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Oh simple thing, where have you gone ? ▬ Milo ▬

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MessageSujet: Oh simple thing, where have you gone ? ▬ Milo ▬   Dim 18 Mai - 18:04
Oh simple thing, where have you gone ?


« Et entendre ton rire s'envoler aussi haut
Que s'envolent les cris des oiseaux
Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie
Et l'aimer même si le temps est assassin
Et emporte avec lui les rires des enfants
Et les mistrals gagnants
Et les mistrals gagnants...  » ▬ Renaud


J'aurais voulu. J'aurais voulu te serrer de nouveau contre moi, sentir ta chaleur au creux de mes bras, j'aurais voulu y croire un peu plus, tu sais, à cet amour un peu fou, à cet amour qui faisait un peu tout. J'aurais voulu entendre de nouveau ton rire au creux de mes oreilles, provoqué par mon sourire, à l'époque où on était encore heureux, tu te souviens ? Où tout allait pour le mieux. Mais c'est trop facile de se dire « j'aurais voulu » n'est-ce pas Lily ? Ce serait trop simple, de retourner en arrière, de tout recommencer, de ne plus foirer. Le vert du verre, aussi fragile qu'un vase fin en argile, le vert du verre, son regard en petits vers s'incrustant dans ta tête. La culpabilité qui ronge tout, la culpabilité qui te bouffe tout, qui te tue, qui te mange. La culpabilité d'être une mauvaise grande sœur, un mauvais exemple, un déchet, un boulet. Le laisser se débrouiller tout seul, sans cesse.

J'aurais voulu. Trop simple à dire, trop simple à utiliser, mais pas assez utile, pas assez vrai, tu sais Lily, t'y arriveras pas comme ça, à regretter le passé, à danser d'un pied à l'autre, à pencher, à jouer la pauvre. Pauvre d'amour, de sens, qui s'en va à contre sens, pauvre de raison. Regretter le temps passé à jouer dans la boue avec un sourire gravé sur tes lèvres pas encore bousillées, regretter cette complicité avec ton petit frère pas encore traumatisé, ce bon vieux temps passé, ce bon vieux temps presque oublié. Tu passes ton temps à regretter, mais tu n'avanceras pas comme ça, il faudrait y repenser, en reparler, peut-être que ça irait mieux après, en reparler avec lui, du temps passé. Nostalgie, main dans la main, le regard vers le ciel. S'asseoir cinq minutes sur un banc, pour parler du bon vieux temps, où tout était où tout était rose. Peut-être. Cela faisait trois jours, trois jours depuis ta dernière dose, après ton dernier délire à l'apogée, de tes dernières larmes cristallisées. Trois jours, ça allait, tu étais bien, pas de manque, pas de crise, tu ne voyais pas encore le rouge autour de toi. Tout allait bien, physiquement parlant.

Et pourtant, il y avait ce vide en toi que tu n'arrivais pas à combler. Pas même de vos rires d'enfants, pas même de vos regards mis en avant, des zooms par petits bouts sur tes souvenirs pas encore grillés. La vérité, c'est que tu ne voulais plus y penser, tu ne voulais plus tout reconstituer, tu voulais tout réapprendre, ton nouveau frère, le renfermé, le peureux, le traumatisé que tu n'as pas pu sauver, ce jour-là. Que tu n'as pas pu cacher ni protéger. La vérité, c'est que tu voulais le redécouvrir, lui reparler, rire avec lui. Parler du passé, mais sans une once de culpabilité, parler du passé sans déprimer. Avec le sourire, comme n'importe qui parlerait de leurs souvenirs, de quelque chose qui n'existera plus mais qui ne nous manque pas non plus. Parler du passé comme une personne normale, sans peur et sans reproche, comme une personne vaillante qui n'a pas peur de son avenir. Seule, tu voulais être seule, pour chercher quoi dire, quoi faire, quoi penser. Le chercher, peut-être, le fuir, assurément. Parce que tu as peur, qu'il te rejette encore. Qu'il te repousse, qu'il te tranche le cœur comme un tueur te trancherait la gorge.

Parce que tu souhaiterais, au plus profond de toi, qu'il te serre de nouveau dans ses bras.

Alors tu te dirigeas vers le gymnase, à pas lents, mécaniquement, regard fixe, sans un sourire. Un véritable robot, et pourtant ce tas de sentiments qui appuyait sur tes épaules te prouvait le contraire. Tu voulais pleurer, comme tu l'avais tant fais déjà, mais la rivière était tarie maintenant, tu sais, y'a plus une seule goutte d'eau à l'intérieur de toi. Et pourtant ton âme pleure, très souvent, en silence, en hurlement. Tu te glisses dans les vestiaires, tu penses ouvrir celui des filles, mais tu t'es encore gourrée. Nan mais en même temps le petit bonhomme on dirait vraiment qu'il a une jupe, c'est un peu con. Et puis là tu le vois, ton Vert en verre, de plusieurs vers, tu le vois là, tout seul, perdu, comme toujours. Câliner. Maintenant. Ta main se crispe sur la poignée, ton cœur bat la chamade. Putain on dirait une collégienne amoureuse, ça faisait peur. T'allais pas faire dans l'inceste quand même ?

« … Milo ? »

Question débile, bien sûr que c'est lui. Tu soupiras, te glissais à ses côtés et regardais le toit. Calme plat, pourtant tu avais le vertige. Il était là, à coté de toi, ton vert qui te hante, ton vers qui te mange. Il était là, tu pouvais peut-être lui parler, de ton exploit, une semaine et deux jours sans drogue, sans rien, juste tes démons pour seule compagnie. Mais cela l'énerverait plus qu'autre chose, il ne comprendrait rien, alors tu posais simplement ton regard bleuté sur son petit corps frêle que tu voulais juste protéger de tes bras, même si tu en étais incapable :

« Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Tout seul, sans personne. Sans même moi.



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MessageSujet: Re: Oh simple thing, where have you gone ? ▬ Milo ▬   Mar 27 Mai - 19:24

That's not what I want to say...

Tu détestais tes rêves Milo. Le rêve c’était le monde que tu ne contrôlais pas, ceux que tu ne pouvais fuir. Il était ta hantise, ton angoisse. Parce que là-bas, il y avait toutes ces choses que tu avais esquivé qui te revenaient en pleine face. Tous ces « Ca va. » sans réalité, tous ces «  Je n’ai pas peur. » factices peuplaient le monde des songes, menaçant et pointus comme s’ils voulaient te transpercer. Tu courrais toujours, ne pouvant fermer les yeux sur ces horreurs qui habitaient ton crâne. Tu trébuchais aux douze coups de minuits, sous les rires de tous ses mensonges que tu avais couvés. Seul, à jamais, vulnérable.  Mais elle te dit de ne pas regarder, cette petite fille que tu connaissais si bien. Tu pleurais devant son sourire,  alors elle te prenait toujours la main, te rassurant qu’on pouvait retourner en arrière. Avant qu’elle ne te transperce avec cette seringue.

Tu te réveillas en sueur en plein milieu de la nuit, encore une fois, étouffant un râle dans ton oreiller. Encore une fois, tu avais perdu contre elle, c’était pour ça que tu la détestais.

Malgré tout, il fallut vivre avec cette humiliation toute la journée, continuant cette esquive éternelle contre tes pires ennemis. Mais tu étais plus vide que d’habitude, ta tête n’était pas sortie du rêve, tes yeux étaient encore là-bas, dans les ténèbres. Tu avais cette relation malsaine avec ce démon. Elle était ton reflet, ton doppelgänger. Vous aviez ce même traumatisme qui vous aviez détruit, le grain de sable qui avait enraillé votre tête. Elle avait pourtant été ton héroïne autrefois, dans tous les sens du terme. Elle t’anesthésiait de tes peurs à dose de gentillesse, elle t’avait fait oublier le monde réel à te couver sans cesse. C’était pour cela que tu avais ce conflit de conscience. Tu la fuyais pour grandir, mais tes pensées allaient tout à Elle quand tu étais difficulté.

Même dans tes songes, elle revenait avec ce sourire perfide qui t’empêcher d’oublier le passée.

Même pendant l’activité sportive de ton groupe, tu repensais à cela dans un coin du terrain. C’était une partie de foot, tu détestais cela, encore plus que n’importe quel sport. Tu détestais courir à en perdre haleine, pas quand tu savais la douleur qui allait s’infiltrer dans tes jambes, en sachant qu’elle ne sera pas là pour t’encourager, pas là pour te rassurer si tu faisais perdre ton équipe. «Cela ne m’intéresse pas. » C’était ce que tu disais quand tu avais peur n’est-ce pas.

Tu soupiras, avant te de remettre sur le banc d’essais en plein milieu de la partie. L’éducateur te pria de retourner sur le terrain, mais tu refusas obstinément, froid et enfermé dans ta coquille. Il laissa passer ce caprice, le deuxième après avoir refusé les crampons qui te faisaient horreur. Même si tu savais qu’il allait te remonter les bretelles lorsque les autres partiraient se changer. Mais tu ne voulais pas faire d’efforts, tu ne voulais pas jouer. Parce que le monde était gris, parce qu’il n’y avait que Lily qui avait réussi à remettre un peu de couleurs, même si ce n’était que par la colère et le dégoût.

C’était pour cela que tu  l’aimais, c’était pour cela que tu la détestais.  Affligeant.

Et ton scénario se produisit, mais tu ne l’écoutais qu’à moitié. Tu le fixais juste de tes pupilles sylvestres, sans un sourire, sans âme aussi. Il te disait qu’il ne fallait pas refuser de participer aux activités de groupes, parce que tu étais encore un enfant et qu’il était normal de jouer. Tu étais blessé dans ta fierté mais tu obtempéras, pour mettre fin à ce plus. Tu ne voulais plus être un enfant, tu ne voulais plus de cette fragilité.

Pour pouvoir de nouveau respirer.

Tu pu enfin rejoindre les vestiaires, même si tout le monde était déjà parti. Tu enlevas ton jogging pour remettre ton jeans noir trop grand, te dévêtis de se tee-shirt immonde et enfila les manches de ta chemise. Mais tu n’eus pas la force de la reboutonner. Tu te laissas tomber sur le banc abimé – heureusement que les bouts avaient été émoussé par le temps et tu fermas les yeux. Cette vie, c’était comme ce haut flottant, transparent. Il n’y avait qu’en la brûlant qu’elle prenait forme.

Mais tu n’aimais pas la chaleur toi, tu voulais juste une tiédeur sans fin, un monde où rien ne se passait, où rien ne vivait, ne te pointait avec menace.

Mais une aiguille pénétra dans ta peau. Sa voix se diffusait dans ton sang avant d’atteindre tes synapses. Tu t’étais redressé doucement, à moitié habillé, la tête ébouriffée, les yeux inertes. Tu la regardais, cette démone. A moins que c’était la nouvelle ? Te voyait-elle vraiment au moins? C’était ce que tu redoutais en réalité. Il fallait dire quelque chose et vite, avant de trop penser.

« Je peux te retourner  la question. T’es pas un homme à ce que je sache, Lily.»

Dur comme un bloc de pierre, une réaction de défense. Cela de te surprenais pas. Tu t’étais remis sur tes pieds, titubant vers elle. Elle était toujours plus grande, plus réel, plus belle. Même si tu te sentais malade, même si tu pleurais intérieurement de ce nouvel échec, ta raison te retenait de te jeter dans ses bras. Tu n’allais pas encore te cacher sous ses jupons, tu étais adulte maintenant.

Adulte…

Tu baissas les yeux, te grattant le cuir chevelu. Il y avait des choses que l’on devait dire, mais que l’on était incapable de le faire. C’était l’un de ses moments Milo. Tu avais été trop dur avec elle, mais à chaque fois que tu la voyais, tu avais cette rage qui revenait. Parce qu’elle était la sorcière qui avait volé ta sœur, ou  peut-être pas. C’était bien ça l’ennui, tu lui avais dit que tu ferais un effort, mais tu étais braqué, encore une fois. Tu étais incapable de t’excuser. Parce que maintenant, tu avais cette honte d’avoir été un froussard, tu avais une fierté, même si tu t’enfonçais seul. Il pouvait être piétiné, cet éclat d’orgueil. Face à face, tu continuais à te dissimuler. Tu continuais à te mentir à toi-même. Pour ne pas dire que tu voulais encore celle d’avant. Tu dévias le regard murmurant :

« L’éducateur m’a juste retenu, ce n’est rien. Rien du tout. Alors ne t’inquiète pas, si tu le peux encore. »

Et pourtant, tu voulais changer, tu voulais cesser de souhaiter ce passé. Vous ne pouviez plus être heureux, vous étiez brisé à jamais. Perdre tout espoir était tellement moins douloureux.  Mais tu étais incapable de la chasser totalement, parce qu’elle serait toujours une partie de toi. Tu pus enfin défier son regard. Ta détermination a toujours était fragile. Tu lui montras la porte à côté, celle où elle aurait dû se trouver. Sans un sourire, tu la guidas

«  C’est là où tu dois aller… A moins que tu voulais quelque chose ? »


Hésitations et expectations. Au fond tu avais espéré qu’elle était venue pour toi, dans ta folie, à cause de ta faille. Par que même si en rêve elle te faisait peur, tu lui aurais pris la main sans aucun regret.

Si c’était pour retourner en arrière et redevenir des enfants naïfs tu le ferais. Pour que cette peur arrête de te ronger ton âme. Car le logo féminin te mettait mal à l’aise, avec les pointes de la jupe.


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MessageSujet: Re: Oh simple thing, where have you gone ? ▬ Milo ▬   Lun 23 Juin - 13:30
Oh simple thing, where have you gone ?

« Et entendre ton rire s'envoler aussi haut
Que s'envolent les cris des oiseaux
Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie
Et l'aimer même si le temps est assassin
Et emporte avec lui les rires des enfants
Et les mistrals gagnants
Et les mistrals gagnants...  » ▬ Renaud

Savait-elle que par ses sentiments protecteurs, tu étouffais Milo ? Rien que cette voix soit disant inquiète te donnait envie de la blesser. Cette attention t’enrageait, cet amour filial de noyait. Quoi qu’elle puisse te dire, tu savais que c’était un mensonge. Elle ne s’inquiète pas toi, mais pour  le garçon qu’elle avait  caché les yeux, elle ne courrait qu’après une chimère qui n’était plus depuis des années. De toute façon, elle avait voulu être aveugle avec ces substances qui avaient remplacé son sang. Croyait-elle que c’était facile d’oublier ? Croyait-elle que c’était en s’inquiétant qu’on sauvait notre âme ? Stupide, affligeante, hilarante, c’était ce jugement dur que tu lui donnais, pour une simple phrase. Tu n’aurais pas dû lui demander, tu aurais préféré rester dans ton trou. Dans ce regard bleu, tu y jetais ta rage, tu y jetais aussi ton désespoir. Pour toi aussi il y avait des choses irréalisables.

Parce que tu avais voulu qu’elle soit là, malgré toutes les horreurs que tu pouvais penser. Mais tu te sentais tellement mal à l’aise en sa présence. Quelque fois, tu aurais aimé être une femme, si cela t’aurais permis de la garder auprès de toi. Avec des cheveux longs, une jupe, on te pardonnerait plus facilement cette faiblesse, aussi on t’excuserait d’être cachotier. Tu aurais pu tout aussi bien pleurer dans ses bras, sans aucun jugement. Les femmes étaient plus libres de ce côté-là, plus résistantes aussi. Tu ne savais pas d’où te venait cette idée, peut-être des brides de votre enfance commune. Parce que Lily, elle avait toujours caché sa tristesse avant ça, tu t’en étais rendue compte plus tard quand tu avais commencé à la fuir. Et puis, elle avait de quoi être traumatisée, elle n’avait pas pu se cacher les yeux elle. Toi un ridicule petit couteau t’avais cassé.

Au final tu ne savais pas qui était le plus risible de vous deux.

Alors, quand elle te demanda de passer le reste de la journée avec elle, tu restais sur tes gardes. Parce qu’au début, tu croyais que c’était une plaisanterie. Aller se promener avec elle, parler de tout et de rien, apaiser ce froid… Elle croyait qu’en récitant une formule magique tout se réglerait d’un coup de baguette magique ? Même si en réalité, tu mourrais d’envie d’aller avec elle, une crainte te retenait. Peut-être parce que tu angoissais  que cela se finisse mal, que vous vous embrouiller davantage le fil rouge du destin. Pouvait-il se briser ? C’était peut-être ce qui te faisait le plus peur Milo. Même si tu avais tout fait pour l’oublier, tes pensées s’étaient toujours retournées vers elle, comme une malédiction.

Et puis elle avait baissé la tête comme si tu allais lui donner un coup létal.

Tu la regardais, sans trop savoir ce que tu étais censé faire. Peut-être que c’était ses vrais sentiments, qu’elle désirait vraiment de connaître. Quelque part, tu te sentais incapable de répondre à ce vœu, parce que tu n’arrivais pas à t’affronter toi-même, toi et tes craintes. Mais même comme ça, elle te paraissait toujours grande Milo. Tu soupiras, reboutonnant ta chemise et remettant ton col au coin arrondis. Un seul mot traversa tes lèvres.

Un unique effort.

« Jouable »


Avant que tu ne puisses ressentir la honte de cet accord, tu lui saisis sa main et votre périple commença. La destination n’avait aucune importance, il fallait juste avancer tant que l’on en était capable c’était un chemin vers une renaissance. Ce geste qui avait été si naturel autrefois était maintenant gênant, le flot de paroles d’antan avait été asséché. Dans ce couloir imposant, tu avançais, sans un regard en arrière. Un pas mécanique, une attitude mécanique, mais  une tête dans une anarchie totale. Parce que tu ne te savais pas capable de cela, du moins pas maintenant Milo. Tu croyais que grandir, c’était fuir le passé, le ranger dans une petite boîte et l’enterrer le plus profondément possible pour ne plus jamais le voir. Mais finalement, peut-être qu’il s’était trompé.

Etre adulte, c’était peut-être vivre avec ce passé malgré tout.

Il était peut-être tant d’enterrer la hache de guerre. Même si la peur était là, même tu n’étais assuré dans la démarche à suivre, cet inconnu avait au moins la force de te changer un peu. Alors tant que tu étais dans ta lancée, tu articulas ces mots si durs à prononcer

« Désolé, Lily. »

D’avoir été froid avec toi, de t’avoir fuie pendant des années, de t’avoir reniée, piétinée. D’avoir dit que j’allais bien alors que ce n’était pas le cas. Mais surtout, d’avoir crû que ce passé n’était qu’une plaie.

Parce que même dans le pire moment de notre enfance, tu avais été là


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MessageSujet: Re: Oh simple thing, where have you gone ? ▬ Milo ▬   Mar 19 Aoû - 8:59
Oh simple thing, where have you gone ?


« Et entendre ton rire s'envoler aussi haut
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Et les mistrals gagnants...  » ▬ Renaud

Elle avait failli trébucher, et tu empêchas sa chute. La vie c’était un peu ça aussi. Une suite de pierre qui tentait de nous faire tomber. Vous vous étiez écorché les genoux, vous aviez tenté d’avancer avec vos jambes infirmes, mais comment escalader une montagne de cette manière ? Alors vous vous tiriez mutuellement, comme vous vous poussiez par désespoir de rester sur place. Vous aviez toujours été comme ça depuis votre drame.  Toi, tu n’avais jamais cru à une trêve avec elle, parce que tu n’arrivais pas à la pardonner, parce que tu voulais simplement l’effacer, en espérant que tes peurs s’en iront avec elle. Mais la vie ce n’était pas ça, rien ne pouvait disparaître, même l’oubli n’était que provisoire. Tu t’en étais rendu compte qu’elle s’excusa à son tour. Alors tu avais baissé la tête Milo.

Parce que cela te donnait envie de pleurer.

Parce que tu te rappelais qu’avant aussi, elle s’excusait. Mais à ta place. Quand tu avais peur, tu te cachais toujours vers elle, parce qu’elle arrivait toujours à te sauver. Combien de fois avait-elle dû justifier ta couardise ? Combien de fois s’était-elle excusée d’un faux sourire pour que tu ne manques de rien. Il faudrait des millions de vies pour la remercier, des millions de vie aussi pour se venger de cette solitude que tu avais subie par sa faute. Parce que tu voulais devenir adulte, mais elle ne t’avait jamais donné les outils pour grandir non plus, à trop te ménager.  Tu aurais voulu qu’elle te lâche la main, comme elle te le demandait au même moment que cette pensée. Tu obtempéras sans aucune discussion, continuant ta route sans un regard de ta part.

Oui, tu aurais voulu ne pas avoir cette fée qui t’avais couvé toute ton enfance. Peut-être qu’alors tu ne serais pas si pitoyable, peut-être que tu n’aurais pas eu si peur. Peut-être même que tu aurais pu te soigner seul. Mais ce n’était pas le cas, tu étais comme dans une coquille, à ne pas vouloir voir le monde extérieur. Même les efforts de ta sœur te semblaient stériles. Cela ne t’atteignait pas, tu  n’arrivais ni à t’en réjouir, ni à rire de cette action inutile. Cela t’avançait à quoi de le savoir ? Cela ne te rendait pas ces années où elle était autre part, ces années de faiblesse. Une semaine, cela te semblait si court, si risible. Tu avais passé des années à dire que tu n’avais pas peur avant de chuter comme une pierre au fond d’un puit.

Pourquoi tes yeux s’étaient assombris quand elle parlait de cette croisière ? Peut-être parce que tu voulais oublier ton manque d’attention et ton égocentrisme d’enfant. Parce qu’après coup tu avais vu à quel point elle avait souffert. Quel genre de frère étais-tu à l’époque pour te complaire alors que ton héroïne était mal au point ?  Tu restas silencieux à sa requête, les yeux perdus sur ses bâtiments ternes. Pourtant, il fallait faire un nouveau pas, un autre pour tenter de ne pas gâcher ce que tu commençais à entreprendre. Pour une fois.

« Je ne sais plus comment sourire, alors je ne souriais plus comme à cette époque. Je ne sais pas ce que tu cherches à me rappeler cette foutue croisière. Tu cherches à m’enfoncer ? Si c’est le cas, tu as réussi. »


Toujours froid, toujours sur la défensive. Il te semblait compliqué de lui parler sans cette tension. Ce n’était pas ce que tu voulais, c’était ce que tu désirais. Difficile de te décider. Tu étais devenu tellement méfiant, tellement austère, cela pesait sur ceux qui t’entouraient, sur toi-même aussi. Depuis quand n’avais-tu pas ri ? Tu n’arrivais même pas à te remémorer un moment d’amusement avec exactitude. Pourtant, tu voulais faire un effort, tenté de percer cette carapace qui t’empêchait de souffrir, mais de vivre aussi.  Tu t’étais tourné vers ton aîné, la scrutant de tes pupilles sylvestres. Vivre, c’était aussi l’affronter, c’était aussi accepter qu’elle était là.

« … Toutefois, je voudrais sourire de nouveau. Je le désire terriblement. Toi, tu as eu de la chance, même si tu te shootais comme une junkie, t’arrivais à atteindre un état de béatitude. Même si c’était factice, ça l’était quand même…  Je crois que je n’ai plus souri depuis… CE moment. Je m’étais que ce n’est pas grave, mais en fait ça l’était en réalité. C’était la preuve que j’étais déjà à moitié mort.

Alors je ne veux pas me rappeler de ses moment dits ‘’joyeux’’ avant d’en avoir de nouveaux à partager. Cela ne sert qu’à se faire du mal. Alors Lily, si tu es fière d’avoir tenu une semaine, alors je ne t’en empêche pas. Tu as tes propres combats et j’ai les miens. Mais juste savoir que tu fais des efforts est… Rassurant ? »


Tu n’en étais pas sûr à vrai dire. Ce n’était pas vraiment de la joie, ni de l’agacement. Disons qu’elle tentait de prouver qu’elle avançait, et elle incitait indirectement à faire de même. Avant d’être la sorcière, elle avait été ton modèle Milo. Tu levas les yeux au ciel, comme pour oublier qu’ils étaient dans cette institut.

Alors oui, quelque part lui parler te faisait du bien. Elle te forçait à mettre des mots sur tes échecs, à revivre ces moments de douleur. Mais pas pour t’enliser non, mais pour enfin tenter de passer à autre chose.
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