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Un monde coloré est un monde plus beau... Enfin ça dépend des couleurs. [Lily Handson]

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MessageSujet: Un monde coloré est un monde plus beau... Enfin ça dépend des couleurs. [Lily Handson]   Ven 15 Nov - 17:38


Un monde coloré est un monde plus beau... Enfin ça dépend des couleurs.





Karine jouait avec le trousseau de clés que lui avait temporairement prêté le directeur, en se dirigeant vers la salle qu'il lui avait indiquée. Pour une fois, elle avait un grand sourire aux lèvres en avançant dans le couloir, en suivant des yeux les cercles que décrivaient les clés autour de son doigt. Parce qu'elle avait finalement obtenu ce qu'elle voulait. Le directeur avait finalement accepté de lui rendre son atelier, lorsqu'elle lui avait patiemment expliqué que la peinture l'aidait à avancer dans la guérison de sa phobie. Mieux, il lui avait donné les clés du local où ils avaient entreposé son matériel en attendant de décider quoi en faire, et l'avait autorisée à l'aménager comme elle le souhaitait. En gros, il lui avait offert un nouvel atelier, plus grand, et où elle ne risquait pas grand chose si elle tachait le sol ou quelque chose comme ça.

Bon, la seule chose qui l'ennuyait un peu, c'était ce qu'il lui avait demandé en échange. Il ne l'y avait pas obligée, c'était mieux que rien, mais bon, pour éviter les ennuis, Karine avait préféré accepter sa proposition. Au cas où. Après tout, ce n'était pas si terrible que ça. Il lui avait juste demandé d'initier à la peinture les quelques autres chromatophobes de l'institut, pour voir si sa technique fonctionnait aussi pour eux. Parce que si ça se révélait vrai, ça pourrait permettre de grandes avancées, et pas seulement pour ces quelques personnes: pour tous les chromatophobes du monde. En fait c'était plutôt pour ça qu'elle avait accepté. Elle était moins égoïste qu'elle le prétendait. Elle ne pouvait pas passer dans la rue devant quelqu'un en difficulté sans l'aider. Comme une sorte de code que lui avait transmis son père et qu'elle suivait à la lettre. Elle se souvenait encore de l'air sérieux qu'il avait pris en lui déclarant, un jour alors qu'elle avait 7 ans, et qu'elle lui reprochait de travailler plus que nécessaire pour aider un de ses collègues.

"On ne laisse jamais quelqu'un en difficulté quand on sait qu'il ne s'en sortira pas seul, tu sais. Je ne dis pas qu'il faut se comporter en héros. Je dis juste que parfois, quand on peut aider quelqu'un discrètement, rien qu'en sacrifiant quelques petites secondes, pourquoi ne pas le faire? Ca, tu vois, c'est vraiment stupide, plus que de trop aider les autres, non? Tu ne penses pas?"

C'était drôle, quand elle y pensait. Elle devait vraiment avoir une bonne mémoire pour se souvenir de choses de ce genre, 10 ans après. Ou c'était parce que ça l'avait marquée? Bon, en tout cas, plus le temps de tergiverser. Elle était devant cette porte, maintenant. Elle stoppa les clés dans leur course, les saisissant dans sa main, et fronça les sourcils. Cette porte, elle passait devant régulièrement. Si elle avait su que son matériel était sous son nez tout ce temps... Ca lui aurait évité d'aller fouiller le sous-sol en pleine nuit! Enfin.

Elle tourna les clés dans la serrure, et ouvrit les rideaux de la salle pour laisser entrer un peu de lumière dans la salle. Elle soupira de soulagement en voyant tout son matériel intact. Il ne lui avait fallu qu'un coup d'œil pour comprendre que tout y était: son chevalet bricolé, ses tableaux achevés sauf pour quelques uns, ses pinceaux, tous ses pots de peinture. Elle avait l'impression qu'on lui retirait un poids. Tout à coup, elle se sentait presque euphorique. Enfin, il y avait une chose qui ne lui avait pas beaucoup manqué. Avec une grimace, elle déplaça les pots de peinture blanche dans un coin de la pièce, et les recouvrit avec une vieille couverture.

Elle se stoppa au centre de la pièce, plongée dans ses pensées. Bon. Alors, d'après ce qu'on lui avait dit, la fille qu'elle devait initier s'appelait Lily. Et elle ne supportait pas le rouge. Mais apparemment, elle en avait vraiment peur, elle. Au point qu'elle paniquait devant la plus petite goutte de sang. Pour plus de précaution, elle plaça donc tous les pots de peinture rouge ou de couleur qui s'en rapprochait dans un autre coin, et les camoufla de la même manière. En attendant que cette Lily arrive, elle entreprit de se fabriquer un autre chevalet de fortune avec des planches de bois qui traînaient, un marteau et quelques clous. Elle manqua de se frapper sur les doigts à plusieurs reprises, mais heureusement pour elle, elle avait d'assez bons réflexes pour que ça n'arrive jamais vraiment. Le résultat était assez bancal et précaire, mais c'était mieux que rien. Hum, en fait, c'était carrément mieux que l'autre chevalet. Il faut dire que le premier avait été fabriqué de la même façon, mais quand elle était toute petite, et peinait à soulever le marteau entre ses mains.

Un bruit dans le couloir la fit dresser l'oreille, et elle perçut le son régulier de quelqu'un qui se dirigeait vers l'atelier. Elle passa la tête par l'embrasure de la porte, et découvrit une jeune fille dans le couloir. C'était peut-être la personne qu'elle attendait. Enfin, il n'y avait pas trente six mille façons de le savoir.

"Lily?"

Karine la vit se retourner vers elle, et comprit à son regard étonné que c'était bien elle. Elle sortit de la salle tranquillement, et esquissa un sourire. Elle jeta un dernier coup d'œil à la salle pour s'assurer qu'il n'y avait aucune trace de peinture rouge où que ce soit. Heu... Bien entendu, elle avait pensé à cacher les pots de peinture, c'était basique. Mais elle n'avait pas pensé à cacher certains tableaux qui comportaient cette couleur. Une lueur de panique passa dans son regard.

"Heu, attends deux secondes. Surtout, tu ne bouges pas, ok?"

Elle rentra précipitamment dans la salle, et s'empressa d'envoyer rejoindre les tableaux en question sous la couverture qui recouvrait les pots de peinture rouge. Elle l'avait fait un peu vite et sans autant de précaution que d'habitude, mais elle avait eu vraiment peur que Lily n'ait la curiosité de jeter malgré tout un coup d'œil, à tel point qu'elle avait mis de côté son côté soigneux pour quelques instants. Elle passa la main dans ses cheveux, rassurée de voir que cette fois-ci, c'était bon, et sortit à nouveau de la salle. Elle grimaça, et dévisagea la jeune fille d'un air désolé.

"Moi, c'est Karine. Désolé d'avoir réagi aussi bizarrement, mais j'avais oublié de cacher certaines choses que tu n'aimes pas beaucoup, si j'ai bien compris. Ils t'ont à peu près expliqué ce qui allait se passer?"

Elle se tut, et son regard parcourut une nouvelle fois l'atelier. Elle était sincèrement ravie de pouvoir à nouveau peindre. Ca lui avait terriblement manqué. Elle espérait juste que cette "leçon" de peinture ne viendrait pas gâcher son plaisir. Et puis elle avait peur de brusquer cette fille. Elle n'était pas vraiment à même de gérer les crises des phobiques. Alors elle espérait  juste que le directeur tout comme Lily savaient ce qu'ils faisaient. Parce que elle pas trop.
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PROBLÈME : Chromatophobie - peur de certaine(s) couleur(s) (le rouge pour Lily)
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MessageSujet: Re: Un monde coloré est un monde plus beau... Enfin ça dépend des couleurs. [Lily Handson]   Mer 27 Nov - 9:23
Un monde coloré est un monde plus beau...
Enfin ça dépend des couleurs.
« Je ne réussirais pas, je le sais. Pourquoi j'y vais déjà ? Ah oui, j'ai promis de faire des efforts. Des efforts vains, mais des efforts quand même... Alors quel est cet espoir d'aller mieux qui commence à naître au fond de mon cœur ? »


Tes pas résonnaient dans les couloirs vides, comme la plupart du temps. D'habitude à cette heure-ci tu étais avec la thérapie de groupe - qui ne servait absolument à rien soit dit en passant, tu ne parlais jamais. A quoi bon ? Ils ne comprendraient pas, ils ne comprendraient rien. Qui le pourrait ? Même ton frère n'arrivait pas à comprendre ce besoin de fuir que tu avais. Alors des animateurs qui ne savaient même pas ce qu'était réellement être phobique... Sans commentaire. Mais bref, revenons-en à pourquoi te trouves-tu à marcher dans un couloir vide au lieu d'être dans la thérapie de groupe. Non, tu ne séchais pas, le directeur t'avait autorisé à ne pas y aller après tout ! Non, en fait, tu n'allais pas à une thérapie parce que tu en allais à une autre. Très sympathique. Un peu plus originale tout de même, mais c'est pas comme si ça allait changer quoi que ce soit.

C'est vrai après tout. Tu es une tâche en dessin, alors la peinture... Puis quelle idée de te faire peindre alors que tu étais chromatophobe ? Pour t'aider à t'habituer à la couleur rouge qu'il a dit le directeur. Comme si ça allait marcher. Tu hurlais à la vision de la moindre goutte de sang, et il voulait t'habituer à la présence d'un pot de peinture rouge entier. Vraiment tu ne savais pas ce qui passait par la tête du directeur. En plus tu avais rendez-vous avec une autre chromatophobe qui allait « t'enseigner » sa technique. Ah. Karine, Karine Arrius apparemment. « Ce sera l'occasion de te faire une amie en plus ! » Tu parles. Tu ne voulais pas d'amies, si c'était pour les décevoir comme tu décevais déjà ta famille, ce n'était même pas la peine d'y penser. Alors qu'est-ce que tu fous ici. Pourquoi tu n'as pas refusé sa proposition? Ca aurait été plus simple non? Mais tu avais promis. Promis de faire des efforts. De te battre même un peu. Pour Milo. Pour le retrouver.

Pourtant il y avait une tâche noire sur le tableau. Tes pupilles dilatées. Oui, tu t'étais droguée, par précaution. Imaginez si elle s'était retrouvée devant du rouge par inadvertance ? Un pot de peinture mal rangé, un tableau oublié, n'importe quoi. Sans la drogue tu péterait un plomb. Avec tu es plus calme, plus maîtresse de toi-même. Pas beaucoup malgré le manque qui battait toujours en toi. Tu devais le combattre tous les jours depuis ta discussion avec Milo dans le sous-sol. Parce que tu en prenais moins. Allais-tu tenir cette résolution longtemps ? Toi-même tu ne le savais. L'avenir nous le dira, n'est-ce pas Lily ? Bref. Tu étais arrivée devant l'atelier, et au moment où tu regardais autour de toi pour voir si Karine était là, une voix s'éleva dans ton dos :

"Lily?"

Ah, c'était Karine. Tu te retournas pour faire face à une jeune fille aux cheveux châtains et aux yeux bleus-gris qui te fixaient. Elle sortit calmement de la salle en esquissant un sourire aimable. Ouais, aimable. Faudrait que tu le sois aussi, mais lorsque tu essayas d'esquisser un sourire, tu fis plus une grimace qu'autre chose. Aaah la magie de la drogue. Alors tu abandonnas bien vite et hochas simplement la tête pour dire que c'était bien toi. Et puis Karine eut une réaction étrange en passant un dernier regard dans son atelier. Une lueur de panique passa dans son regard et elle te dit rapidement avant d'entrer dans l'atelier :

"Heu, attends deux secondes. Surtout, tu ne bouges pas, ok?"

Euh, ok. Tu comprenais pas tout mais c'est pas grave. Tu étais complètement à l'ouest de toute façon. Les murs bougeaient légèrement et tout tournait autour de toi. Même si tu te sentais plus légère, cette sensation était désagréable. Tu entendis un grand brouhaha dans l'atelier et te retins de ne pas jeter un coup d’œil curieux... Ce ne serait pas poli. Pas que tu en avais quelque chose à foutre, de la politesse, mais mieux valait faire bonne impression. Il fallait au moins que tu fasses deux ou trois séances, pour voir comment ça allait se passer. Si quelque chose changerait. Pourquoi tu faisais ça déjà?Ah oui, pour Milo. Et pour éviter de trop te shooter par peur de croiser du rouge aussi. Bon sang pourquoi c'était si compliqué. Pourquoi t'étais compliquée. Pourquoi la vie était compliquée. Ferme-la, tu t'embrouilles toi-même. T'es pas en état de faire de la philo ma vieille. Toi, la conscience, la ferme.

"Moi, c'est Karine. Désolé d'avoir réagi aussi bizarrement, mais j'avais oublié de cacher certaines choses que tu n'aimes pas beaucoup, si j'ai bien compris. Ils t'ont à peu près expliqué ce qui allait se passer?"

Karine était revenue, avait grimacé et s'était excusée. Bien. Et oui, tu savais déjà qu'elle s'appelait Karine. Elle croyait quoi, que le directeur allait lui dire « tu y vas et tu rencontres une inconnue qui te dira son prénom, j'ai la flemme de te le dire là maintenant » ? Ouais non Lily stoppe, arrête, tu t'embrouilles et tu deviens méchante là. Sinon, non, il ne t'avait pas expliqué grand chose, à part que tu allais faire une thérapie avec de la peinture et une autre chromatophobe comme prof'. Ah merde, faudrait peut-être que tu lui répondes. Tu fais pitié à voir Lily. Bon sang mais ferme ton clapet, t'existe même pas toi!Parce que tu existes toi peut-être ? T'es une larve bordel. Tu sers à rien. Pas besoin d'en rajouter, tu le savais déjà.

« Enchantée de te rencontrer. Euh non il ne m'a pas vraiment expliqué grand chose, juste que c'était une thérapie pour les chromatophobes avec de la peinture... »

Haussement évasif des épaules et tu détournas le regard pour ne pas qu'elle voit tes pupilles dilatées. Elle allait te repousser sinon. Parce qu'elle ne comprendrait pas elle non plus. Ce besoin de fuir, de te cacher, d'aller mieux. Elle te détesterait, elle aussi. Elle serait moins compréhensive que le garçon que tu avais rencontré dans le grenier. Garçon qui était parti avec ses secrets et les tiens. Et la fille qu'il aimait alors ? Pourquoi il l'a laissé ? Finalement peut-être n'aurais-tu pas dû lui dire d'aller la retrouver. Ou si ça se trouve il ne t'a pas écouter et a préféré fuir. Il ne fallait jamais t'écouter. La parole d'une droguée ne valait rien, c'était ce qu'on t'avait fait comprendre au fil des années. Oh, d'ailleurs, tu devais lui parler de tes manches. Comme quoi tu ne voulais pas les relever. Ou plutôt ne pouvait pas, mais ça tu ne lui dirais pas...

« Par contre, juste une petite chose avant qu'on commence... Je ne relèverais pas mes manches, sous aucun prétexte. Et je te souhaite d'avance bonne chance pour me supporter ne serait-ce qu'une heure. »

Tu avais sortis ça calmement. Oui tu t'auto-rabaissait comme si c'était la chose la plus normale du monde, mais au fond tu n'avais pas tort : tu étais plus un boulet qu'autre chose ici. Tu te demandais même pourquoi tes parents avaient emmené un cas désespéré comme toi dans cet institut. Pour te sauver?Trop tard, il n'y avait plus rien à sauver. Mais ils ne le comprennent pas, ou plutôt, refusent de comprendre. Ils auraient dû se concentrer sur Milo, il avait bien plus de chances de s'en sortir que toi. Tu glissas enfin un regard curieux dans l'atelier où se rassemblait pots de peintures, toiles et deux chevalets apparemment construits à la main. Karine était très manuelle, apparemment.

Contrairement à toi. Boulet va.

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MessageSujet: Re: Un monde coloré est un monde plus beau... Enfin ça dépend des couleurs. [Lily Handson]   Mar 3 Déc - 14:04


Un monde coloré est un monde plus beau... Enfin ça dépend des couleurs.




"Enchantée de te rencontrer. Euh non il ne m'a pas vraiment expliqué grand chose, juste que c'était une thérapie pour les chromatophobes avec de la peinture..."

Le regard de Karine se posa inévitablement sur le visage de la jeune fille qu'elle avait en face d'elle. Ce n'était pas vraiment ses paroles qui l'avaient poussé à le faire. C'était plus le fait qu'elle ait détourné les yeux, comme si elle était gênée. Sauf que ça se voyait, sur son visage, que ce n'était pas pour ça. Elle lui cachait quelque chose, c'était une évidence. Karine fronça légèrement les sourcils, mais ne laissa pas paraître qu'elle était intriguée. Elle ne voulait pas la déranger avec ça. Après tout, même si elle en doutait, ce n'était peut-être qu'une impression. Peut-être qu'elle était juste mal à l'aise parce qu'elle appréhendait le moment où elle allait devoir faire face à ce qu'elle craignait plus que tout. Alors elle se contenta de hocher la tête en silence. Si Lily ne savait pas ce qui était censé se passer, pas de problème, elle allait le lui expliquer. Mais elle ne prononça pas un mot, pressentant que Lily s'apprêtait à parler à nouveau.

"Par contre, juste une petite chose avant qu'on commence... Je ne relèverais pas mes manches, sous aucun prétexte. Et je te souhaite d'avance bonne chance pour me supporter ne serait-ce qu'une heure."

Karine cilla, étonnée. Elle refusait de relever ses manches? Mais pourquoi? Enfin, ça ne la regardait certainement pas, et puis si Lily avait été aussi catégorique sur ce point, l'adolescente doutait qu'elle accepte de lui en donner la raison. Son regard croisa quelques secondes le sien, et elle se figea. Une minute... Elle avait déjà vu ce genre de regard. Ses anciens camarades de classe l'avaient parfois lorsqu'elle les croisait tard le soir pendant le week-end. Alors c'était ça qu'elle voulait cacher? Ca expliquait tout. Pourquoi elle avait détourné le regard. Pourquoi elle ne remonterait pas ses manches. En fait, elle s'était droguée. En temps normal, Karine n'aurait pas apprécié du tout, et n'aurait pas hésité à refuser cette séance, pour ne pas prendre de risques. Elle était à peine capable de donner un cours de peinture, alors gérer une phobique droguée... Mais pourtant, elle se contenta de sourire tristement. Ca lui rappelait un peu Avalon, qui cherchait à cacher ses plaies sur ses bras. De la même manière, pour Lily, ce n'était sûrement qu'un moyen de supporter la souffrance. Et ça Karine pouvait le comprendre, puisque la peinture lui servait à la même chose.

"Tu sais, je crois que tu en auras marre de moi avant le contraire. Je suis pas vraiment quelqu'un de patient ou sympa. Mais juste une chose..."

Le sourire de Karine disparut, et elle dévisagea Lily. Il y avait quelque chose de triste, de désespéré qui se dégageait de cette dernière, et l'adolescente ne voulait pas aggraver les choses. Mais en même temps, elle préférait lui faire comprendre maintenant qu'elle avait deviné, plutôt que de la surprendre au moment où elle perdra patience. Oui, parce qu'à ses yeux, c'était inévitable. Elle était drôlement possessive, et comme elle venait juste de retrouver son matériel, ça n'allait pas être évident pour elle de la partager avec quelqu'un en qui elle n'avait absolument pas confiance. Elle soupira. Restait à espérer que Lily ne le prendrait pas mal. Parce que sinon ça s'annonçait compliqué d'essayer de lui apprendre quoi que ce soit.

"Je suis pas là pour te juger. Je suis là pour t'aider. Alors pas la peine d'essayer de me cacher quelque chose d'aussi flagrant que ça... Dans tous les cas, pour tes manches, il n'y a aucun problème. J'ai un vieux tablier à manches dans l'atelier."

Karine resta un instant immobile, légèrement inquiète, puis se décida finalement à entrer chercher le tablier en question. Elle avait beau avoir rangé, ça restait dans un bazar pas possible. Enfin ça... C'est si ça avait été bien rangé et ordonné qu'il aurait fallu se poser des questions. Malgré le désordre, l'adolescente repéra immédiatement le tablier dépasser très légèrement de dessous une étagère. Elle hésita quelques secondes en se souvenant s'être retrouvée coincée sous des cartons, en ayant fait accidentellement s'écrouler des étagères du même type, puis se pencha prudemment pour le récupérer, prête à bondir en arrière au moindre craquement qui aurait laissé présager une catastrophe du même genre. Une fois qu'elle sentit ses doigts se refermer sur le tissu du tablier, elle se retira brusquement. Un peu trop, peut-être. Elle n'était pas exceptionnellement grande, mais juste assez pour se cogner la tête dans la plus basse.

Karine eut un mouvement de recul, paniquée à l'idée que le tout s'effondre, mais apparemment ces étagères étaient plus solides, et moins surchargées que celles qui lui étaient tombées dessus. Rassurée, elle se frotta douloureusement la tête, avant de se diriger vers Lily, le tablier gris à la main. A l'origine il était blanc. C'était une bonne chose pour elle que les vêtements ne le restent jamais bien longtemps. Pour une fois, comme elle l'avait lavé récemment, il n'était pas constellé de taches de peinture. Du coup, il en était presque méconnaissable. Karine resta quelques instants à le regarder, surprise de "découvrir" sa couleur naturelle, avant de le tendre à Lily.

"Je sais pas si c'est ta taille, mais ça t'évitera au moins de tacher tes vêtements. Ca paraît pas, mais c'est très dur de ne pas en mettre partout quand on peint. Enfin, heureusement, ça part assez facilement."

L'adolescente passa la main dans ses cheveux châtains par habitude. C'était devenu une sorte de réflexe, à force de vérifier régulièrement qu'elle n'avait pas de peinture dans les cheveux qui aurait trahi l'existence de son atelier, à l'époque où elle le cachait des adultes dans sa chambre. Elle se dirigea vers l'une des deux seules chaises de la salle, et s'y asseyant, proposa d'un geste de la main l'autre à Lily. Libre à elle de s'assoir ou pas. Enfin, elle avait deux trois petits trucs dont elle devait discuter avant de commencer la séance, et ça pouvait durer un moment, alors tant qu'à faire...

"Je vais t'expliquer à peu près ce qu'on m'a dit de faire... En fait, j'ai une technique qui me permet de minimiser mon problème. Je supporte pas le blanc. Mais je me suis rendu compte que je n'ai pas peur de tous les blancs qui existent. Je supporte pas un blanc en particulier. Et le fait de peindre m'a appris à distinguer plus facilement les nuances de couleurs."

Karine marqua une pause, cherchant des yeux un objet "blanc" pour illustrer son explication. Finalement, elle se rappela que ses toiles étaient presque blanches. Elle avait tellement pris l'habitude de les voir comme brunes plutôt que blanches qu'elle l'avait quasiment oublié. Elle en pointa une du doigt, et reprit.

"Par exemple, tu vois cette toile? Elle est blanche, pas vrai? Pourtant, pour moi, elle est pas totalement blanche. Elle est très légèrement brune, mais ça suffit pour que ça ne me fasse rien. Ils m'ont demandé de voir si toi aussi tu n'avais peur que d'une nuance de couleur bien précise, et si c'est le cas, de t'aider à savoir laquelle c'est exactement, et t'apprendre à la différencier des autres rouges qui y ressemblent."

Karine détourna le regard, mal à l'aise. Ce qu'elle allait devoir demander à Lily ne lui plaisait pas du tout. Mais en même temps, elle n'avait pas le choix, si elle voulait être claire. Pour savoir de quelle couleur Lily avait peur en particulier, il fallait lui faire comprendre que c'était lié au contexte de son traumatisme. Et ce n'était pas évident. Personne n'avait envie de se rappeler d'un moment qui avait été à l'origine d'un tel choc. Et le pire, c'est qu'elle allait devoir donner l'exemple... Elle inspira à fond, avant de déclarer à contrecœur.

"Je ne supporte plus le blanc depuis que mon père a failli mourir sous mes yeux à l'hôpital. Je me suis rendu compte que c'était uniquement le blanc proche de celui qu'il y avait dans cet hôpital qui me rendait dingue. Je ne te demande pas de m'expliquer ce qui t'as rendue phobique. Mais par contre, il faudrait que tu réfléchisses à quel type de rouge a causé ta phobie, et que tu me le dises, pour que je puisse t'aider. Sans ça, je serais obligée de te montrer différents types jusqu'à trouver lequel est celui qui te fait peur, et ça risque d'être pénible pour nous deux..."

Elle se tut, et en silence, osa enfin poser à nouveau les yeux sur Lily. Elle avait un peu honte d'avoir parlé de son traumatisme, parce qu'elle avait toujours trouvé ça ridicule. Enfin quoi, ne plus supporter la présence d'une couleur simplement parce qu'on avait passé un mauvais moment en sa présence, c'était ridicule. Et pourtant, c'était son cas. Et c'était peut-être aussi le cas de Lily. Enfin si ça ne l'était pas, ça risquait de beaucoup compliquer les choses...
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PROBLÈME : Chromatophobie - peur de certaine(s) couleur(s) (le rouge pour Lily)
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MessageSujet: Re: Un monde coloré est un monde plus beau... Enfin ça dépend des couleurs. [Lily Handson]   Mer 12 Mar - 17:26
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« On pourrait y passer des années que cela ne passerait pas. L'ange déchu ne récupère jamais ses ailes... »


Tu t'es tuée, décimée. Ce jour-là, à l'essai, ton âme s'est dissoute. Ce sourire con, c'est ton miroir. Vide, morne. C'est un sourire qui ne veut rien dire, ne contenant aucune rime. Qui ne mène à rien, comme un mensonge envers toi-même. « La drogue me fait oublier ! » faux, on oublie jamais rien dans les abysses. Ces éléphants roses dansant la samba sur ton épaule, sont-ils vraiment roses ? Regarde bien... N'ont-ils pas des reflets rougeâtres ? Et cet oisillon bleu apeuré dans le coin du couloir, ne te rappelle-t-il pas un peu Milo ? Ah, Milo. Le seul qui te fait un peu revenir d'entre les morts. Qui te prouve que tu survis encore, même un peu, à travers ce lien fraternel et éternel. Milo, que tu aimes, que tu détestes. Que tu as perdu, à jamais. Milo, en deux syllabes, un mot et un événement, un, pour vous brisez et vous séparez, comme des bébés siamois à demi-morts, à demi-faux. Enfants cassés, désespérés et brisés. Impossible à réparer. De simples puzzles incomplets, incomblés. Toi tu essaies de te remplir de toute cette substance illicite, mais cela ne marche pas. Ce n'est qu'une illusion, un rêve éphémère. Tu finiras par tomber de nouveaux en morceaux, et il n'y aura plus de retour possible.

Elle te dit qu'elle n'est pas là pour te juger, qu'elle ne le fera pas. Mais le monde entier juge, tu le sais ça ? Quand deux inconnus se croisent, ils se jaugent et se regardent de haut en bas, en chiens de fusils, sur leurs gardes, méfiants comme pas deux. C'est inconscient, instinctif. On te juge comme toi tu juges, mais tu ne réponds pas, tu la laisses croire. Qu'importe son jugement, de toute façon, tu as déjà touché le fond. Ton regard parcourt la pièce, en bordel mais pas trop. Un atelier comme les autres, en sommes. Au moins un truc de normal dans cet institut... Par contre, les murs faisaient des vagues et changeaient sans cesse de couleurs. Il te semblait même voir quelques petites licornes remuer de la queue sur des lignes non droites... Hum, ne pas le préciser à Karine par contre. Tu passais déjà pour une tarée, il fallait éviter d'en rajouter. Elle rentra dans l'atelier puis te passa le tablier plus gris que blanc -sans doute à cause de sa phobie- mais à manches. C'était le principal. Tu l'enfilas sans un mot, rassurée de ne pas devoir remonter quoi que ce soit. Ton bras était tout simplement horrible, même si tu avais baissé le régime des piqûres. Tu ne doutais pas une seconde de la difficulté à peindre, mais au fond tu t'en fichais un peu... Les vêtements étaient fait pour nous protéger, non ? Pas de tout, malheureusement. La conscience, dégage.

Et maintenant ? Maintenant quoi ? Qu'alliez-vous faire ? Tu n'en savais rien. Est-ce que cela avait de l'importance ? Non. Parce que ce n'est pas une thérapie avec peinture qui allait te sauver du gouffre dans lequel tu étais plongée. Tu n'y croyais pas.  Tu le faisais juste pour avoir bonne conscience, sûrement. Et parce que l'espoir était quelque chose d'encore présent en toi, en un infime grain dans ton regard. Tu es peut-être une mauvaise personne, mais tu tenais encore sur tes jambes, comme une survivante. Tu te battrais, un minimum, pour lui. Parce que sans lui, tu aurais sûrement fait une overdose depuis longtemps. C'est horrible, de mourir d'overdose : on meurt dans un mensonge, dans un paradis artificiel. C'est douloureux, comme mort, tu ne trouves pas ? Ça ne t'empêche pas de la côtoyer chaque jour, princesse déchue. Elle commença à t'expliquer le fonctionnement de la thérapie, mais tu n'écoutais que d'une oreille. Tu étais ailleurs, dans ton monde, là où tout est beau, là où tout est clair. Tu l'aimes ton monde, hein ? Il est magnifique. Les autres le haïssent, ton monde, mais tu t'en fous, c'est le tien pas le leur. Tu l'adores ton monde, n'est-ce pas ma chérie ? Tu t'y enfonces, dans ton monde, et plus le temps passe moins tu retrouves le chemin de la réalité que tu essaies tant de fuir. Qui te court toujours après.

Sourire encore plus con. Tu es pathétique, tu le sais mais tu l'ignores. Le déni est l'une de tes principales qualités, tu ne trouves pas Lily ? Refuser la réalité, la vérité, toujours. Tourner la tête et ne rien voir, c'est tellement facile. Tu es lâche, tu le sais mais tu l'ignores. Karine attire de nouveau ton attention – ce qui est presque un miracle dans ces moments là – lorsqu'elle se mit à parler de la cause de sa phobie. Ca pouvait paraître con, parce que personne n'est mort, parce que dans son histoire, « tout est bien qui finit bien ». Mais non. Elle se retrouve là, alors tout ne va pas bien. Son histoire pouvait paraître conne, et Karine en donnait l'impression, de trouver ça con aussi, mais toi tu savais que ce n'était pas aussi simple. Le rythme cardiaque qui s'accélère lors de ce moment traumatisant. La peur qui nous bouffe les entrailles, et notre regard qui se pose sur cette couleur horripilante, témoin et cause de notre future déchéance. Ton regard se fait plus sombre, les belles couleurs disparaissent. Tu redescends un peu sur terre, Lily, et la chute est rude. Ce qui a causé ta perte... Si difficile à dire. Sang. Du rouge partout, sur mes mains, sur le col, sur le couteau. Du rouge, qui me hante, qui me bouffe. Le sang qui tâche, qui reste à jamais sur mon âme déchiquetée. Le sang...

Elle te demanda quel genre de rouge. Tu trembles, ta tête est baissée. Tu es envahie par les souvenirs, et même la drogue n'y fait rien. Tu revois la scène, tu n'as pu protéger personne, même pas ton petit frère qui a été cassé à son tour. Tu as si peur, ton cœur bat de nouveau à mille à l'heure, et tout ce sang... Tu fais un bond sur ta chaise, tes yeux se rouvrent. Tu es au bord des larmes mais tu ne pleureras pas. C'est trop. Tu murmuras, la voix brisée, en chuchotement indistinct, comme un secret inavouable, trop longtemps enfouis, trop longtemps ignoré. Tu l'as si souvent renié, Lily... Si souvent.

« Le sang... J'ai peur... Du sang. »

C'est la première fois que tu le dis à voix haute. Tu considères ça comme une nouvelle faille en ton sein. Tu en as pourtant déjà tellement... Ton regard se pose sur les toiles blanches – enfin, brunâtre, apparemment. Tu ne voyais pas trop la différence mais... Bien vite elles furent recouvertes de rouge. Dans ta tête, tout ça n'est que dans ta tête. Tu fermes de nouveau les yeux, trop tard – le sang te suit, et toi tu le fuis.



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MessageSujet: Re: Un monde coloré est un monde plus beau... Enfin ça dépend des couleurs. [Lily Handson]   Ven 30 Mai - 6:38


Un monde coloré est un monde plus beau... Enfin ça dépend des couleurs.




Cette question... C'était la pire de toutes à laquelle un phobique pouvait être confronté. Pourquoi. De quoi avait-on peur, exactement, et pour quelle raison? C'était là le problème, et là qu'on réalisait qu'un institut était plus que nécessaire. Avoir une peur irraisonnée de quelque chose, comme ça, c'était un réel problème, ce n'était pas à prendre à la légère. C'était une situation terrible. On niait, on essayait d'oublier ce traumatisme qui nous avait fait plonger dans l'horreur. Mais oublier, tout le monde le sait, ce n'est pas possible. Il y aura toujours un élément, quelque chose qui un jour le rappelle impitoyablement. Et c'est la crise. La panique. La peur à l'état pur. Et c'est peut-être pour ça qu'il est si dur d'en guérir. On était obligés de se poser cette terrible question pour espérer avoir une chance de s'en sortir. Pourquoi. C'était évident, le seul moyen de guérir, c'était d'apprendre à affronter cette peur et à la vaincre, et on ne peut pas affronter quelque chose qu'on ignore. Quand on ignore la peur, elle finit par nous bouffer de l'intérieur. Ca, Karine l'avait bien compris à ses dépens. Mais malgré tout, elle se sentait coupable, quelque part, d'infliger une telle question à cette fille qu'elle connaissait à peine.

Ca y est, malgré la drogue, elle avait compris ce qu'elle lui demandait. Le regard de Lily s'était fait plus sombre, comme si elle était perdue dans ces souvenirs terribles. Se ressasser de tels événements était presque pire que de se trouver en pleine crise. Car la crise n'était que la conséquence de ces événements, au fond. Le reflet de quelque chose de bien plus horrible. Karine s'inquiétait sérieusement pour elle. Et si à cause de ça elle se mettait à faire une crise, rien qu'au souvenir de ce qui s'était passé ce jour? Elle était déjà en train de trembler, et elle était visiblement sur le point de craquer. Karine était tellement concentrée sur elle que lorsqu'elle fit un bond sur sa chaise, elle sursauta à son tour.

"Le sang... J'ai peur... Du sang."

Karine fronça les sourcils, essayant de ne pas laisser paraître qu'elle était sincèrement triste pour elle. Elle sentait sa souffrance malgré elle, et elle avait du mal à ne pas se laisser emporter par les événements, et à ne pas se remettre à penser à sa propre souffrance. Ce n'était certainement pas le moment de faire une crise de phobie à deux, franchement. Et puis elle n'allait quand même pas penser à son père dans un moment pareil, et à sa crise card... Et voilà, elle se laissait entraîner. Pas question qu'elle panique. Lily avait besoin d'elle. Elle se leva de sa chaise, et laissa échapper un soupir, gênée.

"D'après ce qu'on m'a dit, pas mal de nuances de rouge te font peur, donc pour éviter de prendre de risques pour le moment, je vais essayer de faire un rose assez proche du rouge, mais pas assez pour que ça risque de te faire paniquer. Si tu pouvais juste détourner les yeux, le temps que je manipule la peinture rouge..."

Et la peinture blanche, malheureusement. Ce n'était pas une situation qui lui plaisait beaucoup, mais bon, elle n'avait pas le choix. Et puis à force, elle avait l'habitude. Le blanc était tellement pratique pour faire des nuances de couleurs plus claires qu'il en était indispensable. Karine fut à moitié rassurée de voir que Lily avait déjà les yeux fermés de toute manière, et sortit un pot de peinture rouge pour le poser devant un chevalet. Maintenant, le tour du pot de peinture blanche. Voilà. Mieux valait être rapide, pour limiter les risques de faire une crise. Elle fit couler assez de peinture rouge dans un petit bac pour faire un bon paquet de peinture rose, puis fit de même avec le blanc, avant de mélanger frénétiquement. Mais la nervosité et l'anxiété la faisaient trembler, et elle aurait probablement dû ranger le pot de peinture blanche avant de faire quoi que ce soit d'autre. En voulant se relever trop vite, ses genoux se dérobèrent sous elle, et elle s'étala dans la peinture de tout son long, renversant l'un des deux pots au passage. Enfin d'après le clong bruyant qu'elle avait entendu... Parce qu'elle avait trop peur pour oser ouvrir les yeux et constater les dégâts par elle même. Il lui fallut un peu de temps avant de réaliser dans quoi elle était allongée. Evidemment, il avait fallu qu'elle tombe dans le pot de gauche. Dans la peinture BLANCHE.

"Oh non... C'est pas vrai! Mais ça arrive qu'à moi ça!"

Elle tenta de se relever, mais la flaque de peinture blanche la paralysait presque de terreur. Elle n'avait plus peint depuis trop longtemps. Elle avait perdu de sa résistance. Et elle se retrouvait sérieusement dans la merde. Enfin dans la peinture blanche. Ce qui revenait au même. La peinture aidait à affronter la chromatophobie... C'était tellement crédible, maintenant qu'elle nageait dans la peinture blanche, incapable de se relever. Elle se noyait dedans, dans cette peur insensée. Elle ne pouvait pas se relever, elle n'en avait pas la force. Enfin, pas toute seule. Mais peut-être que...?

"Lily... S'il-te plait... Tu pourrais me... sortir de là? J'y arriverai pas toute seule. J'ai renversé le pot de peinture blan-..."

Rien que de penser à cette couleur... Rien que de l'imaginer sur ses vêtements, sur sa peau, même sans la voir... Karine déglutit, pour chasser la nausée qui l'envahissait à cette idée, et tenta de commencer à se relever toute seule. Après tout, peut-être que Lily serait trop occupée à chasser sa propre peur pour pouvoir l'aider à affronter la sienne. Et puis le pot de peinture rouge qui se trouvait à côté d'elle ne risquait pas de l'aider beaucoup. Heureusement qu'il n'y avait pas de miroir dans la pièce, sinon elle aurait presque pu perdre connaissance. Maintenant, il fallait qu'elle ouvre les yeux. Elle risquait plus de causer de nouvelles catastrophes qu'autre chose, si elle se décidait à finir la séance à l'aveuglette. Enfin... Garder son sang-froid. Coûte que coûte. Ne pas se laisser avoir par la peur. Mais zut, quoi, c'était qu'une couleur, à la fin!

Elle osa ouvrir les yeux, et l'étendue des dégâts lui fit refermer instantanément les yeux. De la peinture blanche. PARTOUT. Pourquoi cette saleté se projetait si facilement dans tous les sens, hein? Elle ne pouvait pas faire une grosse flaque bien uniforme à un endroit bien précis, pour qu'elle puisse ouvrir les yeux sans en voir en permanence?! Ou même rester dans le pot, en se solidifiant ou un truc du genre... Enfin, il fallait qu'elle se calme, là, elle était en train de s'énerver parce que la peinture blanche était liquide. Ridicule. Elle décida de rejoindre la chaise aussi prudemment que possible, mais en voulant se dépêcher, son pied heurta quelque chose de dur, et au gros ploch qui s'ensuivit, elle comprit qu'elle venait de commettre une terrible erreur. Elle venait de shooter dans le pot de peinture rouge. Et vu le bruit, lui aussi contenait du liquide qui s'était très probablement joyeusement projeté dans tous les sens.

"... Lily? Ca va?"

Elles étaient sérieusement dans la merde.
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