment -encore plus que d'habitude- et tu avais envie de te tirer une balle dans la tête depuis que tu avais vu son regard s'assombrir encore plus à cette phrase. Peut-être que cela l'arrangerait, au final. Peut-être devrais-tu faire ce geste que tu t'étais toujours refusée de faire à cause de l'espoir. Parce qu'il y eut un moment de silence après ta question, un silence qui ne présageait rien de bon. C'est foutu. Tu te demandais maintenant comment tu avais pu y croire un instant. Tu aurais du savoir, tu aurais du comprendre que c'était peine perdue. Mais ces lettres qu'il t'envoyait le soir te donnait l'impression qu'il y avait un petit espoir de réconciliation. Même si il aurait fallu que tu jettes ce poison dans la cuvette des toilettes... Ce que tu ne pouvais pas faire pour le moment. Donc c'est bien ce que je dis : c'est foutu. Ton cœur se serra à cette pensée. Peut-être... Peut-être... La ferme et dégage, espoir à la c**! Au moins cela avait le mérite d'être clair.

« C'est tout ce que je souhaite, tu n'es qu'un boulet, un déchet, une ordure.  »

Tu accusas les coups les uns après les autres, et lorsque ce fut terminé tu étais persuadée que tu allais éclater en sanglots. Tu avais l'impression de te liquéfier sur place, alors que ton cœur était découpé en morceaux. Alors, c'était finit ? Ça se terminait là ? La réponse était oui. Il n'y avait plus d'espoir, plus de « et si ». Tu n'avais plus qu'à te lever et partir loin de lui, parce que c'est ce qu'il souhaitait. Tu essayas de te construire un masque d'impassibilité, de faire semblant que rien ne t'avait touché, mais tu n'en avais plus la force. La dernière flamme s'était éteinte en toi, et cela se lisait sur ton visage, dans ton regard. Éteint, définitivement. Mais il avait raison.  Tu étais devenue une loque qu'on ne pouvait que traîner à contre-cœur. Tu n'as plus qu'à disparaître définitivement. C'était sûrement ce qu'il y avait de mieux à faire n'est-ce pas?Alors pourquoi n'arrivais-tu pas à te lever, à bouger tes jambes ou tes bras ? Tu étais bizarre. Tout était bizarre depuis l'accident. Qu'est-ce qu'était la normalité, au final ? Un état imposé par l'homme, rien de plus. Mais tu divaguais là. Il fallait que tu bouges. Que tu disparaisses. Que tu pleures, mais pas devant lui. Sinon il rajouterait « pleurnicharde » à la liste de tes nombreux défauts, et ça ne te tentait pas vraiment.

Ses doigts fins entourèrent ton haut fermement. Pourquoi fut la seule question qui parvint à atteindre ton esprit. Oui, pourquoi. Pourquoi tentait-il de te retenir, après t'avoir balancé tout ça. Peut-être cherchait-il à te faire plus de mal. A quoi bon ? Il t'avait achevé, cela ne lui suffisait-il pas ? Non, évidemment, il voulait te voir pleurer devant lui, probablement. La tristesse fit petit à petit place à la colère. La colère contre toi-même, contre lui, contre ce monde sans cœur et sans reproches. Pourquoi vous ? Vous petits êtres innocents, qui n'avait jamais fait de mal à une mouche. Pourquoi est-ce tombé sur vous ? C'était une question qui resterait à jamais sans réponse, et cela te blessait. Car tu voulais savoir Lily. Savoir pourquoi on s'acharne sur vous alors que de l'autre coté du bâtiment, des tueurs en série et des violeurs se baladaient tranquillement en ville. Cette vie était terriblement injuste. Mais peut-être étais-tu la seule fautive. Tu n'avais pas su le protéger, et c'était peut-être ta punition. Les larmes te remontèrent aux yeux mais tu les ravalas. Pas maintenant, pas maintenant... Il y eu un murmure, un chuchotement à peine audible qui te traversa de part en part :

«  Rends-moi ma sœur s'il te plait... »

Ce n'était pas pour te détruire un peu plus, ni même pour te blesser. C'était pour te supplier, pour supplier la Lily que tu étais de faire revenir l'ancienne toi. Mais ce n'était pas possible. Cela te détruisait, mais ce n'était pas possible. Tu aurais pu répondre oui et ne rien faire, mais tu étais humaine Lily, et cet être suppliant qui s'accrochait désespérément à toi était ton frère. Ce frère que tu as tant aimé, que tu as protégé coûte que coûte. Pour finalement en arriver là. Ce déchirement, cet éloignement, où vous étiez devenus des étrangers l'un pour l'autre. C'était triste pas vrai ? Mais que devais-tu répondre à cela. Il devait le savoir lui-même, que c'était impossible. Et pourtant... Quelque part en toi, tu le voulais. Redevenir comme avant. Arrêter de fuir cette réalité, même si elle était blessante. Et le serrer dans tes bras, comme lorsque vous étiez enfant. Lui promettre de ne plus partir, plus jamais. Mais en avais-tu la capacité nécessaire ? Non, c'est encore trop frais dans ma mémoire. Cela faisait huit ans déjà, mais tu avais l'impression que ça c'était passé la veille.

« Je... Je ne peux pas. Je suis désolée Milo, je ne peux pas. Je suis désolée... »

Et c'était la vérité. En le voyant s'accrocher comme cela à toi, te suppliant de revenir, tu étais vraiment désolée. La culpabilité te rongeait, celle de ne pas pouvoir changer, de ne pas avoir pu le protéger, de ne pas l'aimer comme il le fallait. Tu aurais voulu prendre cette drogue et la jeter dans les W.C. Tu aurais voulu casser les seringues et les jeter à la poubelle. Tu aurais voulu pouvoir lui sourire comme avant, d'un vrai sourire bienveillant. Et surtout, tu aurais voulu lui partager de nouveau ta chaleur en le serrant contre toi. Mais tout avait changé, ce ne serait plus jamais pareil. L'image de Milo venant se blottir contre tes bras après s'être fait grondé par vos parents s'imposa en ton esprit. Une autre où vous jouez tous les deux aux petites voitures dans sa chambre. Et puis le souvenir de cette croisière en bateau, où tu te fixais sur son sourire pour ne pas rendre le contenu de ton estomac par-dessus bord. Tous ces moments eurent raison de toi, et des perles de cristal commencèrent à perler le long de tes joues de poupée cassée.

Tu détournas la tête pour ne pas qu'il les voit, même si tu savais que cela ne servait pas à grand chose. Oh tu étais si faible Lily. Pour une fois tu aurais voulu faire la forte, en tant qu'aînée c'était la moindre des choses. Mais à croire que tu étais vraiment une bonne à rien, un boulet comme il l'avait si bien dit. Tu avais vraiment tout foiré en tant que grande sœur, hein. Mais avant qu'il ne lâche ton haut, tu lui attrapas la main et la serras. Juste un peu, rien qu'un petit moment. Quelques minutes pendant lesquelles tu croiras que ce sera comme avant. C'était particulièrement niais comme pensée maintenant que tu avais tout raté, mais pour une fois tu étais dans la réalité, et tu pouvais être « toi ». Peut-être pas celle qu'il attendait, mais c'était toujours ça de prit. Tu baissas ta tête, laissant tes cheveux cacher complètement ton visage. Tu avais honte, tu t'en voulais. Peut-être que si tu avais su le protéger, aujourd'hui tout serait différent. Peut-être que si tu l'avais fait sortir de la maison dès qu'il était rentré, rien ne vous serait arrivé. Peut-être, mais il était trop tard maintenant. Tu finis par retirer tes lunettes et essuyer tes larmes avant de prendre une grande inspiration et de le regarder. Bon, tu avais les yeux rougis et un début de mal de tête, mais au moins la fontaine s'était tarie.

Et tu fis quelque chose que tu regretteras probablement plus tard. Tu tendis les bras vers lui et l'attiras tout contre toi. Parce que pendant encore un petit instant, tu voulais croire que cette chaleur partagée ne serait pas la dernière. Parce que malgré tout, tu l'aimais Lily, tu l'aimais encore tellement. Peut-être que tu ne pourrais pas tout de suite te débarrasser de certaines choses. Mais cet amour, tu ne pouvais pas l'enfouir et l'oublier, comme le reste. Ton frère était ancré en toi, même si vous vous étiez considérablement éloignés au fil des années. Tu savais que tu ne pourrais pas combattre toute seule, que tu avais besoin de lui pour ça. Mais il fallait le dire, l'exprimer. Et c'est ce que tu fis, en un ultime espoir, même si tu te ferais sûrement rembarrer.

« J'ai besoin de toi... »

Un chuchotement.
Un espoir.
Et peut-être, une lumière au bout du chemin.
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MessageSujet: Re: "We never forget °{ Lily [Finish]   Dim 4 Aoû - 22:23

I CAN'T, SORRY.

Tu avais aimé la Lily qui t'accueillait quand tu rentrais de la maternelle avec un sourire. Elle était celle qui t'avait consolé quand tu avais perdu ta peluche favorite, celle qui te racontait sa journée quand tu n'avais pas pu sortir de ton lit à cause d'un mauvais rhume ou qui te serrait dans ses bras sans autre raison que cet amour filial. Quand tu te ressassais ces souvenirs, tu te demandais toujours ce que tu avais fait pour que ce bonheur te soit enlevé aussi rudement. C'était une malédiction, tu avais été trop égoïste, trop faible. Tu avais toujours abusé de sa gentillesse, comme un alcoolique qui vidait ces bouteilles en promettant que ce serait la dernière fois. A force de t'être abreuvé goulûment de cet amour, tu avais dû agacé les êtres supérieurs. Alors ils avaient détruit ton idole,  l'avait déchiré en milliers de morceaux pour en faire un puzzle incomplet. Elle remplissait ses trous  de ce liquide enivrant qui pulsait des fois dans ses veines. Mais cela ne restait que du vide, on ne pouvait pas tromper le corps très longtemps.

Tu détestais la Lily absente quand tu partais au collège. Derrière ses verres épais, il n'y avait plus un regard d'amour ou même de compassion. Elle tellement vide, plus vide que ton cœur, que ton esprit face à ta phobie. Elle riait quelque fois pourtant, elle semblait même s'amuser de temps à autres. Mais tout était faux, tellement faux, comme cette assurance que tu avais sculpté sur ton visage juvénile. Tous ces « je vais bien » que tu avais prononcé avait la même substance que cet ectoplasme que tes parents nommaient comme ta sœur. Quand tu le ressentais, tu rejetais ce spectre de toute ton âme, comme pour te démarquer de cette chose immonde qu'était cette droguée. «  Moi, je ne suis pas comme elle. Je vais mieux, je n'ai pu peur. J'ai tourné la page ! » C'était ce que tu criais au monde entier en l'insultant, en rejetant ce monde animé . Tu avais tant voulu être adulte, mais tu n'étais pas près malgré ton sérieux effrayant. Car même si tu maudissais ce monstre qu'était devenu ton aînée, vous aviez le même résistance. Tu mentais sans cesse alors que ces frayeurs grandissaient en toi. Quand tu t'étais rendu compte de cela, tu te disais que tu allais devenir comme elle, qu'il y avait pas d'autres solutions. Vous étiez les faces d'une même pièce. Malgré tous tes efforts, tu n'avais pas pu guérir tout seul. C'était honteux, misérable, pitoyable. Il n'y avait moyen de changer, tu allais chuter encore et encore, jusqu'à vivre avec ces même hallucinations qui avaient emportées ta sœur. Tu ne voulais pas, tu voulais tant vaincre ces démons du passé, mais tout était immuable, tu l'avais bien vu. Il n'y avait pas moyen de changer le destin.

Pourtant, cette Lily là, tu ne la connaissais pas.

Ce n'était pas la méchante Lily, celle-là elle n'aurait même pas pris la peine de rester. Cette main qui te tenait fermement, tu ne la comprenais pas. Elle avait bien dit qu'elle ne pourrait pas redevenir comme avant, alors d'où venait cette chaleur ? Mais ce n'était pas l'ancienne non plus, la Lily d'avant ne pleurait jamais, même quand elle allait mal. Tu t' en étais rendu compte dans cette croisière en famille, avant que vous ne dérailliez tous les deux. Il était arrivé, dans l'euphorie de ce voyage grandiose, la voir s'en aller d'un coup, comme poussée par un appel mystérieux vers les cabines. Il t'avait fallu grandir pour comprendre que c'était le mal de mer. Comment tu avais pu être aveugle à ce point ? Certes, tu étais jeune à l'époque mais ce n'était pas une raison.Si tu avais su, tu n'aurais jamais parlé de bateau et elle ne serait pas sentir si mal. Elle t'avait tout donné, pourtant tu n'avais jamais pu rien pour elle.

Et pourtant, un miracle se produisit dans ce couloir lugubre. Malgré ses pleurs, cette souffrance, elle t'avait prise dans ses bras. Tu étais complètement tétanisé tellement tu n'y croyais plus. Pourtant ta première pensée fut de t'enfuir. C'était un piège, elle voulait t'amadouer pour que tu sois encore déçu, enfonçant davantage ton cœur dans cette lassitude permanente. Pourtant, tu ne pus même pas tenter de te dégager, parce que tu voulais y croire ne serait-ce qu'une dernière fois. Tu ne connaissais pas cette personne qui t'enlaçait, mais tu étais tellement faible en cet instant Milo. Peut-être que tout allait changer, peut-être que tu pourrais te relever enfin. Peut-être encore et encore. Que des suppositions enfantine. Tu n'étais plus rien pour elle, tu le savais en l'ayant vu s'éloigner davantage de jours en jours. Pourtant, elle te disait qu'elle avait besoin de toi. Finalement, n'était-ce pas toi qui l'avais fuie tout ce temps ?

Alors tu craquas et tu la broyais entre tes bras. Ils avaient beau être rachitiques, tu y mettais toute ton âme , de peur qu'elle s'enfuit de nouveau. Tu étais redevenu le gosse pleurnichard avec ces perles de cristal qui affluait de tes yeux. Elle te manquait tellement, au point que tu étais obligé de répéter son prénom encore et encore, comme une incantation pour qu'elle reste à tes côtés. Après l'accident, tout était devenu gris, fade, dangereux. Elle n'était plus là pour te protéger alors tu crus qu'il était temps de se défendre seul. Dans ce chemin sombre, tu avais été seul, tellement seul. Mais tu t'étais dit que le gris n'était pas plus mal, au moins il y avait pas ces couleurs chatoyantes qui te blessaient puisque que tu ne pouvais pas les atteindre. Mais ce n'était que dans ce sous-sol que tu pouvais avouer que tu détestais ce monde monochrome.

Combien de temps avais-tu pleuré, ou plutôt t'étais ridiculisé ? Trop longtemps sans doute. Les sanglots avaient cessé, mais tu avais baissé la tête, pour dissimuler ta honte. Raah tu t'étais encore laissé aller, à croire que tu avais une quelconque utilité pour elle. Elle ne disait cela que pour que tu te sentes mieux, tu le savais. Que ce soit la sorcière ou ta grande sœur, Lily t'avait toujours ménagé, comme un idiot à qui on ne pouvait pas faire confiance. En essuyant tes larmes, tu murmuras à voix basse :

« … Je ne peux rien pour toi. »

Maladroitement, tu t'étais relevé comme un combattant devant la Guerre. Tes jambes tremblotaient, ta tête te faisait souffrir et tu avais chaud. Mais tu la regardais droit dans les yeux, comme tu ne l'avais jamais fait auparavant. Elle semblait si petite, elle était un petit animal abandonné sur la route. Comme ce que tu avais été aussi. C'était étrange de la voir sans ses lunettes, en y réfléchissant cela faisait longtemps que tu ne lui avais pas fait face de cette manière. Vous aviez beau vivre dans la même maison, tu l'esquivais toujours intentionnellement, comme si elle était un nuisible dégoûtant. Ce n'était pas le cas, mais... Tu l'ignorais en fait, mais tu savais que tu ne pouvais pas contrôler à ces sentiments-là. Elle était plus grande, elle ressemblait plus à une adulte, mais elle encore plus détruite que n'importe qui d'autre. Ta voix tonna dans la cave. C'était un cri de colère, contre elle, contre l'humanité entière. Contre toi-même aussi.

«  Je ne peux pas ! Comment je pourrais te venir en aide ? Même si je le voulais... Je ne le peux pas ! Je suis minable à te demander à être comme avant. C'est égoïste ! Je n'ai même pas pu faire quoi que ce soit pour ma sœur pendant toutes ces années, comment je le pourrais MAINTENANT ? Je hais ce monde qui nous as mis dans cette galère, cet accident, nos parents qui n'étaient pas là pour nous sauver,  ces gens qui nous regardent comme des machines défectueuses,  toi qui n'as jamais cherché à te battre. Mais je me déteste tout autant figure-toi à croire qu'on s'en sortirait tous les deux et que j'y serai pour quelque chose !  … Je n'aurais jamais dû venir ici avec toi...  »

Tel un zombie, tu te dirigeas vers les escaliers, titubant à moitié. Tu t'étais vidé d'un seul coup, tous ces mots que tu n'avais jamais prononcés étaient sortis comme une vulgaire tragédie. Mais tu voyais enfin les couleurs. C'était rouge de colère, de honte. C'était vert d'écœurement contre ta personne. C'était bleu d'avoir enfin avoué ta peine. Tu l'avais rejeté violemment, comme à chaque fois que tu te laissais aller devant elle. Tu l'avais amputée de toute ta considération, encore une fois. Cela devenait presque comique à force. Tu avançais à pas de fourmi, comme si tu espérais qu'elle t'arrête avant les marches anguleuses. Pourtant, tu ne te sentais pas plus mal que d'habitude, tu te sentais presque plus léger. Tu avais ça de moins sur la conscience

Tu avais vraiment un caractère monstrueux quand même pour te sentir mieux après tout ça.

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MessageSujet: Re: "We never forget °{ Lily [Finish]   Lun 5 Aoû - 19:31
We never forget« Je refuse de te perdre encore une fois. Je refuse que tu fuis de nouveau. Reste auprès de moi, rien qu'un peu ! »

La perte. De tout : de la conscience, des autres, de l'espoir. Petit à petit, tout chutait, tout s'effaçait, et tu ne le supportais plus. Son odeur t'enivrait, si familière, et t'empêchait de réfléchir correctement. Il t'avait tellement manqué Lily. Et tu savais, tu sentais qu'il allait de nouveau te manquer dans les jours qui viennent. Tu avais peur de ce lendemain inconnu. De ce lendemain sans lui. Tu te rendais maintenant compte à quel point il t'avait manqué pendant tout ce temps, à quel point son absence avait creusé un autre vide en toi. Si seulement tu n'avais pas plongé dans cette saloperie de drogues... Vous n'en seriez peut-être pas là. Tu t'en voulais horriblement, mais c'était trop tard maintenant, tu étais complètement accro... Alors tu profitas de cette étreinte un maximum, persuadée que tu allais être jetée comme une malpropre dans les secondes qui allaient suivre. Même si au fond de toi tu espérais de tout ton cœur qu'il te serrerait en retour...

Et ce fut le cas, aussi incroyable que cela puisse paraître. Au fond, tout n'était peut-être pas perdu, voilà ce qui traversa ton esprit alors que tu étouffais dans son étreinte. Mais pour rien au monde tu ne te serais retirée, même si cela signifiait que tu allais manquer d'air pendant quelques minutes. Des sanglots secouèrent ses épaules, et ton regard s'assombrit alors que ton instinct de grande sœur te reprenait. C'était de ta faute si il pleurait n'est-ce pas. C'était toi qui l'avait rendu triste, qui n'avait pas pu le protéger de tout ça. C'était toi qui ne te battait pas pour le récupérer, préférant te shooter dans ton coin pour oublier. C'était toi la lâche qui n'osait pas mettre un pas devant l'autre par peur de tomber encore plus bas. Tu t'en voulais horriblement pour ces larmes qui coulaient sur ses joues, semblant ne pas vouloir se tarir. Il te tenait corps et âme, par peur que tu t'en ailles de nouveau sûrement. Mais ce n'était pas ce que tu comptais faire, pas maintenant, pas encore. Aujourd'hui tu étais fatiguée de fuir ces voix qui hantaient ta tête, de fuir ce manque qui te vrillait les tympans presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre - d'ailleurs, où était-il passé, ce manque ? Tu ne le ressentais plus depuis un petit moment-, de fuir cette réalité si dure à accepter. Et surtout, tu ne voulais plus fuir Milo. Tu glissas tendrement une main dans ses cheveux, dans un geste vain de le consoler. Même si tu savais très bien que tu ne le pouvais pas.

De longues minutes passèrent. Au final tu t'étais mise à le bercer légèrement, torturée par ces larmes qui coulaient toujours sur ses joues. Ces perles de cristal étaient la pire des tortures pour toi, surtout en sachant que tu en étais la cause. Comment pouvait-on accumuler autant de culpabilité dans le cœur d'un homme ? C'était une question qui semblait sans réponse. Il te semblait que ton corps n'était composé que de ça. Qu'à chaque piqûre que tu te faisais, tu te remplissais un peu plus de ce sentiment affreux. Et qu'à chaque piqûre, tu t'éloignais un peu plus de lui. Ce qui était peut-être vrai au final. Tu étais humaine malgré tout Lily, et même si tu fuyais tout le temps la réalité, elle finissait toujours par te rattraper. Ce qui n'était peut-être pas plus mal, au final. Tu avais peur de perdre complètement le fil un jour, et de ne plus jamais t'en sortir... Tu déglutis en y pensant. Tu ferais tout pour ne pas que ça arrive. Tu t'accrocherais désespérément à l'image de Milo que tu avais en ce moment-même. Tu allais le décevoir de nouveau, il le savait, tu le savais. Tout ne se résoudra pas d'un seul coup. Mais tu ne t'enfoncerais jamais complètement, tu garderais la tête hors de l'eau coûte que coûte, même si pour ça tu devais boire la tasse. C'est bien beau de le dire, mais encore faut-il que j'y arrive...

Il finit par se calmer, mais garda la tête baissée. Tu compris rapidement que c'était à cause de la honte et retiras ta main, ne voulant pas le gêner encore plus. Tu avais mal, tu savais qu'il allait bientôt repartir. Fuir de nouveau après s'être laissé aller. Cela avait toujours été comme ça après l'accident, fuir pour cacher nos faiblesses, chacun de vôtre côté. Au final vous étiez pareils tous les deux, même si vous fuyiez de différentes façons, votre but était le même. Tu ressentais toujours une certaine mélancolie et tristesse lorsqu'il fuyait ton regard, ou changeait de pièce en ta présence. Tu étais devenue un monstre à éviter coûte que coûte à ses yeux, tu t'en rendais bien compte, et cela n'arrangeait pas ton état. Mais il était bien trop tard pour faire marche arrière maintenant, et tu devais faire avec... Il essuya ses larmes et se releva maladroitement dans un :

« … Je ne peux rien pour toi. »

Il te regardait droit dans les yeux, pour la première fois depuis longtemps. Et même si cette phrase a eu l'effet d'un coup de poignard sur ton cœur, tu ne pus t'empêcher de penser que ses yeux étaient toujours aussi magnifiques. Il tremblait, tu le voyais bien, et il était en sueur. Il faut dire qu'il faisait vraiment chaud dans ce sous-sol. Et sous ce regard enflammé et déterminé, tu avais envie de te recroqueviller sur toi-même et de disparaître. C'était sans doute ce que tu avais de mieux à faire pour lui, d'ailleurs. Mais tu ne baissas pas le regard. Pour l'admirer un peu plus. Pour graver son image dans ta mémoire. Pour te dire que c'était pour lui, que tu devais te battre. Même un peu... Contre ce liquide affreux. Contre ces voix dans ta tête. Contre cette couleur morbide qui te hantait... Et il se lâcha. Toi ? Tu en fus plus soulagée qu'autre chose, même ces mots faisaient mal. Tellement mal. Pour une fois, il parlait, pour une fois, il te disait clairement ce qu'il pensait.

«  Je ne peux pas ! Comment je pourrais te venir en aide ? Même si je le voulais... Je ne le peux pas ! Je suis minable à te demander à être comme avant. C'est égoïste ! Je n'ai même pas pu faire quoi que ce soit pour ma sœur pendant toutes ces années, comment je le pourrais MAINTENANT ? Je hais ce monde qui nous as mis dans cette galère, cet accident, nos parents qui n'étaient pas là pour nous sauver,  ces gens qui nous regardent comme des machines défectueuses,  toi qui n'as jamais cherché à te battre. Mais je me déteste tout autant figure-toi à croire qu'on s'en sortirait tous les deux et que j'y serai pour quelque chose !  … Je n'aurais jamais dû venir ici avec toi...  »

Il fuyait. Tu n'en croyais pas tes yeux. Il fuyait! Il te laissait là, assise sur ce sol froid, avec ces simples mots aussi aiguisés que des lames de rasoir. Ne croyait-il pas que tu avais ton mot à dire?La tristesse fit place à la rage. Il n'avait pas le droit de te laisser comme ça, pas après tout ce qu'il venait de te dire. Toi aussi tu haïssais tout ça. Tu haïssais cette drogue, cet accident, ces gens qui vous ont montré ces horreurs, et même Milo. Milo et ses regards fuyants, Milo et son silence, Milo et ses lettres glissées le soir à la porte de ta chambre. Mais le pire dans tout ça, c'est que tu l'aimais tout autant. Tu l'aimais de tout ton être, de toute ton âme, encore, malgré tout. Même si tu n'as pas essayé de te battre pour lui, même si tu as plongé, tu l'aimais encore tellement. Tu aurais voulu le serrer contre toi comme ça pendant l'éternité, tu aurais voulu te confondre en excuses jusqu'à l'épuisement, tu aurais voulu qu'il te pardonne. Et surtout, toi aussi, tu aurais aimé à redevenir celle que tu étais avant. Pour reprendre ta vie d'avant, où le mal de mer était ton plus gros problème du moment. Alors tu lui hurlas à la figure, de toutes tes forces, de toute ton âme, parce que tu voulais qu'il reste, tout simplement.

« TU N'AS PAS LE DROIT DE FUIR !!! »

Un pas, deux pas, trois pas, et bientôt tu ne comptas plus. Tu étais devant lui les deux secondes qui suivirent ton cri et tu lui attrapas le bras sans ménagement. Cette fois, tu allais lui dire tout ce que tu pensais, tout ce que tu avais contenu toi aussi. Il n'était pas le seul à être en colère contre le monde entier. Il n'était pas le seul à se sentir si abandonné, si perdu. Tu ne lui avais pas demander de te sauver, tu lui avais demandé de rester à tes côtés. Tu avais besoin de lui pour te battre, même un peu. Et toi aussi tu voulais l'aider. Toi aussi tu voulais rester à ses côtés. Ce J'ai besoin de toi avait aussi été une demande. Un accord. Mais sans doute était-ce trop tôt. Sans doute qu'il te détestait totalement maintenant, et que l'étreinte de tout à l'heure n'avait été que pour t'affaiblir pour ensuite te blesser encore plus en t'envoyant tout ça à la figure. Mais tu avais beau être désespérée, perdue et délirante, tu savais encore te défendre. Et pour la première fois, tu ne le pris pas avec des pincettes, tu ne le ménageas pas.

« Tu ne peux pas fuir après tout ce que tu m'as dit ! Je n'ai même pas mon mot à dire là-dessus ? Tu crois que tu es le seul à ressentir tout ça ? Tu crois que parce que je m'insère cette put*** de drogue à la c**, je n'ai plus conscience de la réalité ? OUI je fais des erreurs, OUI je te déçois, OUI je suis une lâche qui n'ose pas affronter la réalité, les voix dans sa tête et cette couleur qui la poursuit sans cesse ! Mais ce n'est pas une raison pour m'exclure de cette conversation, comme si tu parlais à ton miroir ou à un simple mur ! Tu crois être le seul à ressentir cette haine ? Non ! Moi aussi je hais ce monde trop coloré, trop joyeux, ces gens qui nous ont traumatisé, blessé à vie ! Je hais cet accident et tout ce qui s'en suit ! Je déteste cette drogue que je m'injecte chaque jour parce qu'elle est la preuve de ma faiblesse ! Et je te déteste TOI AUSSI MILO ! Parce que cette nouvelle Lily, tu n'as fait que la fuir depuis tout ce temps sans même chercher à la comprendre ! Tu n'as même pas compris qu'elle cherchait elle-même à s'effacer, qu'elle se forçait à redevenir comme avant ! Moi aussi je veux que tout redevienne comme avant, je veux redevenir la Lily souriante qui ne vivait que pour son frère ! Mais il y a UNE chose qui n'a jamais changé en moi Milo, même si ça tu n'as jamais voulu le voir... »

Elle monta les marches quatre à quatre et ouvrit la porte, s'appuyant contre elle pour l'empêcher de se refermer, et elle se tourna vers lui. Elle tentait le tout pour le tout, si il passait le pas de cette porte sans elle, c'est qu'il refusait définitivement toute conversation, tout contact, tout renouement avec elle. Or, si il l'entraînait avec lui ou si il restait dans ce sous-sol... Il y avait un espoir, peut-être. La colère était passée maintenant, mais il fallait qu'elle finisse sa phrase. C'était un ultimatum, mais au fond elle espérait qu'il resterait auprès d'elle... Car malgré tout il était son frère, et elle l'aimait de tout son cœur déchiqueté et désespéré.

« … C'est que tu es toujours mon frère, celui que j'adore et que je chéris, et que je ne veux pas te perdre. Tu es la personne la plus importante dans mon cœur Milo, et ce sera toujours le cas, même si tu choisissais de m'abandonner et de me haïr. Je te laisse choisir Milo, mais quoi que tu fasses, sache que je t'aimerais toujours... » Finis-tu dans un murmure.

Tu ne voulais pas le perdre, définitivement pas. Tu tremblais de tous tes membres, ta vue se brouillait déjà de larmes, mais tu refusas de te laisser aller maintenant. Ton frère était tout pour toi Lily, et tu savais que si il passait le pas de cette porte sans toi, tu n'aurais plus de raison de vivre sur cette Terre. Et cette phrase te vint en tête naturellement, comme si c'était tout à fait normal...

Please don't go away...

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MessageSujet: Re: "We never forget °{ Lily [Finish]   Lun 19 Aoû - 12:49

Just this time. I can bear.

Il y avait des choses que l'on ne voulait pas entendre, mais qui pourtant marquait une nouvelle ère. Pour toi, il y avait eu tellement de paroles affreusement douloureuses que tu aurais bien voulu fuir.  La première fois où on l'on te certifiait que tu allais à l'école pour ton bien, la première fois on l'on te disait que tu n'avais plus rien à craindre après l'Accident, la première fois où le te confessa que tu étais malade. Tu n'avais jamais voulu les écouter au début, car tu croyais qu'en bouchant tes oreilles, tu n'aurais pas à faire face à cette injustice. Savoir que tu aurais à traîner ta carcasse chaque jour pour aller voir des gens que tu n'aimais pas, comprendre que cet acte de violence n'avait aucun sens, saisir que tu n'arrivais pas à tourner la page, le déni était tellement plus simple et plus confortable. Oui, tu fuyais sans cesse, comme le criait ta sœur. Tu tentais de distancer la vérité comme la peste, car tu ne savais pas non plus affronter ce constat affligeant que tu étais misérable, que tu portais encore cette peur que tu esquivais toujours. Lily n'avait pas le droit de te donner des ordres, pourquoi aurait-elle cette autorité alors qu'elle n'avait jamais été là quand tu en avais eu besoin ? Juste parce que pour une fois elle était à peu près stable, elle croyait que tu redeviendrais aussi docile en un coup de baguette magique ? Tu la maudissais intérieurement de cette naïveté, tu n'avais plus envie de lui parler, mais elle était plus rapide, te barrant ainsi la route. En même temps, elle n'avait pas à dévier le regard au moindre coin, c'était tout de suite plus facile.

Elle aussi explosa, comme tu venais de le faire quelques minutes plus tôt. Mais tu ne l'écoutas pas, ou plutôt tu essayais de ne pas l'entendre, car tu savais que ce qu'elle te dirait pourfendrait ta pitoyable fierté. Non, elle n'avait rien à te dire. Son droit d'expression, tu n'en avais rien à faire, parce qu'elle te l'avait enlevé pendant si longtemps. Peut-être ne s'en rappelait-elle pas, mais tu avais essayé de lui parler au début, tout au début. Quelques mots quand elle était dans son monde. Tu n'avais jamais reçu de réponse, alors à quoi bon retenter ? A quoi bon la comprendre ? Tu n'y pouvais rien si elle était une toxico, mais lui parler était exactement comme à son miroir. Sauf que le miroir ne te promettait pas l'impossible, lui. Si tu avais trop d'attentes, elle te décevrait encore et encore, à la manière d'un disque rayé. Et rien ne changerait, à tout jamais.

Ensuite vint le moment des reproches. Elle aussi détestait ce monde, cette injure qu'on vous avait faite, ta propre personne aussi. Vous étiez deux au moins. Toi et ta lâcheté, toi et ta foutue assurance que tu ne pourrais jamais rien faire de tes dix doigts. Elle t’assommait à coup de marteau, te rappelant tes erreurs, comme si tu ne le faisais pas assez tout seul. Tu ne la regardais plus, croyant que peut-être si elle n'était pas dans ton champ de vision, elle ne te ferait pas aussi mal. Redevenir comme avant, tu l'avais pourtant souhaité quelques minutes plus tôt, mais dans sa bouche, cela sonnait comme une connerie absurde. Maintenant tu savais que c'était impossible, elle te l'avait dit, tu croyais ces mots-là plus que ceux qu'elle prononçait à présent.

Toi, tu n'avais jamais voulu redevenir ce le pleurnichard que tu étais, mais si tu voulais récupérer ce lien que tu avais avec cette femme qui t'avais bercé durant ton enfance. Peut-être était-ce là le problème. Ce que tu étais devenu n'était pas compatible avec cette étrangère, cette sorcière qui dansait avec les seringues. Peut-être que tu avais toujours peur qu'elle t'entraîne sur ses pas, qu'elle t'initie à cette drogue. Ton aversion n'en fut que plus prononcée, c'était l'une des raisons pour laquelle tu la détestais. Qu'elle disparaisse avec ses horreurs, qu'elle ne puisse plus jamais t'emporter avec elle ! Tu te l'étais dit maintes fois, sans jamais que cela ne fonctionne. Ce rejet constant avait forgé une partie de ton âme, sans ça … Où serais-tu ?  Dans un trou encore plus profond ? Serais-tu redevenu un petit garçon sain ? Tu ne voulais pas savoir, tu ne voulais pas avouer que c'était là ton erreur.

Tu fuyais, encore.

Le grincement de la porte te sortit de tes pensées. C'était fini ? Tu pouvais enfin partir ? C'était trop simple, il y avait un piège, tu le savais et pourtant tu fus incapable de te mouvoir avant qu'elle t'attrape dans ses filets. Tu étais vraiment stupide, ou crédule, tu ne savais pas quoi choisir. Lily avait repris la parole, suintant de cet amour de grande sœur que tu étais parvenu à oublier avec le temps. Elle t'aimerait toujours, comme elle te détestait tout autant. Tu étais comme elle, tu portais ces sentiments paradoxaux dans ton cœur. Tu étais celui qui jetait la première pierre, le premier qui la pardonner aussi. Mais tu ne voulais pas être le premier dans son cœur, comme si cela justifiait que tu devais à jamais l'aimer. Et donc pleurer sous ses jupons. Ne pouvait-elle pas être comme tout le monde, à ne pas penser aux autres? Cela aurait été tellement plus facile... Lily avait toujours été une idiote et c'était pour cela que tu te sentais aussi mal d'avoir abusé de cette gentillesse. Peut-être te mentait-elle pour mieux te contrôler une nouvelle fois. Peut-être que si tu partais, elle serait suffisamment anéantie pour qu'elle te laisse en paix. Si tu passais cette porte, tu n'aurais plus jamais à faire face à l'ombre de ta protectrice. Tu la regardas une dernière fois dans les yeux, lui faisant comprendre que ces belles phrases n'avaient eu aucun effet et tu avanças. Tu ne voulais plus penser, tu voulais la jeter aux oubliettes.

Pour enfin tourner la page de ta misérable existence.

Mais entre les deux portes, tu te figeas, comme si un mur invisible se mettait sur ta route. Tout d'un coup, ta conviction que c'était la bonne chose à faire s'était volatilisé. Tu allais l'abandonner, la laisser dans ses ténèbres comme ça ? Alors qu'elle t'avait soutenu, qu'elle t'avait protégé avant que tout ne déraille ? Tu étais devenu insensible à ce point, Milo ? Tu semblais perdu, tanguant entre cet attachement que tu voulais préserver et cette résolution de destruction afin de renaître. Tu n'avais jamais su te décider entre les insultes quotidiennes et les douceurs épistolaires que tu lui offrais et c'était pas aujourd'hui que cela commencerait.

Dire que tu n'en avais rien à faire serait un mensonge. Dire que ça t'allait de subir le poids de ses crises était un mensonge aussi. Tu n'étais pas une bonne personne, tu ne voulais arrêter de souffrir inutilement, même si cela devait la mener à sa perte. Mais tu avais tout aussi peur que plus rien ne crée entre vous. Au fond, ce n'était peut-être pas si important qu'elle n'était pas comme avant. Tant qu'elle ne t'ignorait pas, tant que vous pouviez de nouveaux avoir de bons souvenirs après toutes ces horreurs, cela valait peut-être la peine de supporter les démons du passée. Noir, noir, noir, le monde était noir. Tu l'avais coloré en gris à force de faire des compromis, mais ce n'était qu'en t'énervant contre elle que les couleurs revenait. Tu tournas très légèrement la tête vers ton aînée, sans pour autant la voir. Tu prononças avec lassitude :

«  C'est du chantage affectif. Tu le sais n'est-ce pas ? Qui te laisserait après ça ? »


Toi, tu avais failli mais ta bonne confiance t'avait sauvé de cette atrocité. Tu soupiras, comme blasé d'être attendri pour presque rien. Plus jamais tu ne voulais pleurer comme aujourd'hui, plus jamais tu ne voulais te jeter dans ses bras quand quelque chose n'allait pas. Il y avait plus de refuge depuis longtemps, y rêver ne l'avait pas sauvé. Tu étais inutile, tu n'avais jamais su protéger qui que ce soit, encore moins depuis que tu avais voulu être comme les grands. A la limite, tu avais préservé ton orgueil, mais c'était tout aussi misérable. Mais peut-être que cette fois-là, tu pouvais quelque chose. Peut-être, si tu parvenais à mieux te contrôler.

Tu fis un pas en arrière, pour lui faire face. Elle était toujours plus grande, plus impressionnant. Elle faisait toujours plus adulte avec ses lunettes, cela t'agaçait. Pourtant, tu avais pu éviter de devenir un drogué, c'était ta fierté. Juste pour ça, tu pouvais te considérer supérieur à elle. Stupide n'est-ce pas ? Mais on se raccrochait aux branches comme on le pouvait. Tu articulas non sans une certaine méfiance, n'étant jamais sûr que cela pouvait se retourner contre toi :

« Je ne te déteste pas totalement, mais je ne t'aime pas non plus. Je n'aimais que la première Lily, toi... Tu es encore une menace, je n'ai aucune preuve de ce que tu avances. Peut-être que tu fais ça pour me blesser encore, de même que tu penses la même chose de moi. »

Tu te tenais droit, tes tremblements ayant cessés depuis peu. La crise était lointaine, tu avais repris ton sang-froid, maintenant tu gardais la tête haute. Peut-être que tu regretterais tes paroles d'ici quelques heures, mais cette cave te donnait la nausée. Surtout que tu avais encore les marches à affronter, et à cette idée, tu avais envie de te réveiller de cet affreux cauchemar. Tes sens avaient été assez excité comme ça. Il fallait que tu te reposes, enfin.

« Tu vas pas rester à croupir dans la cave non plus. Si on te trouve, tu vas avoir des problèmes et moi avec. »

Tu passas de l'autre côté, mais tu l'attendis. Tu tenterais d'être un peu moins acerbe avec elle. Bon, tu ne pouvais pas promettre que tu ne l'ignorerais plus ou même que tu ne l'insulterais plus jamais. Il avait trop à réparer d'un coup, mais tu voulais bien lui donner le bénéfice du doute. Il y avait de l'espoir, un tout petit peu d'espérance. Tu avais toujours peur, tu restais seul face à ta phobie, tu étais encore lâche. Mais tu avais pu avancer, rien qu'un tout petit peu sur cette route incertaine.

Même si le monde reste terne, à tes côtés, je vois l'arc-en-ciel à l'horizon.

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MessageSujet: Re: "We never forget °{ Lily [Finish]   Dim 1 Sep - 19:14
We never forget«  Je marche sur ce chemin trempé par la pluie,
J'ai froid,
J'ai peur,
Puis-je te tenir la main, rien qu'un peu ?
Je ne te gênerais plus, si rien ne marche
Mais s'il te plaît, aide-moi à faire un pas.  »

Battement de cœur, inspiration, contraction des muscles. Tout ça était infime, presque inexistant, on ne ressentait rien, on y était habitué. Pourtant en cet instant, tu ressentais absolument tout ce qu'il se passait dans ton corps. Tu sentais le sang passer dans tes veines ; ton cœur battre la chamade ; ta poitrine se soulever au rythme de ta respiration saccadée. Boum, boum, boum. Une, deux, trois. On recommence. C'était un cercle sans fin mais vital pour toi. Et pourtant. Et pourtant. Tu étais morte Lily. Tu avais beau ressentir tout ce mécanisme qui se passait dans ton corps, tu ne t'étais jamais sentie aussi morte qu'en cet instant. Adossée à cette porte, tu te demandas comment en étais-tu arrivée là. Comment en étiez-vous arrivés là. En parcourant Milo de ton regard, tu savais que sur ce coup-là, tu pouvais le mettre dans le même panier que toi, même si ça te faisait mal. Parce que oui, vous avez changé, tous les deux.

Vous aviez tous les deux perdus cette innocence. Vous avez tous les deux essayé de combler ce vide creusé, en vain. Tu n'aurais jamais imaginé à quel point le voir comme ça te faisait mal. Pourtant il fallait te l'avouer : il avait grandit, mûrit. Peut-être était-il encore loin du statut « homme », peut-être pas. Un pas à faire sur le chemin tortueux de la vie. Mais il était bloqué, tout comme toi. Vous piétiniez sur ce chemin, vous balanciez des cailloux, vous trébuchiez et vous tombiez pour avoir ensuite du mal à vous relevez. Mais vous n'avanciez pas... Surtout toi. Tu stagnais, tu vacillais, et jamais tu n'avançais. Tu avais envie de casser quelque chose à ce moment là, de lui sauter à la gorge puis le serrer dans tes bras. Tu le haïssais. Tu l'aimais. Oh, bon sang, que c'était compliqué. Ta tête allait exploser.

Tu aurais voulu reculer. Faire machine arrière. Prendre ce chemin en sens inverse. Comment pouvais-tu encore t'accrocher à ces souvenirs, à lui, à tout ? Tu n'en avais pas le droit. Tu avais tout détruit, tu l'avais déçu, tu n'étais plus qu'un boulet à traîner. Achève-moi. Je t'en supplie, achève-moi. Fait-le pour toi, pour tout le monde. Pour moi... Tu étais maintenant abattue, désespérée. Tu avais tout perdu. La route vers le bonheur. Milo. Ta raison. Maintenant, tout de suite, tu aurais voulu faire une overdose, ou te trancher la gorge. Tu n'étais plus en colère contre Milo, mais contre toi-même. De quel droit lui avais-tu parlé comme ça ? Lui il ne se droguait pas. Lui n'avait failli à aucune tâche. Et il était pourtant plus jeune que toi. Tu ne montrais plus aucun exemple depuis longtemps Lily, tu le savais, et tu t'en voulais pour ça. Pour tout. Le chemin s'était complètement effacé face à tes yeux aveugles, et tu étais maintenant perdue, les mains tendues devant toi pour essayer de trouver un repère.

Sauf que ce repère, ce n'était pas le bon.

Il pleuvait. Il pleuvait dans ton cœur, car tes yeux ne pouvaient plus pleurer. Ils l'avaient trop longtemps fait, et tu ne voulais plus t'apitoyer sur ton sort, plus comme ça. Il pleuvait sur le chemin, le terrain était boueux, tu glissais une nouvelle fois, tu tombas encore. Et cette fois, tu étais trop fatiguée, trop lassée pour te relever. Rester à terre, se laisser noyer par cette eau glacée, voilà ce que tu avais envie de faire. Il pleuvait. Il pleuvait dans ton cœur, car tes yeux ne pouvaient plus pleurer. Ton regard croisa le sien, et ce fut terminé. Le coup de grâce, le poignard dans le cœur. Comme ce jour-là, un poignard plein de sang. Plein de colère aussi, de culpabilité. Il pleuvait. Il pleuvait dans ton cœur, car tes yeux ne pouvaient plus pleurer. Il partait, il te laissait, mais au fond tu le comprenais parfaitement. Tu ne lui en voulais pas pour cette décision, et tu le laissas passer le pas de la porte sans un mot, sans un regard. Sinon tu allais craquer, tu le savais. Tu ne voulais pas le voir, sinon la pluie se répandrait dans tout ton corps. Or, il fallait qu'elle reste dans ton cœur, à tout jamais. Quitte à ce qu'il se noie...

Et il commençait déjà à boire la tasse. Tu retins tout mouvement, alors que ta conscience te hurlait de te retourner. Mais tu ne voulais pas nourrir un nouvel espoir, c'était finit maintenant. Il y en avait assez, tu n'en pouvais plus... Il a décidé de te laisser, il te l'avait clairement fait comprendre par son regard, alors pourquoi s'obstiner ? Il fallait que tu te débrouilles seule maintenant, même si tu ne t'en savais pas capable. Lui voulait tourner la page pour avancer, et c'est ce que aurais sûrement fait si tu avais été dans son cas. Pourtant... Ton regard se glissas vers lui, et une expression de vraie surprise apparue sur ton visage. Il s'était stoppé. Pourquoi ? Toi tu l'aurais fais, tu serais partie sans te retourner, tu... Non. Non, tu n'aurais pas fais ça, tu le sais très bien. Tu ne l'aurais jamais abandonné, pas comme ça. Ton cœur se serra une fois de plus. Pourquoi devais-tu toujours être la faible, l'être à aider dans n'importe quelle histoire ?

C'est simple, parce que c'était ta nature.

Peut-être est-ce pour ça qu'il s'est arrêté. Par pitié. Parce qu'il s'est rendu compte que tu étais terriblement seule, et que tu avais besoin d'aide. Oui, il avait pitié. Pitié de sa grande sœur. Et pourtant, l'espoir revint, minuscule graine dans un immense terrain de terre sèche. Et tu te maudis d'espérer. L'espoir n'était pas pour toi, il ne l'avait jamais été. Pourquoi continuais-tu d'y croire ? C'était terminé, finit, c'était juste un petit moment d'hésitation, il allait continuer son chemin sans toi. Alors pourquoi continuais-tu d'y croire ? Cela te tuait de l'intérieur, la pluie redoublait d'intensité avec cet espoir. Le chemin était inondé, tu te noyais sous cette eau glaciale. Enfin. Mais c'était loin d'être terminé. Sa tête se tourna légèrement vers toi, même si il ne te regardait toujours pas. Tant mieux. Tu n'aurais pas supporter son regard, pas cette fois, pas encore.

«  C'est du chantage affectif. Tu le sais n'est-ce pas ? Qui te laisserait après ça ? »

La lassitude se lisait sur son visage, s'entendait dans sa voix. Tu hochas très légèrement la tête avant de la baisser. Oui, tu le savais. Mais il pouvait te laisser, il en avait le droit. Qui te laisserait après ça ? Tout le monde. Dès qu'on pouvait se débarrasser d'un boulet, on le faisait toujours. Pourquoi était-ce différent avec lui? Et avec toi ? C'était tellement compliqué. Tu avais envie de le pousser dehors, de lui hurler de te fuir le plus loin possible. De vivre sa vie et de tourner la page, enfin. De se libérer de ce poids que tu étais devenue. Et en même temps, tu voulais le serrer contre toi, le supplier de rester à tes côtés, de te soutenir, de t'aider. Oh, tu étais tellement pathétique. La pluie t'aveuglait, tu ne voyais plus le chemin. Tu l'avais contourné depuis bien longtemps maintenant, tu ne retrouvais plus ta route. Et il pleuvait toujours, il y avait tellement d'eau...

Il fit un pas en arrière pour te faire face. Tu voulais lui dire de s'en aller. C'était ce qu'il voulait non ? Pourquoi faisait-il demi-tour ? Tu ne le méritais pas Lily, tu étais pathétique, tu méritais d'être seule. Il te l'avait bien fait comprendre non ? Tu sentais son regard sur toi, et tu croisas ses yeux émeraudes avec une certaine émotion. Il paraissait petit face à toi, minuscule, pourtant son visage avait gagné en maturité, si bien que c'était toi qui te sentait faible face à lui. Parce que lui n'avait pas besoin de s'accrocher à une substance illicite pour tenir, il se battait sans l'aide... De personne. Ta gorge se serra à cette pensée. C'est vrai, pendant tout ce temps, tu l'avais abandonné à son sort, tu l'avais condamné à se battre contre sa phobie tout seul. Tu étais vraiment ignoble, et égoïste.

Game Over.

« Je ne te déteste pas totalement, mais je ne t'aime pas non plus. Je n'aimais que la première Lily, toi... Tu es encore une menace, je n'ai aucune preuve de ce que tu avances. Peut-être que tu fais ça pour me blesser encore, de même que tu penses la même chose de moi. »

Ces mots faisaient mal. Mais ces mots te soulageaient pourtant, un peu. La pluie se faisait moindre. Le chemin devant toi apparaissait, un peu. Flou, tout était encore flou. Mais tu voyais, tu apercevais, peut-être. Ou était-ce un mirage ? Ton regard glissa sur ton frère. Il se tenait droit, fier, comme si sa crise d'il y a quelques minutes n'avait jamais existé. La méfiance se lisait sur son visage, dans son regard. Comment en étiez-vous arrivez là ? A devenir un simple étranger l'un pour l'autre ?A se méfier l'un de l'autre ? Parce que, maintenant que tu y réfléchissais, peut-être ne lui faisais-tu plus confiance. Peut-être que c'est pour ça que tu t'es éloignée de lui, au final. A cause de la confiance qui s'est effacée petit à petit. Peut-être.
Ou peut-être était-ce parce que tu ne te faisais plus confiance.
Il y avait trop de peut-être en cet instant. Trop de questions, de doutes, de... De ? Tu ne savais plus. La fatigue commençait à prendre le dessus. Milo aussi commençait à être fatigué d'ailleurs, cela se lisait sur ses traits. Assez d'émotions pour aujourd'hui, il vous fallait du repos. Mais pouviez-vous en avoir ? Tu savais que tu allais avoir les remontées acide dans une heure ou deux. Il ne te restait plus qu'à prier pour qu'il soit partit avant. Sinon, tu partiras de toi-même. Les cours allaient bientôt commencer, de toute façon.

« Tu vas pas rester à croupir dans la cave non plus. Si on te trouve, tu vas avoir des problèmes et moi avec. »

Il n'avait pas tort, il fallait que vous bougiez. Il passa de l'autre côté de la porte - mais il t'attendit. Non, ce n'était pas un rêve, ni une hallucination. Il t'attendait réellement. Tu retins un sourire idiot -il allait croire que tu étais droguée sinon...- et le suivit. Tu avais envie de le serrer dans tes bras. De t'excuser. Pour tout ça. Pour le passé ; pour le présent ; et pour le futur. Parce que, même si tu avais fais un pas sur ce chemin incertain, il en restait beaucoup d'autres à faire. Et ce n'était pas gagné, vraiment. Parce que tu le décevrais encore. Tu aurais beau lutté, t'acharner, tu sombrerais de nouveau, car tu n'étais pas prête. Tu n'étais qu'une lâche, et la lâcheté ne se changeait pas du jour au lendemain. Tes excuses ne serviraient donc à rien. Alors à la place, tu te stoppas devant les marches et te retournas vers lui, les mains derrière le dos, plantant ton regard dans le sien, souriant légèrement. Comme avant.

Comme avant.

« Merci. »

Un mot, oui, mais qui représentait tellement. Un merci qui décrivait des milliers de choses, des émotions, des pensées. Tu ne pourrais jamais dire précisément tout ce qu'il contenait, même si tu y passais toute ta vie. Un merci d'espoir, voilà ce qu'il représentait. Tu te remis face aux marches. Pour toi c'était de simples marches à gravir, mais tu savais que pour ton frère c'était différent. Des coins coupants, des bords trop pointus. Cela faisait peur. Tu connaissais cette peur. Oh, belle émotion si cruelle. Mais il allait y arriver, tu le savais. Il allait être fort, parce qu'il l'était. Contrairement à toi. Tu montas les escaliers, rapidement - trop. Tu trébuchas, te cognas le genou contre le bord mais réussis à te rattraper de tes mains.
Mais quelle pas douée.
Tu ris bêtement avant de t'asseoir sur l'une des marches, lui faisant un vague signe pour le rassurer, si toute fois il s'inquiétait... Mais bien sûr qu'il s'inquiétait... N'est-ce pas... ? Tu retins un soupir et une petite grimace de douleur. Ton genou te lançais légèrement. Bha, tu aurais sûrement un bleu, mais mieux valait regarder... Tu remontas donc ton jean et pâlis. Peur. Oh, belle émotion si cruelle. Elle apparaissait toujours quand il ne fallait pas, c'était ça son dos. Tu n'avais rien pour te protéger d'elle ; tu étais si faible à ce moment-là. Calme-toi. Ce n'est qu'une petite coupure de rien du tout. Calme-toi... Mais tu saignais. Rouge. Le rouge fait peur. Le rouge, c'est horrible. Le rouge... N'est pas une couleur. Le rouge, c'est l'Enfer. Tu n'arrivais pas à détacher ton regard de cette petite goutte de sang, alors que tu en avais une folle envie.

C'était minuscule, ce n'était rien.

Mais pour toi, c'était tout. Tu déglutis et réussis enfin à remonter ton regard vers Milo. Argh. Il ne fallait pas qu'il te voit comme ça, si faible. Ce n'était pas à cause de la drogue, c'est ce que tu voulais lui hurler. Tu n'avais pris aucun liquide. Ce n'était pas ta faute, pas ta faute, pas ta faute. Lui aussi avait peur devant ces escaliers. Il fallait que tu bouges, et vite. Pour abréger cette peur. Il fallait que tu bouges. Tes jambes, mécaniquement, répondirent à cet ordre. Il fallait que tu bouges. Tu finis par grimper jusqu'en haut, prudemment, car tu tremblais maintenant. Mais ce n'était pas ta faute ! C'était la faute à la peur. Tu avais si peur. Oh, belle émotion si cruelle. Tu poussas la porte et t'y accrochas comme une bouée de sauvetage, attendant que Milo finisse de monter. Lorsqu'il eut réussit de passer le pas, tu la refermas. Et tu ne bougeas plus. Tu étais comme figée. Tu n'osais pas baisser le regard par peur de voir la couleur maudite.

Pourtant Milo avait réussit à monter les escaliers, lui. Alors pourquoi ne réussirais-tu pas à affronter cette goutte de sang, pour une fois ? Mais il n'y avait rien autour de toi pour te soigner. Bon, tu attendrais d'être dans ta chambre. Même si il n'y avait pas que des pansements, là-bas. Tu ne voulais pas céder, pas maintenant. Même si c'était perdu d'avance, même si c'était écrit. Tu lutterais, un peu, contre cette envie de partir dans les limbes de la folie. Alors, dans ta chambre, tu ne prendrais que les pansements. C'était une promesse. Il fallait que tu le fasses, pour Milo. Pour la pluie. Tu te tournas vers ton frère et, toujours un peu pâle, tu esquissas un semblant de sourire. C'était tout ce que tu pouvais lui offrir maintenant, face à ton pire cauchemar.

« Les autres ne vont pas... Tarder à se lever. Il y aura bientôt le petit-déjeuner. On... Y va ? »

Voilà que tu te mettais à bégayer maintenant. Saloperie de phobie. Tu ne voulais toujours pas regarder la coupure, même si tu savais que tu saignais maintenant. Tu te tournas vers le chemin de salle commune, adressas un dernier regard à Milo. Un regard qui lui demandait si il voulait avancer main dans la main sur ce chemin. Rien qu'un instant. Rien que pour savoir si il y avait vraiment un espoir. Rien que pour savoir si vous pouviez faire un petit pas dans ce monde de géant. Un monde où la peur, oh cruelle émotion, régnait en maître. Un dernier regard avant de faire un pas devant l'autre. Peut-être à deux. Peut-être pas.

Seul l'avenir nous le dira, n'est-ce pas, petit frère ?...
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MessageSujet: Re: "We never forget °{ Lily [Finish]   Mer 23 Oct - 9:39

Little compassion

Le périple ne venait que de commencer, mais ce « Merci » avait le pouvoir d'une tâche d'encre dans un buvard. Il infiltrait, se diluait ton cœur jusqu'à le réconforter d'une douce chaleur. Mais cela avait été après cet étrange sourire, tu avais crû être retourné dans le passé. C'était les mêmes remerciements quand tu lui donnais tes horribles dessins de bonhommes à trois doigts, avant l'Accident. Ce souffle de nostalgie te réconfortait autant qu'il t'horrifiait. Que cherchait-elle à faire ? A t'amadouer, pour encore une fois elle piétine ton cœur ? Tu restais marbre, Milo, pourtant une guerre avait déjà commencé. Malgré cette joie effrayante te faisait voir de toutes les couleurs, il y avait une nouvelle épreuve : les escaliers. Alors tu fermas les yeux, car ce que tu ne voyais pas ne pouvais pas te faire du mal. C'était ce que tu ne cessais jamais de te répéter.

Un pas, tu marchais sur une pente absolument lisse. Pas un escalier abrupt. Ta main se tenait à la rampe, le seule contact que tu avais avec le monde qui t'entourait. Tu connaissais le nombre de marche par cœur, tu savais exactement de combien elles étaient espacées, pour ne jamais toucher ces horribles pointes. Tu inspirais au rythme de tes pas, pour oublier que tu étais là, que tu n'étais pas seul et que si tu pleurais, on te verrait. N'était-ce pas pour cela que tu avais cessé de demander de l'aider, de crier ta peur sous tous les toits ? Tu avais déjà bien assez honte de ton être, tu ne pouvais pas te permettre d'être encore plus misérable. Tu voulais te débrouiller seul, même si tu étais brisé, même si tu avais accepté qu'on te soigne. Ce n'était pas une force, tu étais toujours aussi faible. Mais c'était plus simple de porter la honte seul.

Boum. Quelqu'un était tombé là-haut, sûrement Lily, mais tu ne pouvais ouvrir tes paupières, Ne pas voir l'ennemi te rendait serein, même pour elle tu ne pouvais pas affronter tes peurs. Il y avait trop de choses à reconstruire, trop de vigilance pour que ton inquiétude dépasse sa raison. De toute façon, il arriverait bien à la rejoindre sans la regarder. Son rire jaune te guidait comme un léger écho. Tu avais l'impression de t'entendre quand tu chouinais à chaque fois que tu tombais. Quelle étrange impression de déjà-vu.

Tu l'avais rejoint de l'autre côté de la porte, tu en étais certain, pourtant tu hésitas à voir de nouveau. Et si par un mauvais calcul d'angle, tu te retrouvais devant ton pire ennemi ? La peur était comme une canne, à force de reposer sur elle, on en oubliait comment marcher seul. Malgré tout, tu te devais d'affronter ce risque, parce que tu avais promis de faire un effort pour réparer cette relation brisée. Lorsque que tes pupilles revirent la lumière du jour, elles firent face à un spectacle anodin. Lily était pâle comme un linge, à la manière des morts-vivants. Son faible sourire semblait tellement effritée que tu avais l'impression qu'il se briserait au moindre fracas. Sa voix était encore plus vacillante que son corps vibrant sur l'effroi. A moins que cela ne soit que toi qui superposais tes symptômes sur ton aînée. Alors qu'elle te demandait ( ou te suppliait ?) de vous diriger vers la salle commune, ton regard émeraude tomba vers la tâche pourpre. Avec une manche de jeans relevé, elle avait vraiment l'air stupide, ce fut ce que tu ne pus t'empêcher de penser.

Tu n'allais pas lui répondre. Tu n'étais plus un enfant qui détournait les yeux pour ne pas être troublé devant une chose inconvenante. C'était le seul mot que tu avais pu trouver devant cette faiblesse qu'elle faisait preuve. Lentement, tu te mis à genoux inspectant la plaie. L'hémorragie était insignifiante – avait-vous déjà vu une personne se vider de son sang après une petite chute?-, mais tu savais que pour elle, c'était comment faire face à un monstre informe qui rongeait l'âme rien que par la vision. De ce calme imperturbable, tu sortis un mouchoir gris de sa poche, les coins bien évidemment arrondis, qu'il plia deux fois avant de l'attacher à sa jambe. C'était un pansement de fortune, mais c'était mieux que de le laisser nue. Au moins elle n'aurait plus à voir le démon si elle baissait les yeux. Le regard fixe, tu articulas mécaniquement :

«  Quand tu l'enlèveras, plie-le avant de me le rendre. Je le laverai moi-même. »

Tu te redressas sans attendre de réponse, reprenant une marche lente vers la salle commune. Tu ne serais pas touché, ni même apitoyé sur son sort. Sa sœur n'était plus l'héroïne de sa vie depuis longtemps. Maintenant, il était capable de s'occuper de lui-même, tu avais bien dû t'adapter après son absence virtuelle. Pourtant quelque chose t'empêchait de repartir sans t'assurer qu'elle te suivait. Tu te grattas le cuir chevelu, dépité d'avoir encore autant d'égard pour elle. Malgré tout, il restait quelque chose entre vous, car vous étiez frère et sœur malgré l'ignorance de ces dernières années. Tu t'arrêtas d'un coup, pestant avec un léger agacement :

«  Ne traîne pas trop, je n'aimerais pas qu'ils s'inquiètent pour rien. »

Tu faisais référence à l'équipe soignante. Vous n'étais par normaux et une absence innocente pour n'importe quel adolescent qui souhaitait un peu d’intimité pouvait être considéré comme une fuite au traitement. Tu n'avais pas envie qu'on te prenne pour un lâche, tu l'avais tellement été dans ta jeunesse. Mais traîner n'était pas interdit, surtout si tu pouvais t'assurer qu'elle ne s'égare plus autant qu'autrefois..

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MessageSujet: Re: "We never forget °{ Lily [Finish]   Sam 9 Nov - 20:55
We never forget« C'est tout ce que j'ai toujours voulu. Revoir ton magnifique sourire, rien qu'une fois. Un sourire adressé à moi, et à moi seule. Je sais que la route sera semée d'embûche, mais j'y arriverais. Cette fois, je tiendrais cette promesse. »

La peur broyait tes entrailles, serrait ton cœur, pourtant il y avait quelque chose de différent cette fois. La présence de ton frère. Non, cette nouvelle chaleur qui vous entourait. C'est comme si vous vous étiez un peu plus rapprochés, comme si vous aviez dépassé une étape. Vous étiez encore loin du compte, mais c'était toujours un début. C'était ça que tu avais toujours cherché sans jamais atteindre depuis l'accident. Un peu de ce soulagement, un peu de cette chaleur nouvelle installée dans ton cœur meurtri. Une chaleur un peu niaise qui dessinait un léger sourire sur tes lèvres, même si tu étais toujours aussi pâle. Et c'est à ce moment-là que tu te rendis compte que tu aimais toujours autant Milo. Plus comme il était avant, non. Tu aimais aussi ce Milo mâture, froid, qui te détestait et faisait tout pour ne pas faire apparaître sa peur pour ne pas se faire aider. Cela pouvait paraître complètement dingue mais c'était le cas. Il restait tout de même ton frère et tu l'aimais pour ce qu'il était et pour ce qu'il est devenu.

Alors lorsqu'il sortit ce mouchoir gris de sa poche, tu eus un moment de pause. Surprise, gêne, joie et honte passait au fur et à mesure dans ton cœur en quelques secondes. Et finalement ce fut la joie qui resta et ton sourire s'agrandit. Un vrai sourire, pas de ceux que tu avais pendant que tu voyais courir une licorne violette à trois pattes devant toi. Pour toi c'était l'un des plus cadeaux qu'il puisse te faire : cacher tes démons. T'empêcher de les voir. Et ce mouchoir était le signe qu'il ne te haïssait peut-être pas autant qu'il le fait dire. Ou il a peut-être pitié. Tu préférais t'accrocher à la première suggestion, parce que c'était ce espoir qui te faisait survivre. C'était grâce à lui si tu ne t'étais pas injectée une dose trop forte de drogue. Tu faisais toujours bien attention à ne jamais en mettre trop. La moindre erreur pouvait être fatale, tu en étais consciente. Tu ne pouvais pas arrêter, c'était impossible pour toi, tu en avais trop besoin, mais tu voulais limiter les risques au maximum. Tout ça pour lui. Pour revoir son sourire une dernière fois. Tu ne l'avais plus vu depuis si longtemps... Son magnifique sourire qui valait tout l'or du monde. Le sourire de ton petit frère était toujours plus important que ton propre sourire, toujours. Même si tu avais fais et que tu faisais encore des erreurs qui semblaient montrer le contraire.

«  Quand tu l'enlèveras, plie-le avant de me le rendre. Je le laverai moi-même. »

Voix froide, distance, comme celle d'un robot. Il était comme ça le nouveau de Milo. Plus de sourire tendre, plus de voix joyeuse, plus de regard pétillant. Il n'y avait que du vide. Cette pensée te serra douloureusement le cœur et tu déglutis. Et dire que c'était de ta faute, ce changement. Tu devrais probablement arrêter de culpabiliser si tu voulais avancer dans ta relation avec lui, mais c'était plus fort que toi. C'était la stricte vérité après tout : c'était de ta faute, uniquement de ta faute. Parce que tu n'avais pas su le protéger de l'Accident, parce que tu n'avais pas su être là pour lui après celui-ci pour le soutenir. Tu jouais et tu joues encore ton égoïste, à te droguer dans ton coin pendant que lui essayais de tenir debout. Tu étais naïve, pas idiote ni aveugle. Tu as toujours su reconnaître tes fautes. Tu étais simplement trop lâche pour essayer de les réparer. Tu étais trop au bord du gouffre, tu avais trop besoin de certaines choses pour les réparer. Alors tu restais là à regarder la déchéance de ton frère qui essayait de sauver le peu qui restait.

La pathétique, dans l'histoire, c'était toi.

Tu passas un doigt sur le mouchoir gris, soupiras et remit ton pantalon en place avant de te redresser. Tu avais ouvert la bouche pour le remercier mais il était déjà parti sans t'attendre. C'est vrai que cela n'allait pas se faire du jour au lendemain n'est-ce pas ? Tu te mordillas la lèvre et hésitas à le suivre. D'une part parce que tu l'avais assez embêté comme ça, d'autre part parce que tu n'avais pas envie d'aller dans cette salle commune remplie de personnes portant du rouge  mangeant des aliments rouges. Cette salle était l'Enfer incarné pour toi, tu détestais y aller. Même si le personnel était très strict sur ce sujet, pour cause de traitement à prendre, aujourd'hui tu avais assez affronté tes démons pour aujourd'hui. Parce que tu crois qu'ils vont accepter ça comme excuse ? N'importe quoi. Arrête de jouer la lâche et bouge tes fesses. Suit ton frère. Il y va bien lui, même avec sa phobie. Pas faux. D'ailleurs il s'était arrêté et se grattait la tête.

Hein ?

Il s'était arrêté ?

Arrêt sur image. Tu cherchas une raison à cela. Il t'attendait ? Non. Bien sûr que si, ça se voyait. Pourquoi ? Il pouvait y aller, qu'il n'ait pas à s'occuper de toi, il avait bien assez à faire avec lui-même. Qu'il arrête de s'occuper d'une droguée qui ne mérite que la solitude. Bon sang, il fallait que t'arrêtes de te dévaloriser comme ça. Ça devenait chiant à la fin. Ton cœur rata un battement sous l'émotion. Oui, il était bien en train de t'attendre. Pourquoi et comment, tu n'en savais rien, et au fond tu ne préférais pas savoir. Par contre il semblait agacé de le faire, et ses mots te le firent très bien comprendre :

«  Ne traîne pas trop, je n'aimerais pas qu'ils s'inquiètent pour rien. »

Bien sûr, l'équipe soignante. Tu les détestais. Ils n'essayaient pas de comprendre ; ou plutôt, ils ne comprendraient jamais. Cette peur, cette angoisse... Cette terreur. C'était des démons à combattre tous les jours. Et tu ne pouvais même pas parler du fait que tu te droguais pour échapper à cela : cela était un crime contre l'humanité. C'était le seule moyen que tu avais trouvé pour tenir. C'était lâche et pathétique, mais avais-tu eus le choix à ce moment-là ? Si tu pouvais retourner en arrière tu aurais changé le cours des choses, mais ce n'était pas le cas. Personne ne pouvait comprendre ce que te faisais vraiment cette drogue qui coulait dans tes veines pour cacher tes démons. Et toi-même tu ne saurais pas vraiment l'expliquer. Ce besoin d'oublier, de se détendre. De rendre toutes ces choses moins dures. De leur donner moins d'importance.

Pourtant tu hochas la tête et lui offris un nouveau sourire. Parce que le fait qu'il t'ait attendu t'avait rendue vraiment heureuse Lily. Tu te faisais peut-être des illusions, mais tu avais vraiment l'impression que tout se mettait lentement en marche. Tu le rejoignis rapidement, glissant un instant tes doigts dans ses cheveux, comme avant. Mais tu retiras rapidement ta main, sachant qu'il n'allait sans doute que moyennement apprécier. Mais tu en avais eu besoin de ce contact, de sentir sa chevelure soyeuse entre tes doigts. Pour te rappeler de leur texture. C'était quand la dernière fois que tu les avais touché ? Tu ne t'en rappelais même plus. Tu le distanças et lui souris :

« Oui chef ! »

Arrivée devant la porte, tu eus un doute. Ce n'était pas la première fois que tu venais ici, mais c'était la première fois que tu y venais sans avoir un minimum de drogue dans le sang pour affronter tout ça. C'était un début n'est-ce pas ? Et puis jusqu'à présent tu ne t'étais jamais demandée comme Milo s'en sortait avec les couteaux et les fourchette. Mangeait-il à la cuiller ? Tu espérais qu'il n'ait pas trop peur là-dedans, dans cette grande pièce remplie d'objets à pointe. Tu savais à quel point c'était un Enfer de savoir ce qu'il y avait de l'autre côté mais de ne pas pouvoir y échapper. Ton regard glissa vers lui, rempli d'inquiétude. Pour lui ou pour toi ? Un peu des deux probablement. Ta voix était faible, presque un chuchotement, comme si tu ne voulais pas briser la paisibilité de ce moment.

« Ca ira ?... »

Moment de silence. Puis tu levas les yeux au ciel, désespérée de toi-même. Bien sûr que ça irait, ce n'était pas la première fois qu'il entrait là-dedans. Et ce ne serait sûrement pas la dernière. Tu posas ta main sur la poignée et ouvrit la porte, fermant instinctivement les yeux. A partir de maintenant, tu ne pouvais plus rien pour lui. Tu avais trop peur de voir cette couleur maudite pour que l'inquiétude soit plus forte que ton amour pour lui. Comme lui dans les escaliers. C'était à prendre ou à laisser pour chacun de vous deux. Tu ne bougeais pas, attendant qu'un membre du personnel vienne à ton secours. Tu te demandais comment s'en sortait Milo, si on l'avait prit en charge lui aussi, tu avais envie d'ouvrir les yeux et de le chercher du regard. Mais tu ne pouvais pas, c'était trop dure. Et si tu la voyait ? Non. C'était beaucoup trop risqué. Tu avais si peur Lily. Tu avais envie d'hurler son prénom, d'entendre sa voix. Pour être rassurée. Pour te dire que tout allait bien.

On te conduisit finalement vers ta place. Tu t'assis, baissas la tête vers ton assiette et là tu pus ouvrir les yeux. Parce que tu ne voyais que ce blanc et rien d'autre. Cependant tu retins la jeune femme par la manche, sans bouger, ayant trop peur de voir du rouge se promener quelque part. Ta gorge était serrée, tu avais honte d'être comme ça, mais tu n'avais pas le choix. Tu déglutis et demandas d'une voix blanche si ton frère allait bien. Sa réponse était tellement importante pour toi. Si elle te répondait qu'il allait mal, tu te sentirais mal aussi. Surtout que tu ne pouvais même pas l'aider. Si tu relevais la tête, tu allais la voir, tu le savais. Et tu refusais. Tu l'avais déjà vu une fois aujourd'hui, c'était assez. C'était bien trop dur. La jeune femme posa sa main sur la tienne et te dis d'une voix douce, comme si elle ressentait à quel point tu avais peur pour ton frère :

« Il va bien, on l'a prit en charge. »

Tu hochas simplement la tête en remerciement et tu la lâchas. Et lorsque tu pris ta fourchette et ton couteau après que l'ont t'ait servie, tu te mis à haïr ces objets avec pointe. Pas parce qu'ils te faisaient peur mais parce que c'était eux, les démons de ton frère. Et que tu ne pouvais même pas l'aider à les combattre, pas tant que tu aurais vaincus les tiens. C'était tellement compliqué. Tu fermas un instant les yeux et te rappelas l'image de Milo souriant. C'était pour ça que tu allais te battre maintenant. Pour faire sourire le nouveau Milo, que tu tenais à découvrir encore plus qu'auparavant.

Ton frère était tout pour toi, même si il avait beaucoup changé. Et même si pour lui tu ne représentais plus grand chose, tu te battrais. Tu te battrais parce que lui il méritait de sourire. C'était tout ce que tu avais toujours voulu: revoir son magnifique sourire. C'était la chose la plus importante pour toi, petit camée pathétique qui essayait de rattraper ses erreurs du mieux qu'elle ne pouvait...

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