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Harmless [Gabriel]

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Localisation : Là où je devrais pas

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ÂGE : 17 ans
PROBLÈME : Chromatophobie (peur du blanc)
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MessageSujet: Harmless [Gabriel]   Sam 5 Aoû - 17:50


HARMLESS




L'infirmière examinait prudemment Karine, tout en observant du coin de l'œil sa camarade, qui était visiblement tout aussi contente qu'elle d'être là. Elle aurait bien employé le terme d'amie plus tôt, en les voyant lui faire face ensemble dans les couloirs, mais à voir à quel point elle avait dû la pousser pour qu'elle daigne ne pas l'abandonner dans cet état... Elle en doutait sérieusement, maintenant. Et dire qu'elle avait été prête à couvrir leur petite histoire, par volonté de ne pas aggraver leurs problèmes... Enfin, elle n'était plus trop d'humeur, et la bonne volonté s'évaporait vite au beau milieu de la nuit, visiblement.

Songeant que de toute manière elle allait sûrement déguerpir et retourner se coucher maintenant qu'elle la laissait partir, l'infirmière se reconcentra sur sa patiente, avec un soupir. A part quelques bleus, rien de grave. Son état était stable et tout ce qu'il y avait de plus normal, si on négligeait la bouillie de nourriture qui la couvrait par endroits. En revanche, son état moral l'inquiétait tout particulièrement, et participait très certainement à sa mauvaise humeur. Peu importe ce qu'elle avait fait pour se mettre dans un état pareil, le constat était clair, et alarmant. Elle avait encore maigri, et ses malaises devenaient même plus fréquents qu'à l'époque de son arrivée. Mais plus que tout, ça faisait plusieurs semaines qu'elle n'avait pas vu la moindre trace de peinture sur elle, que ce soit sur ses vêtements ou ses cheveux. Et ça l'inquiétait plus qu'elle ne voulait bien l'admettre.

Ne laissant rien paraître de ses préoccupations, elle entreprit de la nettoyer un peu avec une serviette, et sursauta presque en se trouvant nez à nez avec la jeune fille. Elle fronça les sourcils en réalisant qu'elle s'était assise au chevet de Karine, mais ne fit pas le moindre commentaire, se contentant de l'ignorer et de continuer à s'occuper de cette dernière.

Mais son attitude l'intriguait, et très vite, elle céda à la tentation.

Tu sais, ce n'est pas si grave, ce qui s'est passé. Je pourrais essayer de vous défendre, si vous m'expliquez un peu comment vous en êtes arrivées là.

Elle dévisageait un peu la jeune fille aux cheveux pour le moins originaux, sincèrement curieuse. Elle regrettait un peu d'avoir mal pris son insolence, il fallait le reconnaître. La juger ainsi sans même connaître les détails de son trouble ne lui ressemblait pas. Encore une chose à mettre sur le compte de son manque de sommeil, probablement. Mais elle espérait qu'au moins, sa bonne foi suffirait à regagner un peu la confiance de la jeune fille. Se disant qu'il ne fallait pas la brusquer non plus, elle retourna chercher une autre serviette pour s'occuper de Karine, et continua de la nettoyer.

Une fois sûre que le plus gros de la nourriture était enlevé, elle se retourna vers la jeune fille et sourit.

Entre nous, je suis contente de voir que Karine s'est fait des amies. Je la suis depuis son arrivée, et je m'inquiétais de la voir si souvent seule.

Elle lâcha malgré tout un léger soupir en allant ranger la serviette sale, trahissant sa fatigue. La nuit risquait d'être longue pour elle, désormais. Elle devait surveiller Karine, et l'adolescente pouvait aussi bien se réveiller dans la minute que le lendemain matin. Heureusement qu'elle avait de l'affection pour elle, ou plutôt malheureusement, puisqu'elle aurait certainement eu moins de scrupules à l'abandonner là. Prenant sur elle, elle commença à s'installer, et à se préparer un café pour tenir le temps qu'il faudrait. Elle hésitait à proposer une boisson chaude à la camarade de Karine, quand elle remarqua que cette dernière s'agitait très légèrement dans son sommeil. C'était presque imperceptible, puisque seuls ses poings s'étaient serrés, et ses paupières bougeaient à peine. La jeune fille ne l'avait peut être pas encore remarqué.

Elle cessa immédiatement tout ce qu'elle était en train de faire, et se dirigea à grands pas vers la porte pour la fermer à clé... avant de réaliser que la dite clé était absente. Elle sentit un peu de panique l'envahir. Elle n'avait plus le temps de la chercher. Ce n'était qu'une question de minutes avant que Karine ne se réveille. Puis elle se souvint qu'elle n'était pas seule, et son regard se posa sur la jeune fille toujours au chevet de Karine. Elle lui adressa un regard sérieux et professionnel, qui masquait assez bien le stress de la situation.

J'ai besoin que tu gardes la porte, maintenant. Karine va se réveiller, et essayer de sortir. Si elle atteint la porte, il faut l'empêcher de passer, à tout prix, compris?

Elle essayait de faire appel à toute son autorité, et à toute son expérience pour la convaincre à cet instant. Et il était plutôt difficile de faire mieux, à ce niveau là. Puis elle se souvint que la jeune fille n'était visiblement pas très amie avec l'autorité de manière générale, et son ton se radoucit un peu pour laisser paraître ses véritables sentiments, et notamment son inquiétude.

Ecoute, si tu veux aider Karine, c'est la meilleure chose à faire. Fais moi confiance.

Puis devinant qu'elle n'avait pas beaucoup plus de temps devant elle pour la convaincre, elle se posta au chevet de Karine, en priant pour que son amie tienne assez à elle, et lui fasse assez confiance pour lui avoir obéi.

**********************************************

Karine se réveilla en sursaut, et il lui fallut quelques secondes pour comprendre où elle se trouvait. Un brancard. Elle se trouvait à l'infirmerie. Et elle avait fait un malaise. Elle commençait à se souvenir maintenant. Mais au fur et à mesure que ses souvenirs lui revenaient, ses sens aussi, et elle commençait à comprendre pourquoi elle s'était évanouie. Un sentiment de profond malaise engourdissait tous ses membres, et elle n'avait qu'une envie, partir, très loin, le plus loin possible. Plus qu'une envie, un besoin même. Elle devait partir. Maintenant. Mais alors qu'elle essayait de se relever, une main l'en empêcha, bloquant fermement son épaule contre le dossier du brancard.

Karine, calme toi, tout va bien. Tu as fait un malaise. Je t'ai amenée à l'infirmerie, avec ton amie. N'essaie pas de te lever, tu dois reprendre des forces.

L'infirmière, évidemment. En temps normal, elle aurait été presque rassurée par la présence de celle qui était devenue son seul allié dans l'établissement, et avait plaidé en sa faveur plus d'une fois alors qu'elle risquait d'être renvoyée. Mais cette fois, elle sentait son corps trembler au contact de la main de l'infirmière sur son épaule. Elle devinait que c'était l'adrénaline générée par une de ses crises, mais si l'infirmière s'en rendait compte, elle la retiendrait ici, et l'empêcherait de partir. Et elle ne pouvait pas le supporter.

Alors que l'infirmière lui jetait un regard suspicieux, ayant remarqué sa réaction, Karine se dégagea brusquement, et se laissa tomber au sol de l'autre côté du brancard. Elle se releva rapidement en s'appuyant dessus, tout en s'assurant d'être hors de portée de l'infirmière, et écarta les bras bien tendus, esquissant un sourire qu'elle voulait confiant, malgré sa pâleur. Mais son ton excessivement enjoué trahissait son malaise.

Mais non, vous voyez bien! Je vais bien! Je vais tranquillement retourner à ma chambre et...

Karine, n'y pensez même pas! Vous n'êtes pas en état et...

Mais si, et puis je vais me reposer, dans ma chambre!

L'infirmière, visiblement contrariée et agacée, tentait de faire le tour du brancard pour l'atteindre, mais Karine s'arrangeait pour lui échapper, tournant en même temps qu'elle, aussi vite qu'elle le pouvait, en titubant encore un peu. Elle sentait l'infirmière commencer à perdre patience, et courir presque autour du brancard pour l'attraper, mais au fur et à mesure qu'elle reprenait de l'assurance, elle allait elle aussi plus vite, et elle avait pour elle d'être plus petite, plus agile, et de ne pas porter une blouse encombrante. Elle s'offrait même le luxe de feinter la jeune femme, qui devait sûrement commencer à envisager d'envoyer voler le brancard pour mettre fin à cette scène humiliante et ridicule. Mais ne pouvant sûrement pas prendre le risque de la blesser en le faisant, elle finit par s'arrêter, entre Karine et la porte, et lâcher, légèrement essouflée:

Karine, ça suffit! Tu m'inquiètes!

C'est ridicule, je vais...

Oh, arrête! Je vois bien que tu as encore perdu du poids!

Karine se figea net, et pendant quelques secondes, le mélange de peur et de douleur qu'elle ressentait devint visible sur son visage. Elle déglutit pour s'efforcer de faire disparaître la grimace douloureuse de son visage, et les larmes de ses yeux, puis détourna le regard, gardant malgré tout l'infirmière dans son champ de vision. Elle ne prenait même pas la peine de répondre, et de toute manière, qu'aurait elle pu répondre? Depuis l'appel de son père, elle ne faisait que courir, et sauter les repas, et ses malaises étaient devenus quotidiens. Et le pire, c'est que maintenant, elle savait pourquoi.

Alors que l'infirmière, un peu inquiète, faisant le tour un peu plus lentement pour essayer de l'approcher, elle vit une opportunité, et sa réaction fut immédiate. Elle s'élança d'un seul bloc, franchissant les quelques mètres qui la séparaient de la sortie, mais elle dut freiner précipitamment, en réalisant que la porte n'était pas le seul obstacle la séparant de la sortie. Elle s'arrêta à une dizaine de centimètres de Gabriel, réalisant à peine dans son cerveau embrumé par une douleur sourde qu'elle avait été présente depuis le début.

Son regard se durcit un peu en voyant qu'elle ne bougeait pas, et lui barrait volontairement la route, et la peur panique et le besoin de s'enfuir se muèrent en une colère presque hystérique. Elle était raide et tendue, alors que d'ordinaire elle était toujours calme et détendue, maître de la situation, et ses poings étaient serrés nerveusement. Mais elle en avait à peine conscience, et ne se souciait plus de l'image qu'elle donnait à cet instant. Elle commençait à étouffer dans l'atmosphère oppressante de la pièce, et sentait son malaise s'accentuer jusqu'à en devenir physiquement douloureux. Elle devait sortir à tout prix, avant que l'infirmière ne la rattrape.

Laisse moi passer! M'oblige pas à te frapper, parce que je le ferai!

Non, si on la laisse s'enfuir, elle se blessera à coup sûr! Ne la laissez surtout pas passer! Et elle ne vous frappera pas, j'en suis sûre! Vous êtes amies.

L'infirmière s'était arrêtée à mi-chemin, visiblement à bout de forces. Son manque de sommeil habituel à peine compensé par le café, renforcé par le réveil brutal au beau milieu de la nuit, et par la course poursuite, dépassaient ses capacités. Ou s'était elle vraiment arrêtée parce qu'elle pensait qu'elle n'irait pas jusque là? Karine s'était en tout cas tendue à l'extrême en l'entendant, mais ses réflexions désintéressées n'arrivaient pas à couvrir sa dernière phrase, repassant en boucle dans son esprit. "Vous êtes amies". Amies. Non. Elle ne voulait pas. C'était hors de question.

Alors qu'elle se retournait vers Gabriel, elle fut encore plus désemparée de voir qu'elle n'avait pas bougé, et semblait écouter l'infirmière. Elle sentit malgré elle les larmes commencer à couler sur ses joues sans qu'elle ne puisse les retenir, et la douleur se concentrer dans sa poitrine. Elle suffoquait presque à cet instant, et sentait sa respiration devenir plus irrégulière. Ses forces et sa volonté l'abandonnant, elle se laissa tomber à genoux juste devant Gabriel, manquant de déchirer le t-shirt de son pyjama en s'y agrippant sans même s'en rendre compte. Sa voix fut à peine un murmure, lorsqu'elle parvint à prononcer quelques mots.

Je t'en supplie... Laisse moi partir... J'y arriverai pas...

Elle ne réalisait même pas qu'en s'accrochant de la sorte à Gabriel, elle l'empêchait purement et simplement de se déplacer comme elle le lui demandait, ou que l'infirmière s'était rapprochée doucement, sincèrement inquiète et soulagée. Mais peut être qu'inconsciemment, c'était ce qu'elle voulait. Peut être qu'elle voulait que l'infirmière la rattrape. Peut être qu'elle voulait que Gabriel la retienne, et soit son amie. Et pourtant. Elle ne pouvait pas le supporter.
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