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TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]

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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Sam 26 Oct - 16:58


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones





Le sourire de Karine s'étira légèrement lorsqu'elle vit Gabriel écarquiller les yeux, fascinée par le dessin qu'elle venait de réaliser. Même si elle était assez secrète, elle avait toujours adoré les réactions de stupéfaction que provoquait son habileté. Pouvait-on parler de talent? Hum, peut-être bien. Après, évidemment, comme tout art, cela dépendait des goûts de chacun. Mais il fallait reconnaître qu'elle savait ce qu'elle faisait, et qu'elle était aussi efficace qu'un appareil photo. Sauf qu'elle pouvait mettre en valeur ce qu'elle voulait, elle.

"Pfff ! Nan mais regarde-moi ça ! Ça devrait être interdit de dessiner comme ça ! Sérieusement, t’as carrément fait les plus petits détails quoi !

- Il paraît que c'est interdit, ouais. Enfin, c'est ce qu'ils me disaient dans mon lycée quand ils me prenaient à dessiner sur les tables. Ou quand les profs remarquaient que j'avais figé dans le temps leurs petits tics dont ils n'ont pas toujours conscience."


Elle avait prit un air faussement innocent en déclarant ça, un peu à la manière d'un petit enfant qui faisait une confession. Elle prenait beaucoup de plaisir à prendre de fausses expressions comme celles-ci, en particulier pour duper le personnel un peu trop naïf. Elle sourit ironiquement pour faire comprendre à Gabriel qu'elle plaisantait, et ne pensait pas réellement qu'il était interdit de dessiner tout court. Celle-ci avait l'air encore plus impressionnée que quand elle lui avait tendu le premier dessin. Il fallait dire que comme elle l'avait si bien dit, pas un seul détail ne lui avait échappé. En fait, c'était comme une photo, en mieux. Puis tout à coup, elle fit un grand sourire à Karine, et après avoir posé son dessin sur un lit, elle étira ses mains vers l'extérieur.

"Karine, record du monde de vitesse pour faire un beau dessin. Alors, ça arrache ou pas ?"

Karine sourit à son tour face au clin d'œil de Gabriel. C'est vrai que si ce record du monde existait, elle l'avait certainement battu au moins un millier de fois. Mais en fouillant sa mémoire, ce n'était pas le seul record dont elle avait été affublée, ou qu'elle s'était accordé dans diverses situations.

"C'est clair que c'est la classe. Je vais l'ajouter à ma liste."

Elle se tut quelques secondes, comme pour laisser à Gabriel le temps de se demander quels autres records elle pouvait bien avoir, et d'être intriguée par sa remarque, puis s'asseyant sur la table, elle commença à faire une liste sur son carnet de tous ses titres plus ou moins glorieux, en les déclamant à voix haute d'un ton chargé d'ironie et de sous-entendus.

"Alors, donc, nous avons...
Le record du monde de 20 successifs en sport.
Un peu moins glorieux, le record du monde de moyenne pourrie de toute ma région, c'est-à-dire entre 0 et 1, grâce à mes notes de sport.
Ensuite... Ah, oui, le record du monde de débilité profonde, décerné à l'unanimité par les élèves de ma classe.
Je crois que j'ai aussi un truc du genre le record de punitions cumulées sur une scolarité. Il faut dire que je crois que je suis collée d'avance tous les mercredis après-midi jusqu'à ce que je quitte le lycée, sans parler des petits extras du genre nettoyage de tables, des locaux et j'en passe...
Oh, mon préféré: à force de faire péter les plombs de mes profs, je me suis auto-décerné le record du monde de manipulation des adultes. Si tu savais tout ce que je leur ai fait pour me venger des punitions. Juste excellent."


Elle se tut, à court d'idées. Il y avait bien le record du monde de cassage de nez en une semaine qui lui venait à l'esprit, mais au fond, elle n'avait plus envie de rire, tout à coup. Elle réalisait que tous ces petits records avaient été en grande partie en rapport avec sa scolarité. N'y en avait-il donc aucun pour sa passion, ce temps passé chez elle, tranquille? Sa vie se résumait-elle donc à ce temps passé en cours à supporter les profs, en récréation à supporter les élèves et en colle à supporter l'ennui et les punitions? Elle ne s'était jamais décerné quelque prix que ce soit pour ce qu'elle savait faire, et pourtant, la liste n'était pas courte, loin de là. Après tout, elle s'était toujours débrouillée toute seule ou presque.

Mais le sourire lui revint en songeant à un événement qui pourrait peut-être intéresser Gabriel.

"Je pense que cette liste est déjà pas mal, même si elle ne s'arrête pas là, loin de là. Par contre, tu sais, j'ai déjà gagné un prix, une fois. Des débiles m'ont défiée de participer à un concours de 4h de peinture, à l'issue de laquelle le jury devait déterminer qui avait gagné après avoir observé les participants à l'œuvre et le résultat. Le sujet, c'était, si je me souviens bien... "Dessinez votre plus beau rêve". "

Elle s'interrompit, un léger sourire aux lèvres. Elle se souvenait très bien de ce concours, au fond. Elle s'y était beaucoup amusée. C'était en plein air, dans un parc de sa ville.

"J'ai fait une petite sieste pendant 3h50, et puis pendant les 10 dernières minutes, alors que presque tout le monde avait fini, j'ai peint un tableau. Je suis allée tellement vite que je crois que certains se sont mis à me filmer tellement ils étaient époustouflés. Et du coup, vu que le résultat dépassait de loin tous les autres, ils m'ont remis le premier prix. C'était très amusant de voir les participants devenir blancs comme des linges, après qu'ils aient passé l'après-midi à se moquer de moi."

Elle se tut. Ce qui lui avait surtout plu, il fallait le reconnaître, c'est que la plupart des participants étant des élèves de sa classe, elle avait pu se venger de tous les sales petits coups qu'ils lui avaient fait dans l'année. Ca devait être la seule raison pour laquelle elle avait participé à ce concours. Remarque, Maria, son ex meilleure amie y était peut-être aussi pour quelque chose. C'était elle qui l'avait provoquée. Et du coup, elle avait peint le premier tableau que celle-ci lui avait fait réalisé, en beaucoup plus élaboré bien sûr, et en beaucoup plus réussi. Elle avait bien aimé voir son visage se décomposer quand elle l'avait reconnu et que Karine l'avait défiée du regard. Il y avait des moments, comme ça...

Elle sourit à nouveau à Gabriel, mais cette fois l'air de s'excuser. Elle était bavarde, au fond, c'était plus fort qu'elle. Surtout quand il s'agissait de parler du passé ou de plaisanter. Enfin... Un peu tard maintenant pour y penser.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Sam 26 Oct - 20:17
Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones — avec Karine Arrius
Gabriel venait tout juste de reprendre le dessin qu’elle avait posé sur le lit. Sur le moment, elle avait pas vraiment su quoi en faire, elle avait bien une poche, mais trop petite et elle voulait pas plier l’œuvre d’art de Karine. Ah oui, Gabriel va vénérer Karine et ses dessins maintenant, c’est évident. Une fois qu’elle connaissait quelqu’un qui avait du talent dans un domaine, elle passait son temps à lui demander de faire ce en quoi il était doué.

▬ C'est clair que c'est la classe. Je vais l'ajouter à ma liste.
Alors ça, elles étaient bien d’accord, c’est vraiment un titre qui pue la classe. Là pour le coup, Gabriel est fière d’elle, elle croise les bras et relève le menton. Mais c’est qu’elle se la pète en plus ! Juste après, la deuxième phrase de Karine monte dans le cerveau de Gabriel, elle baisse la tête en regardant Karine, ah parce qu’elle en a d’autres des titres de record comme ça ? Ah non, si elle est douée dans d’autres domaines, ça veut vraiment dire qu’elle sait tout faire, et ça c’est rageant… Et pendant qu’elle regardait Karine en attendant une explication, elle s’était accroupie et avait fait glisser sa main par terre pour voir où elle pouvait s’asseoir. Finalement, elle s’est posée par terre en tailleur et en posant le dessin sur ses chevilles.

▬ Alors, donc, nous avons... Le record du monde de 20 successifs en sport. Un peu moins glorieux, le record du monde de moyenne pourrie de toute ma région, c'est-à-dire entre 0 et 1, grâce à mes notes de sport. Ensuite... Ah, oui, le record du monde de débilité profonde, décerné à l'unanimité par les élèves de ma classe. Je crois que j'ai aussi un truc du genre le record de punitions cumulées sur une scolarité. Il faut dire que je crois que je suis collée d'avance tous les mercredis après-midi jusqu'à ce que je quitte le lycée, sans parler des petits extras du genre nettoyage de tables, des locaux et j'en passe... Oh, mon préféré : à force de faire péter les plombs de mes profs, je me suis auto-décerné le record du monde de manipulation des adultes. Si tu savais tout ce que je leur ai fait pour me venger des punitions. Juste excellent.
Oh, ça va, Gabriel s’attendait à de vrais records mondiaux et tout, sur le moment elle avait un peu flippé quand même. Au début, elle se contentait de pouffer en mettant sa main devant sa bouche, il faut dire qu’elle avait toujours trouvé les adultes idiots, alors elle allait sûrement pas dire le contraire. Mais à chaque truc que Karine énonçait, elle riait un peu plus, surtout le dernier, celui-là, elle l’a trouvé hilarant, alors elle s’est pas retenue. Elle a bien rigolé bruyamment sans essayer d’être discrète, comme si elle faisait exprès pour éventuellement faire chier les gens qui pourraient passer dans le couloir.

▬ Je pense que cette liste est déjà pas mal, même si elle ne s'arrête pas là, loin de là. Par contre, tu sais, j'ai déjà gagné un prix, une fois. Des débiles m'ont défiée de participer à un concours de 4h de peinture, à l'issue de laquelle le jury devait déterminer qui avait gagné après avoir observé les participants à l'œuvre et le résultat. Le sujet, c'était, si je me souviens bien... “Dessinez votre plus beau rêve”.
Gabriel écoutait bien, et si elle avait eu du popcorn, c’aurait été comme au cinéma, là c’était la partie suspense. Elle avait hâte de savoir ce que Karine leur avait fait voir, parce que c’était évident qu’elle avait fait quelque chose de ouf et Gabriel voulait savoir ce que c’était. Alors elle a ouvert grands les yeux en regardant Karine et lui a lancé un regard curieux, elle a hoché la tête très vite mais pas beaucoup pour lui dire de continuer, qu’elle voulait savoir la suite. On aurait dit qu’elle lui racontait une histoire, et c’était comme si elle menaçait Gabriel de ne lui raconter la suite que demain. Ouais, elle avait peur de ça, elle avait trop envie de savoir ce qui s’était passé maintenant.

▬ J'ai fait une petite sieste pendant 3h50, et puis pendant les 10 dernières minutes, alors que presque tout le monde avait fini, j'ai peint un tableau. Je suis allée tellement vite que je crois que certains se sont mis à me filmer tellement ils étaient époustouflés. Et du coup, vu que le résultat dépassait de loin tous les autres, ils m'ont remis le premier prix. C'était très amusant de voir les participants devenir blancs comme des linges, après qu'ils aient passé l'après-midi à se moquer de moi.
Gabriel a d’abord été très surprise, Karine avait quatre heures et elle a dormi pratiquement tout le long ! C’est quand même fou, ça veut dire qu’elle était sûre que quelque chose lui viendrait à la fin et qu’elle était aussi sûre que ce serait quelque chose qui impressionnerait. Mais si elle a toujours été douée comme ça, ce n’est pas vraiment étonnant, cette fille est décidément très intéressante et fascinante. Alors non seulement elle avait le plaisir d’avoir réussi ce concours sans se casser le cul, mais en plus elle avait donné une bonne leçon à tous ces couillons qui croyaient être plus malins qu’elle. Et ça franchement, ça devait être vachement gratifiant. Gabriel se met à sa place, pouvoir faire chier un de ses ennemis ou simplement une personne qu’elle peut pas voir, c’est juste tellement drôle, elle adore ça.

▬ Dis-moi Karine, c’est vrai que c’est très amusant, mais en fait, qu’est-ce que tu avais peint ? Hein, c’est quoi, “ton plus beau rêve” ?
Elle regarda Karine dans les yeux. Avec cette phrase, elle se faisait elle-même penser aux psys qui avaient essayé plus d’une fois d’expliquer son comportement, qui avaient essayé de la raisonner, de lui expliquer. Eux aussi étaient idiots, tiens. Mais à travers sa question, Gabriel cherchait juste à savoir ce que Karine avait dans la tête, et quelle était sa vision du rêve. Parce que chacun imagine et voit à sa façon son plus beau rêve, et c’est aussi ça qui est beau : le fait que chaque rêve soit unique, comme les gens. Et puis, certaines personnes vivent de leur rêve, vivent d’espoir, Gabriel entre-autres d’ailleurs

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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Dim 27 Oct - 5:27


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones




Karine avait souri sensiblement en voyant Gabriel rire de sa liste de pseudos records. A part son père, elle n'avait jamais réussi à faire rire qui que ce soit d'autre. Ah, sauf Maria, mais ça c'était du passé. Il faut dire que ses plaisanteries étaient souvent mal prises par les gens à qui elle avait l'occasion d'en faire. Du coup, elle était de bonne humeur. Et elle fut aussi ravie de voir qu'elle n'ennuyait pas Gabriel en  lui parlant de son passé, au contraire. Elle avait l'air fascinée, un peu comme une enfant à qui on raconte une histoire. Et apparemment, cette histoire avait l'air de l'impressionner encore plus que ses dessins. C'est vrai qu'elle avait joué un sacré tour aux autres participants en leur volant la vedette au dernier moment. Ca avait été volontaire. Parce qu'en commençant alors que tous les autres avaient fini, elle avait attiré toute l'attention des juges, et avait montré qu'elle surpassait de loin tous les autres en vitesse. C'avait été le gros coup de bluff qui avait fait la différence, en plus de son talent.

"Dis-moi Karine, c’est vrai que c’est très amusant, mais en fait, qu’est-ce que tu avais peint? Hein, c’est quoi, “ton plus beau rêve”?"

Karine se figea, le regard plongé dans celui de Gabriel. Le problème est qu'elle n'avait pas vraiment dormi pendant ces 3h50. Elle les avait passées à flemmarder sur un banc, un peu comme ce qu'elle faisait quand Gabriel avait débarqué. Elle avait réfléchi justement à ce que pouvait être son plus beau rêve. Ou plutôt à essayer de se persuader que c'était celui de protéger son père coûte que coûte. Mais elle savait que c'était faux. Parce que si ça avait été réellement le cas, pourquoi tenait-elle à sa passion au point de préférer vendre ses œuvres plutôt que de chercher un "vrai" travail? La réponse avait été devant ses yeux, tout le long du concours, en train d'encourager son petit ami à qui elle avait lui aussi appris à peindre: Maria.

C'était sa seule et unique amie avant qu'elle ne la rejette du jour au lendemain. C'était elle qui lui avait appris à peindre et à dessiner. Bien sûr, elle s'était contentée de lui donner les bases, mais pour Karine, c'était toute sa vie, ces quelques notions. Même après toutes ces années, elle continuait d'appliquer ses conseils. Son plus beau rêve, c'aurait été que Maria réalise que ses nouveaux amis n'en étaient pas, et qu'au moindre problème la seule qui serait là pour elle, c'était elle. Qu'elle revienne vers elle, et que tout redevienne comme avant.

Karine se passa la main dans les cheveux, un peu gênée.

"En fait, quand j'étais petite, j'avais une meilleure amie, qui m'a laissée tomber un jour. J'imagine que c'était parce qu'elle ne supportait plus que les autres nous insultent à cause de notre originalité, alors elle a préféré se fondre dans la masse. Enfin, bref. C'est elle qui m'a appris la peinture et le dessin. Juste les bases, mais quand même. Et au fond, mon plus grand rêve, ce serait qu'elle redevienne mon amie. Même après tout ce qu'elle a pu me faire, c'est tout ce que je souhaite."

Elle s'interrompit quelques secondes, détournant le regard. Si Maria revenait vers elle en s'excusant, pourrait-elle vraiment la pardonner? Après qu'elle se soit liguée aux autres contre elle, quand ils avaient essayé de la faire exclure définitivement, quand ils l'avaient passée à tabac? Elle se souvenait même d'une fois où elle les avait tous surpris en train d'essayer de crocheter la serrure de son appartement. Ce jour-là, en l'apercevant, ils avaient déguerpi avant de pouvoir entrer, mais une fois ils avaient réussi à le saccager un mercredi après-midi. Et pourtant... Même si elle savait qu'elle y avait participé, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir croire qu'elle avait juste été entraînée par la foule, qu'elle ne l'avait pas voulu... Elle releva les yeux vers Gabriel, puis déclara:

"Elle était là le jour du concours. C'était elle qui m'avait mise au défi de venir. Alors j'ai peint le premier tableau que j'ai peint. A l'époque, elle m'avait aidée à le réaliser. C'était une sorte de test guidé, pour voir si ça me plaisait ou pas. Ce jour, on s'était promis qu'on ne renoncerait jamais à exercer nos passions au grand jour, sans craindre le regard des autres. Parce qu'elle jouait de la musique, elle, et drôlement bien. Mais je crois qu'elle a arrêté le chant une année parce que quelqu'un s'était moqué d'elle. Alors j'ai refait ce tableau, en le perfectionnant, à tel point qu'il en était superbe. Quand je l'ai fini, j'ai reculé de quelques pas, à tel point je m'étais surprise moi-même. Je l'ai regardé, et j'ai compris qu'elle l'avait reconnu."

Karine prit une nouvelle feuille dans son carnet, et commença à griffonner dessus avec ses crayons de couleur. Elle se stoppa au bout d'une demi minute, puis tendit le résultat à Gabriel. Le dessin était encore une fois très bien fait. Il représentait un sentier bordé de forêt, qui menait à un lac qu'on apercevait au loin. Au dessus de ce lac semblait flotter dans les airs un morceau de roche flottante, dont s'écoulait de l'eau, formant une cascade au centre du lac. Les détails et le réalisme étaient frappants, tout comme le côté surréaliste qu'apportait l'espèce d'île flottante.

"Si je me souviens bien, ça ressemblait à peu près à ça..."

Elle se souvenait précisément de comment et pourquoi elles avaient peint une chose pareille. Maria avait voulu lui apprendre à dessiner une forêt et un lac, vu que d'après elle, c'était le plus sympa et le plus simple à faire. Et Karine avait voulu rajouter l'île flottante, juste pour le côté original et unique du tableau. Elles avaient toujours été un peu opposées, mais du coup, elles se complétaient et réalisaient des choses extraordinaires ensemble. Elle sourit en jetant un regard à Gabriel. Ca devait être beaucoup plus beau que l'original, son tout premier. Elle l'avait gardé dans son appartement, et de temps en temps elle grimaçait en le voyant accroché au dessus de son lit. Mais en même temps, pour rien au monde elle ne l'aurait retiré. Il y a des choses qui ne doivent jamais être oubliées...
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Dim 27 Oct - 12:18
Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones — avec Karine Arrius
Gabriel est quand même bien curieuse de savoir quel est le plus grand rêve de Karine. Parce que cette fille est bien gentille, ça c’est sûr, mais elle a l’air vachement tourmentée, ça explique peut-être le fait qu’elle semble si renfermée sur elle-même quand on la voit. Gabriel était un peu comme ça avant, sauf que contrairement à Karine, elle était plus le genre hyper timide qui devient rouge comme une tomate dès qu’elle ouvre la bouche. C’était vraiment une période maudite, elle n’arrive toujours pas à croire qu’elle était coincée à ce point. Au moins maintenant, le balai qu’elle avait dans le cul, elle l’a viré depuis longtemps et puis franchement, c’est bien mieux comme ça !

▬ En fait, quand j'étais petite, j'avais une meilleure amie, qui m'a laissée tomber un jour. J'imagine que c'était parce qu'elle ne supportait plus que les autres nous insultent à cause de notre originalité, alors elle a préféré se fondre dans la masse. Enfin, bref. C'est elle qui m'a appris la peinture et le dessin. Juste les bases, mais quand même. Et au fond, mon plus grand rêve, ce serait qu'elle redevienne mon amie. Même après tout ce qu'elle a pu me faire, c'est tout ce que je souhaite.
Quoi ? Quelle histoire, si Gabriel s'attendait à ça, voilà une autre explication. Elle aussi a été abandonnée alors... Gabriel avait baissé la tête, bizarrement, à chaque fois qu’elle pense au passé, elle baisse la tête, c’est peut-être pour l’aider à mieux se souvenir. Ou c’est juste un réflexe débile, au choix. Gabriel aussi avait perdu sa meilleure amie. Non, pas sa meilleure amie, son tout. Quand elle est partie, c’est comme si son monde s’était écroulé, elle avait tout perdu. Elle se souvient de ces semaines passées à déprimer, enfermée dans sa chambre, emmitouflée dans son lit. Elle refusait de voir qui que ce soit, elle voulait juste la voir, elle. C’était elle qui lui manquait vraiment, elle se fichait de voir sa famille défiler pour savoir comment elle allait, elle se fichait de tous ceux qui disaient être ses amis mais qui ne venaient la voir que pour avoir de nouveaux ragots et alimenter les rumeurs déjà existantes.

▬ Elle était là le jour du concours. C'était elle qui m'avait mise au défi de venir. Alors j'ai peint le premier tableau que j'ai peint. A l'époque, elle m'avait aidée à le réaliser. C'était une sorte de test guidé, pour voir si ça me plaisait ou pas. Ce jour, on s'était promis qu'on ne renoncerait jamais à exercer nos passions au grand jour, sans craindre le regard des autres. Parce qu'elle jouait de la musique, elle, et drôlement bien. Mais je crois qu'elle a arrêté le chant une année parce que quelqu'un s'était moqué d'elle. Alors j'ai refait ce tableau, en le perfectionnant, à tel point qu'il en était superbe. Quand je l'ai fini, j'ai reculé de quelques pas, à tel point je m'étais surprise moi-même. Je l'ai regardé, et j'ai compris qu'elle l'avait reconnu.
C’est seulement au moment où Karine lui tendait une nouvelle feuille qu’elle commençait à sortir de ses pensées, elle avait entendu le petit bruit du froissement d’une feuille quand on la déplace. Mais ce n’est qu’au moins trois secondes après qu’elle a relevé la tête, elle avait tout de suite regardé la feuille et le dessin qu’il y a avait de dessus. C’était très spécial, sur le moment, elle a même eu du mal à comprendre ce que c’était. En fait, c’était cet espèce de rocher volant qui la déstabilisait, ça l’empêchait presque de voir ce qui était réaliste dans le dessin, mais elle avait quand réussi à voir ce qu’il représentait. Et elle trouvait ça original.

▬ Si je me souviens bien, ça ressemblait à peu près à ça...
Gabriel hoche un peu la tête, ça ne l’étonne pas que Karine ait impressionné le jury de ce concours avec quelque chose comme ça. Elle vient de faire le dessin rapidement, mais quand c’est peint, ça doit être beaucoup plus beau, on doit ressentir plus d’émotions. La peinture peut vouloir dire tant de choses… Gabriel esquisse un sourire, sauf que c’était pas un sourire super joyeux, parce que quand elle pense à elle, en général la nostalgie des moments passés avec revient. Et à chaque fois, Gabriel se dit « ça fait tellement longtemps que je ne l’ai pas vue », c’est vrai, presque trois ans. Trois ans, c’est long, très long, surtout quand il manque quelque chose…

Ensuite elle relève un peu plus la tête et regarde Karine. Bah oui, elle, elle est toujours assise par terre, alors Karine est plus grande qu’elle. Elle remonte une jambe et pose son bras sur son genou et sa tête sur son bras. Elle lui fait un petit sourire timide, un peu mélancolique.

▬ C’est un joli rêve…
Au fond, le rêve de Karine ressemblait un peu à celui de Gabriel. C’est vrai, comme elle, elle voudrait retrouver quelqu’un qui est cher à son cœur, comme elle, elle regrettait les bons moments passés avec cette personne, et comme elle, elle savait qu’elle pourrait tout lui pardonner si elle revenait… L’émotion commence à monter en Gabriel, elle plisse un peu les yeux, comme si ils piquaient.

▬ Moi aussi j’aimerais que quelqu’un revienne vers moi…
Oui, qu’elle revienne. Gabriel pourra plus tenir très longtemps sans la voir. Heureusement, elle n’y pense pas tout le temps, mais quand elle réalise qu’elle n’est pas là, elle se rend compte qu’elle est enfermée dans une solitude incroyable. Après tout, sans elle, la vie de Gabriel ne vaut même pas la peine d’être vécue. Elle reviendra, c’est une évidence puisqu’elles ne peuvent pas se passer l’une de l’autre, mais quand ? Quand est-ce qu’elle reviendra ? Le plus vite possible, tout serait tellement parfait si elle revenait…

En temps normal, elle n’en aurait pas parlé, elle n’y aurait même pas fait allusion. C’est vrai, elle considère que son passé ne concerne qu’elle et ne regarde pas tous les autres. Elle ne voulait pas le dire vraiment, c’est un peu sorti tout seul, Gabriel a un peu l’impression que la situation de Karine est la même que la sienne, alors elle a laissé sortir ce qu’elle avait dans la tête. C’est comme si elle lui disait « je te comprends ».

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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Dim 27 Oct - 17:13


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones





"C’est un joli rêve…"

Gabriel esquissait un sourire plein de mélancolie. Karine se figea, intriguée. C'était la première fois qu'elle la voyait triste. C'était stupide, mais quand on voyait quelqu'un sourire en permanence, on avait du mal à croire qu'il puisse aussi être amené à ressentir de la tristesse. Elle comprenait que ce rêve avait dû réveiller un souvenir désagréable chez Gabriel, et que c'était pour ça qu'elle avait l'air si triste, comme prête à pleurer. Est-ce que ça avait un rapport avec le sien, de rêve?

"Moi aussi j’aimerais que quelqu’un revienne vers moi…"

Dans le mille. Alors comme elle, elle avait perdu quelqu'un qui lui était cher, et ne rêvait que d'une chose, que celle-ci regrette son choix et chercher à effacer ses erreurs, ou du moins à se les faire pardonner. Un retour en arrière. Si seulement... Face à toute la détresse et le sentiment d'abandon qu'elle percevait chez Gabriel, Karine réalisait à quel point elle avait été capable de guérir de cette trahison. Bien sûr, c'était comme une cicatrice douloureuse qu'on ne peut pas éclipser totalement, mais ce n'était plus la plaie sanglante et insupportable que ça avait été au début. Elle s'était raccrochée à ses passions, et à la volonté de protéger les quelques proches qu'il lui restait à tout prix. Donc son père.

Karine s'agenouilla pour se retrouver au même niveau que Gabriel, puis sourit d'un air qu'elle voulait aussi rassurant et conciliant que possible.

"Je suis sûr que tôt ou tard, ils comprendront leur erreur, et reviendront vers nous. Et nous, on sera toujours là pour les attendre, pas vrai? Ce n'est qu'une question de temps. Et on a la vie devant nous."

Elle se redressa, et elle se dirigea une nouvelle fois la fenêtre. Elle observait les alentours, mais surtout, elle voulait laisser se perdre son regard dans le paysage. Parce qu'elle n'était pas sûre d'être capable de soutenir plus longtemps le regard de Gabriel. La tristesse, c'était terriblement contagieux.

"Ca fait 7 ans que je l'attends. Et même si ça doit lui prendre encore quelques dizaines d'années, je l'attendrai. Mais je n'ai jamais pu pleurer de tout ce qu'elle avait pu me faire. Je me demande si c'est que je ne tiens pas assez à elle pour ça. Je pense que c'est plutôt que je la considère comme non responsable de tout ça. Comme si je ne pouvais pas l'accepter. Dans tous les cas, je ne veux pas l'attendre en pleurant. Je veux profiter de ma vie, y compris tout le temps qu'il lui faudra pour changer d'avis. Comme ça, elle ne se sentira pas trop coupable lorsqu'elle reviendra."

Elle sourit à nouveau, se retournant vers elle, mais son sourire disparut en voyant la porte de sa chambre s'ouvrir sur le visage d'un surveillant. Elle le connaissait, lui. C'était le type qui l'avait prise en train de peindre, et l'avait trainée à l'infirmerie en voyant qu'elle s'était fait mal au dos. Il parut sincèrement surpris de voir la chambre occupée. Karine croisa les bras, le défiant du regard.

"Vous savez, les gens normalement constitués frappent avant d'entrer. C'est une règle basique."

Elle était furieuse de s'être faite surprendre, et encore plus dans un moment pareil, où elle essayait de réconforter Gabriel. Et puis quoi, elle était en train de parler de son passé! C'était privé! Surtout, ce qui l'énervait vraiment, c'était l'idée qu'il ait eu l'intention de se rendre dans sa chambre pendant qu'elle n'était pas là, parce qu'il était évident que c'était pour fouiller qu'il était là. Ils devaient chercher à s'assurer qu'elle n'avait pas caché de peinture ailleurs. Et elle n'était pas du tout d'accord. Parce qu'elle avait caché quelques tubes de peinture dans sa sacoche qu'elle avait laissée sous son lit. Et si elle se les faisait prendre, elle n'aurait plus rien du tout pour peindre...

Le surveillant rougit de colère et prenait visiblement sur lui pour lui répondre poliment. Il faut dire que Karine n'était pas du genre à cacher ce qu'elle pensait des autres. Et non seulement elle lui en voulait de l'avoir découverte en train de peindre et de l'avoir amenée à l'infirmerie de force, où elle avait beaucoup souffert, mais en plus elle le méprisait parce qu'elle avait appris en l'observant que ce n'était qu'un fainéant qui déléguait autant que possible les tâches pour pouvoir se prélasser dans sa chambre.

"Vous faites un raffut pas possible, alors je suis venu vous dire de baisser d'un ton. Et puis vous feriez mieux de sortir d'ici, il fait beau dehors. Ca devrait faire partie du règlement d'ailleurs. Je vous laisse dix minutes pour déguerpir d'ici, et si je vous trouve à nouveau ici après ça, vous aurez des ennuis, compris? Et puis toi, la pseudo peintre, je t'ai à l'œil!"

Karine serra les dents, mais hocha la tête et le fixa jusqu'à ce qu'il parte en fermant la porte derrière lui, se dirigeant vers les escaliers. C'était lui qui leur reprochait de rester enfermées à l'intérieur pour discuter, alors qu'il n'était probablement pas sorti une seule fois de la semaine? Une idée lui vint à l'esprit, et un sourire mauvais éclaira son visage.

"Un raffut, tu parles! Il voulait fouiller ma chambre pour vérifier que je n'ai plus de matériel, surtout! Je sais pas toi, mais moi je trouve qu'il mérite une petite leçon. Ca te dirait de m'aider à lui tendre un piège? Ca nous ferait du bien à toutes les deux. Et vu que de toute manière on va être forcées de retourner dehors..."

Elle prit sa vieille sacoche et y glissa son carnet à dessin ainsi que ses crayons de couleur après les avoir rattachés avec l'élastique. Elle se tenait près de la porte en attendant la réponse de Gabriel. Elle espérait franchement que celle-ci accepterait. Elles risquaient de se faire prendre, c'était vrai, mais en cas de problème, Karine avait une idée pour pouvoir porter toute la responsabilité de ce qui se passerait. Elle mourrait d'envie de se venger de ce sale type. Et avec Gabriel, ça serait beaucoup plus marrant.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Lun 28 Oct - 10:15
Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones — avec Karine Arrius
Gabriel gardait la tête baissée, elle avait un peu honte, elle voulait pas vraiment que Karine la regarde. En fait, elle avait peur d’être jugée ou qu’elle lui pose des questions, et si elle le faisait, Gabriel serait complètement déstabilisée. Mais Karine ne le fait pas, non, elle lui sourit. Et ce sourire rassure Gabriel, elle a moins honte, mais est toujours gênée. C’est vrai, après tout, c’est elle qui a lancé le sujet en posant cette question à Karine, alors c’est bien fait pour elle. Elle sait qu’elle aurait mieux fait de se taire, mais comme d’habitude, elle ne l’a pas fait et ça lui retombe dessus.

▬ Je suis sûre que tôt ou tard, ils comprendront leur erreur, et reviendront vers nous. Et nous, on sera toujours là pour les attendre, pas vrai ? Ce n'est qu'une question de temps. Et on a la vie devant nous.
Ça c'est vrai, si tout se passe bien, il leur reste bon nombre d'années encore. Mais pour Gabriel, une vie ou vingt ans sans elle, ce serait trop dur à supporter. Et cette vie, elle ne vaudrait pas la peine d'être vécue. Alors le temps importe peu, tout ce qu'elle veut, c'est qu'elle revienne. Sinon, plus rien n'a d'importance, sinon la Gabriel d'aujourd'hui disparaîtra pour laisser la place à la Gabriel d'avant, qui disparaîtra aussi, un jour... Et ce n'est pas ce qu'elle veut, elle ne veut pas finir seule, elle veut juste être heureuse. Oui c'est égoïste. Mais le bonheur ne lui est pas interdit, alors pourquoi ne pourrait-elle pas l'être ? Elle ne demande pas grand chose pourtant, alors pourquoi ce petit vœu si précieux pour elle ne se réalise pas... Tous les jours elle espère qu'elle arrivera d'une étoile, peu importe d'où elle viendrait. En effet, c'est bien un rêve.

▬ Ça fait 7 ans que je l'attends. Et même si ça doit lui prendre encore quelques dizaines d'années, je l'attendrai. Mais je n'ai jamais pu pleurer de tout ce qu'elle avait pu me faire. Je me demande si c'est que je ne tiens pas assez à elle pour ça. Je pense que c'est plutôt que je la considère comme non responsable de tout ça. Comme si je ne pouvais pas l'accepter. Dans tous les cas, je ne veux pas l'attendre en pleurant. Je veux profiter de ma vie, y compris tout le temps qu'il lui faudra pour changer d'avis. Comme ça, elle ne se sentira pas trop coupable lorsqu'elle reviendra.
Ce que Karine vient de dire atteint Gabriel directement dans le cœur. Et c'est limite si elle est pas sur le point de se mettre à chialer comme une grosse merde. Alors Karine attendait son amie depuis sept ans ? Sept ans, elle en a du courage... Ça c'est une grosse différence entre elles, Gabriel était perdue au bout de deux jours, jamais elle pourra attendre des dizaines d'années, même pas une, ce serait encore trop long sans elle. Et même maintenant, il arrive qu'elle se demande si elle n'aurait pas mieux fait de se laisser mourir, comme elle avait essayé une fois. Elle avait simplement arrêté de manger, mais heureusement pour elle, ça n'avait pas duré bien longtemps, elle a vite retrouvé l'appétit. Mais en général, elle se reprend et s'interdit de se suicider, elle se dit que ça lui ferait de la peine, à elle. Et puis, le suicide est un péché, il ne faut pas l'oublier. Mais au fond, est-ce qu'elle aurait le courage de se tuer... ?

▬ Vous savez, les gens normalement constitués frappent avant d'entrer. C'est une règle basique.
Quoi ? Gabriel voit que Karine regarde derrière elle, alors elle se retourne pour voir ce qui peut bien attirer son attention. Elle tourne sur elle-même en prenant appui sur sa jambe. Et là, ce qu’elle voit ne lui rend pas le sourire du tout, au contraire, ça lui fait même froncer les sourcils. Au moins, ce n'est pas à elle que Karine parlait, c'est ce qu'elle se demandait au début. Lui, c’est un surveillant, elle l’a jamais vu, mais c’est évident en voyant sa tronche. Enfin, surtout en voyant la réaction de Karine en fait, parce qu’elle avait pas l’air contente de le voir. Et ça se comprend d’ailleurs, parce que niveau visite, y’a mieux, et comme elle vient de le dire, y’a plus poli aussi. Bon, c’est vrai que Gabriel est mal placée pour juger si quelqu’un est poli ou non, vu qu’elle ne toque jamais nul-part avant d’entrer.

▬ Vous faites un raffut pas possible, alors je suis venu vous dire de baisser d'un ton. Et puis vous feriez mieux de sortir d'ici, il fait beau dehors. Ça devrait faire partie du règlement d'ailleurs. Je vous laisse dix minutes pour déguerpir d'ici, et si je vous trouve à nouveau ici après ça, vous aurez des ennuis, compris ? Et puis toi, la pseudo peintre, je t'ai à l'œil !
Ça confirme ce que pensait Gabriel, ce type a vraiment une gueule de prétentieux et stupide en plus. Le pauvre, il a pas été gâté par la nature. En tout cas, rien que sa façon de parler énerve Gabriel, et puis il est surveillant, ça y est, il se sent plus pisser et il croit qu’il a tout pouvoir. Et la façon dont il a appelé Karine, ça plaît pas du tout à Gabriel... Alors juste avant qu’il s’en aille, elle prend soin de lui lancer un regard delamortquitue. Puis elle lâche un sifflement d’agacement et se retourne vers Karine.

▬ Un raffut, tu parles ! Il voulait fouiller ma chambre pour vérifier que je n'ai plus de matériel, surtout ! Je sais pas toi, mais moi je trouve qu'il mérite une petite leçon. Ça te dirait de m'aider à lui tendre un piège ? Ça nous ferait du bien à toutes les deux. Et vu que de toute manière on va être forcées de retourner dehors...
D’abord, Gabriel dévisage Karine, elle s’attendait pas vraiment à ce qu’elle lui propose quelque chose comme ça en fait. Mais ça ne lui déplaît pas, ça lui ferait tellement plaisir de lui rentrer la tête dans le cul à cet imbécile qu’elle ne peut pas dire non. Et puis, elle aime bien ce genre de farce, quand elle en faisait avant, elle s’amusait déjà beaucoup, mais là à deux, ça va être l’éclate totale. Karine a bien raison, ça va leur changer les idées au moins, c’est pas bon de rester à broyer du noir.

▬ Tu parles que ça m’dis !
Elle se relève avec un grand sourire mesquin sur le visage en regardant Karine. Ça sent le duo de choc cette histoire. Puis, elle se souvient qu’elle doit ranger le dessin, bon, elle voulait pas le plier, mais entre le plier et risquer de l’abîmer, elle préfère le plier. Alors elle plie soigneusement le dessin en quatre et le range dans sa poche. En deux ça rentrait pas dedans.

▬ Alors dis, qu’est-ce que tu comptes faire ?
Oui, parce que c’est vrai, elle veut bien aider Karine et elle le ferait avec un énorme plaisir, mais si elle sait pas ce que pense faire Karine, elle risque pas de l’aider beaucoup. Oui, c’est logique. En tout cas, peu importe ce que Karine a prévu, Gabriel sait que ça va être intéressant à réaliser.

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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Mar 29 Oct - 12:25


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones





"Tu parles que ça m’dis!"

Karine sourit en voyant Gabriel se relever avec un sourire à l'idée de piéger ce surveillant débile. Elle attendit qu'elle ait fini de plier son dessin pour le ranger dans sa poche. Elle réprima une grimace, essayant de ne pas montrer que ça ne lui plaisait pas vraiment qu'on abîme quoi que ce soit qu'elle ait fait, même si elle l'avait offert, puis la regarda la rejoindre en tapant discrètement du bout des doigts sur sa sacoche.

"Alors dis, qu’est-ce que tu comptes faire?"

Le sourire de Karine s'élargit un peu plus, et elle sortit de son placard un vieux seau abîmé. C'était celui qui lui servait d'habitude à nettoyer son matériel, et qu'elle peinait à vider une fois que l'eau qu'il contenait était trop souillée pour nettoyer quoi que ce soit. Ils le lui avaient laissé vu qu'il ne pourrait pas lui servir à grand chose sans peinture.

"Je pense que ce serait bien de le faire redescendre sur terre, lui faire comprendre que le respect c'est pas optionnel. Et pour ça, quoi de mieux qu'une petite douche froide?"

Elle montra le seau à Gabriel pour bien lui faire comprendre où elle voulait en venir, et pourquoi elle venait de ramener ce vieux seau tout pourri. Elle comptait lui balancer un seau d'eau froide pour se venger. Seau compris en fait.

"Voilà ce que je te propose. Je pense qu'en ce moment même il est en bas, dans l'entrée, pour pouvoir nous voir partir, et ensuite revenir fouiller dans ma chambre. Ce que je voudrais, c'est juste que tu détournes son attention quelques instants, pour que j'ai le temps de remplir le seau d'eau, et que tu l'attires juste sous la rambarde de l'escalier, pour que je puisse le lui balancer à la tronche. Ensuite, on profite de son temps de réaction pour déguerpir dans le jardin et se fondre dans la foule qu'il y a là-bas."

Elle se tut quelques instants. Oui, elle avait imaginé ça en quelques secondes. Mais en même temps, c'était un plan basique. Elle avait déjà réalisé bien plus élaboré quand elle était dans son ancien lycée. Ils avaient une tradition dans cet établissement: le dernier jour de l'année, les professeurs devaient chacun faire un long discours, et tenir environ dix minutes. Karine avait pris beaucoup de plaisir à chaque année échanger leurs précieux discours contre un baratin ridicule de sa propre invention. Il fallait dire que non seulement c'était amusant, et en plus, comme ça, elle se vengeait du fait qu'ils ne les laissent pas prendre de notes pour passer à l'oral. La première fois ça avait été d'une facilité déconcertante, les feuilles étant juste éparpillées dans la salle des professeurs. Il lui avait suffi de revenir dans l'établissement après la fin de ses cours pour les intervertir la veille du discours. Mais les années suivantes, elle avait dû ruser pour pouvoir réussir son coup.

La dernière année, elle avait carrément dû s'introduire dans le bureau du directeur en sa présence pour lui subtiliser des clés qu'il portait sur lui, et comme ça n'avait pas réussi, elle avait joué un coup de poker. Elle avait déclenché l'alarme incendie, puis s'était éclipsée, se rendant dans le couloir, devant la remise où ils avaient entreposé les discours cette année, par mesure de prudence. Elle s'était cachée au sommet d'une armoire qui trônait au milieu de celui-ci. Remarquant son absence, le directeur s'était aussitôt rendu dans la salle, fouillant à sa recherche, persuadé qu'elle avait trouvé le moyen d'y pénétrer, et s'y cachait. C'était juste, et le plus drôle, c'était que c'était lui qui lui avait ouvert la porte. Tout au long de sa fouille, elle s'était trouvée juste derrière lui, changeant les discours au fur et à mesure, avant de déguerpir discrètement. Puis elle s'était volontairement faite prendre en descendant les escaliers bruyamment vers cette salle, pour qu'ils croient l'avoir empêchée d'agir. Et le jour du discours, elle avait regardé avec un grand sourire les professeurs bafouiller devant des discours sans aucun sens.

Karine devina au regard de Gabriel qu'elle était partante. Elle sourit un peu plus, puis glissa la tête à l'extérieur pour s'assurer qu'il n'y avait personne pour les voir. La voie était libre.

"Je vais remplir le seau. Tu sais ce qu'il te reste à faire! Une fois que tu me verras lui balancer le seau d'eau, tu t'enfuis et on se rejoint dans le jardin. A tout à l'heure!"

Elle se dirigea vers les douches, en espérant que Gabriel réussirait à attirer le surveillant sans éveiller ses soupçons. Enfin, pour ça elle lui faisait confiance. Elle trouverait bien un moyen. Elle espérait qu'elle parviendrait à bien viser avec le seau. Avec la grosse tête qu'avait prise ce surveillant, elle n'était pas sûre de réussir à lui cacher la vue en laissant tomber le seau sur lui après la bonne douche froide qu'il allait subir. Elles avaient bien besoin de ça pour pouvoir déguerpir. Enfin, avec un peu de chance, elles auraient leur vengeance et éviterait la punition qui les attendait si elles se faisaient prendre.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Mer 30 Oct - 10:37
Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones — avec Karine Arrius
Karine avait sorti un vieux sceau dégueulasse de son armoire, Gabriel avait un peu grimacé, qu’est-ce qu’elle fichait avec un truc pareil dans sa chambre ? Le métal rouillé et crado, ça donne pas des maladies ? Enfin, elle est bien curieuse de savoir à quoi ça va servir un sceau qui a l’air d’avoir mille ans...

▬ Je pense que ce serait bien de le faire redescendre sur terre, lui faire comprendre que le respect c'est pas optionnel. Et pour ça, quoi de mieux qu'une petite douche froide ?
Excellente idée. Ces deux mots se voient parfaitement dans les yeux de Gabriel, dans ce regard et ce sourire malicieux. Karine a vraiment des idées géniales, c’est fou. En tout cas, ce qu’elle vient de proposer est une très bonne manière de rendre la monnaie de sa pièce à cet abruti de surveillant et Gabriel se fera un véritable plaisir de l’aider à le faire.

▬ Voilà ce que je te propose. Je pense qu'en ce moment même il est en bas, dans l'entrée, pour pouvoir nous voir partir, et ensuite revenir fouiller dans ma chambre. Ce que je voudrais, c'est juste que tu détournes son attention quelques instants, pour que j'ai le temps de remplir le seau d'eau, et que tu l'attires juste sous la rambarde de l'escalier, pour que je puisse le lui balancer à la tronche. Ensuite, on profite de son temps de réaction pour déguerpir dans le jardin et se fondre dans la foule qu'il y a là-bas.
Ah oui ? Ah oui. Quel stratagème. En écoutant Karine, elle avait hoché lentement la tête comme si elle écoutait mais n’entendait pas. Mais elle avait tout entendu, et tout, absolument tout, lui semblait parfait SAUF… que sur le moment elle avait aucune idée de comment attirer le surveillant à un endroit précis. Et à son avis, elle va pas y arriver avec un plan basique ou une technique d’approche. Ah non, ça, elle y arrivera pas du tout, c’est évident.

Karine était partie ouvrir la porte pour sortir dans le couloir, son sceau à la main et Gabriel l’avait suivie jusqu’à la porte de sa chambre. Elle avait l’air un petit peu perdue, en fait elle réfléchissait toujours à comment elle allait faire pour traîner le surveillant. Non mais ça la tracassait vraiment, parce que si elle y arrivait pas, tout le plan que Karine a concocté serait foutu en l’air… Alors c’est vrai que là, y’a quand même de la pression.

▬ Je vais remplir le seau. Tu sais ce qu'il te reste à faire ! Une fois que tu me verras lui balancer le seau d'eau, tu t'enfuis et on se rejoint dans le jardin. À tout à l'heure !
Et Gabriel regarde Karine s’en aller avant même qu’elle ait eu le temps de lui dire quoi que ce soit. Elle se retrouvait devant la chambre de Karine à attendre comme une idiote, jusqu’à ce qu’elle réalise qu’elle devait peut-être aller en bas pour pouvoir faire quelque chose. Et c’est ce qu’elle a fait, elle est descendue, le surveillant était bien là, comme l’avait prévu Karine, décidément, elle prévoyait tout. Gabriel préférait ne pas y aller tête baissée, alors s’était cachée derrière le mur opposé à la porte d’entrée. Elle le regardait et cherchait ce qu’elle pourrait tenter.

Le problème, bah c’est qu’elle sait pas comment faire. Haha, elle est pas dans la merde au moins. Et faudrait qu’elle se bouge le cul pour trouver une idée, parce que Karine va pas l’attendre. Alors qu’est-ce qu’elle fait ? Elle commence à enlever sa chaussure, en fait, elle sait tellement pas quoi faire qu’elle fait n’importe quoi. Alors cachée derrière son mur, elle regarde le surveillant et lève sa chaussure qu’elle a réussi à enlever, ouais elle est en train de viser. Parfaitement. Elle se concentre, c’est très technique. Et un… deux… trois !... et c’est raté. La chaussure a atterri JUSTE EN FACE du surveillant. Ah oui, nan, en fait Gabriel visait sa tête, c’est pour ça que c’est raté. Complètement raté même. Elle serre les dents et c’est à elle de battre un record : le record du nombre d’insultes à la seconde. Donc là, elle jure en chuchotant à quel point elle est stupide.

Elle était sur le point de sortir de sa cachette pour récupérer sa basket quand elle a vu le surveillant qui bougeait de sa place et qui s’en approchait pour aller la ramasser. En voyant ça, Gabriel a fait une vraie tête de poisson, de gros yeux et la bouche toute ronde. Ah non, mais il va pas toucher sa chaussure quand même, c’est la sienne, oh ! Alors elle se dépêche de courir, oui, avec une seule chaussure, pour attraper l’autre sous le nez du surveillant. Et au même moment, une idée lui a traversé l’esprit, une idée pour l’attirer près des escaliers. Gabriel tente le tout pour le tout et pendant qu’elle attrape sa pompe, elle choppe sa manche pour le tirer avec elle.

▬ Eh !
Comme elle avait pris de l’élan, elle en profita pour le tirer jusqu’aux escaliers, là où Karine lui avait demandé de le retenir. Comme par réflexe, elle lui avait tapé dessus et l’avait regardé d’un air super agressif, sûrement pour lui dire de la fermer. C’est vrai qu’en parlant, il polluerait l’atmosphère, donc bon, même si Gabriel n’est pas particulièrement touchée par les problèmes de l’effet de serre et tout le tralala, elle veut pas entendre sa voix de bouffon encore une fois. Parce que ce serait une fois de trop déjà.

▬ Deux secondes ! Bouge pas !
Eh bah, et la politesse ? Mouais, bah au pire c’est pas grave, il a pas été plus poli qu’elle tout à l’heure, elle aurait pu montrer l’exemple mais non. Elle ouvre grands les yeux et relève un peu la tête vers le haut de l’escalier pour voir si Karine arrive et pour être prête à prendre la fuite quand ce sera le moment. Sur le coup, elle a vraiment beaucoup de chance, parce que le surveillant ne bouge pas, en fait, il regarde Gabriel de son air hautain et prétentieux, il doit sûrement se demander ce qu’elle lui veut. En même temps, elle essaye de remettre sa chaussure, ça prend du temps de refaire des lacets aussi, surtout quand on regarde pas ce qu’on fait, mais la priorité, c’est de surveiller si Karine arrive, au pire, Gabriel peut courir avec une seule chaussure.

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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Mer 30 Oct - 17:13


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones





Karine tendit l'oreille, en essayant d'être aussi silencieuse que possible. Puis lorsqu'elle fut sûre qu'il n'y avait personne dans les parages, elle se glissa hors des douches, le seau d'eau rempli à la main. Autant dire que ce n'était pas évident de se dépêcher sans en mettre partout. D'autant qu'elle devait aussi redoubler de prudence pour ne pas se retrouver paralysée par la douleur dans son dos, qui pouvait resurgir au moindre faux mouvement de sa part. Mais à force de devoir vider son seau entre deux passages de surveillants, elle avait pris la main. Et puis il lui suffisait de faire en sorte que les gestes soient les plus progressifs possibles pour éviter de souffrir. Pas une seule goutte ne tomba sur le plancher. Elle sourit d'un air mauvais. Le surveillant aurait l'honneur de recevoir l'intégralité du seau d'eau sur la figure.

Elle se stoppa en haut des escaliers, et se penchant par dessus la rambarde, observa avec surprise le surveillant se pencher pour ramasser une chaussure. Cette chaussure lui disait drôlement quelque chose. Elle était sûre de l'avoir déjà vue, mais où? Elle comprit en apercevant Gabriel de l'autre côté de l'escalier. Cette chaussure, elle avait eu tout le loisir de la regarder quand elle s'était écroulée à plusieurs reprises devant Gabriel. Parce que c'était la sienne. Elle n'avait quand même pas essayé de...? Ah, si? D'accord. Bon, en même temps, c'était une technique comme une autre. Détourner son attention pour l'attaquer par derrière, ou essayer de l'assommer avec un projectile, tous les moyens étaient bons tant qu'elles atteignaient leur but. Enfin, sans aller jusque le blesser quand même...

Elle écarquilla les yeux en voyant Gabriel foncer sur le surveillant, et le traîner jusqu'aux escaliers. Hum, oui... Chacun ses techniques. Mais elle prenait quand même de très gros risques en agissant ainsi. Il aurait été très facile de l'attirer là en lui parlant si bas qu'exaspéré, il se serait forcément approché. Enfin, ça, Karine aurait peut-être dû y penser et lui en parler avant... Un peu tard, maintenant que le surveillant se trouvait dans sa ligne de mire. Elle souleva le seau d'eau, et le posa en équilibre sur la rambarde. Puis elle siffla en mettant ses doigts dans sa bouche pour faire lever la tête du surveillant et laisser le temps à Gabriel de déguerpir. Elle attendit que celle-ci se soit éloignée de quelques pas.

"Hé, patate, là-haut!

- Mais qu'est-ce que..."


Sans lui laisser le temps de finir sa phrase, Karine visa, et fit basculer le seau. Le surveillant se retrouva trempé de la tête aux pieds, et reçut en prime le seau sur la tête. Elle avait bien calculé son coup. La seau contenait désormais la tête d'un parfait imbécile. Elle descendit les escaliers quatre à quatre, et prenant la main de Gabriel, elle l'entraîna à l'extérieur. Le spectacle était épique, mais il pouvait se transformer en quelques secondes en cauchemar si elles restaient sur les lieux du "crime". Elles ne pouvaient pas se permettre de rester le regarder paniquer pitoyablement. Elle lui lâcha la main aussitôt qu'elles furent sorties du bâtiment, quand elle fut sûre qu'elle avait compris les risques et qu'elle ne risquait pas de rester sans réagir. Elle ne cessa de courir que lorsqu'elles se retrouvèrent toutes les deux parmi les autres pensionnaires. Une fois que le danger fut passé, elle souffla quelques instants pour retrouver un rythme cardiaque normal, puis éclata de rire.

"Je suis pas prête d'oublier sa tête quand il a reçu le seau d'eau sur la tête! Elle est gravée dans ma mémoire! Je pense même que j'en ferai un dessin et je l'accrocherai sur la porte de ma chambre, juste pour lui rappeler un peu ce qui l'attend s'il recommence. Ou au dessus de mon lit, pour me redonner le sourire juste avant de dormir. Dans tous les cas, merci! C'était juste excellent, et sans toi, j'y serais jamais arrivée!"

Pour une fois, non seulement Karine souriait, mais ses yeux brillaient aussi de joie. Et puis ça faisait un bon moment qu'elle n'avait pas ri d'aussi bon cœur. Et ça faisait du bien. Drôlement de bien. En fait, son sérieux lui avait pesé. Elle adorait jouer des tours aux gens, mais elle avait fait son possible pour ne pas avoir trop d'ennuis jusqu'à présent. Et elle en avait assez. De toute manière il était temps qu'elle remette un peu en cause ce règlement, et en particulier qu'elle obtienne au moins une fois la parole pour pouvoir expliquer pourquoi elle avait désobéi aux règles en prenant de la peinture avec elle. Et tant qu'ils ne cèderaient pas, elle trouverait des moyens de faire entendre sa voix. Oui, c'était décidé. Il était temps pour elle de remettre en cause certaines règles qu'elle jugeait injustes, quitte à risquer de se faire virer de l'établissement. Parce que de toute manière, sans peinture, elle ne pourrait pas guérir. Ou en dix fois plus de temps qu'avec. C'était une évidence à ses yeux.

Son sourire disparut en voyant le surveillant sortir du bâtiment, trempé jusqu'aux os, mais furieux et déterminé à les retrouver. Elle parcourut du regard le jardin dans l'espoir de trouver un endroit où se cacher, mais il était trop tard. Le surveillant les avait déjà repérées. Et si elle avait pu espérer que la présence de tous les autres pensionnaires pourrait dissuader le surveillant de faire une intervention brutale, en revanche, il y avait un détail auquel elle n'avait pas prêté attention auparavant. Tout le personnel était lui aussi de sortie, pour profiter du soleil et du beau temps. Autrement dit, pas moyen de se défiler, avec toute cette main d'œuvre à disposition de leur ennemi. Elle indiqua le surveillant du doigt à Gabriel, et souffla:

"On est dans la merde..."

Karine se tut quelques secondes, regardant avec une grimace le surveillant s'avancer vers elle, puis elle ajouta avec un soupir:

"Je suis sincèrement désolée. A cause de moi tu vas avoir des ennuis. Enfin ça aura été amusant."

Elle essayait déjà d'élaborer une excuse, mais pas évident. Difficile de faire croire à un accident ... Enfin, elles pourraient toujours nier en bloc, mais pas sûr que leur parole à toutes les deux vaille plus que celle d'un surveillant. D'autant qu'il était mouillé. Et encore une fois, ça lui apportait une preuve de leur culpabilité. Oui, en fait, là, elles étaient vraiment mal.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Jeu 31 Oct - 10:02
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Par chance, pile au moment où Gabriel avait fini de faire ses lacets, elle avait vu Karine en haut des escaliers. Elle a fait un sourire mesquin et recule de quelques pas pendant que le surveillant hausse un sourcil en regardant Gabriel s’écarter. Et puis comme par réflexe elle hoche la tête quand Karine siffle pour attirer l’attention du surveillant. Mais comment elle fait pour siffler comme ça, sérieux ? Gabriel a jamais réussi et même siffler simplement, des fois elle y arrive pas, ouais, c’est un peu ridicule c’est vrai.

▬ Hé, patate, là-haut !
En voyant le sceau tomber sur la tête du surveillant, Gabriel a fait un énooorme sourire qui voulait tout dire. Elle leva les mains et serra les points, comme si c’était une victoire. C’en était une en fait, surtout pour Karine, parce qu’il avait rien fait personnellement à Gabriel, mais ça lui faisait plaisir de le voir dans cet état. À ce moment précis, elle se disait aussi qu’il aurait mieux fait de se taire plus tôt, c’était bien fait pour lui et Gabriel aurait bien aimé aller plus loin, c’est vrai.

▬ En pleine gueule !
Et là Karine lui avait attrapé la main et l’avait entraînée avec elle dehors, Gabriel l’avait suivie en courant jusques dans le jardin, toujours en souriant comme une idiote. Les autres gens qui étaient là devaient se demander, déjà pourquoi elles couraient et pourquoi elle avait l’air aussi contente. On aurait dit qu’elle était contente d’être poursuivie par un monstre. En même temps, elle se retenait de rire, parce qu’elle se disait qu’elle aurait un point de côté si elle se lâchait maintenant. Et putain, ça fait trop mal les points de côté.

▬ Je suis pas prête d'oublier sa tête quand il a reçu le seau d'eau sur la tête ! Elle est gravée dans ma mémoire ! Je pense même que j'en ferai un dessin et je l'accrocherai sur la porte de ma chambre, juste pour lui rappeler un peu ce qui l'attend s'il recommence. Ou au dessus de mon lit, pour me redonner le sourire juste avant de dormir. Dans tous les cas, merci ! C'était juste excellent, et sans toi, j'y serais jamais arrivée !
Au début, Gabriel se contente de pouffer en mettant sa main devant sa bouche, mais en entendant Karine, elle ne peut pas se retenir de rire. Elle explose et met ses mains sur son ventre en se penchant en avant, elle éclate de rire et c’est assez bruyant. Elle est carrément pliée en deux et a les larmes aux yeux, elle les essuie avec sa manche. Décidément, sa manche est vraiment multifonctions, comme un couteau suisse. Elle finit par se redresser pour ne pas s’étouffer et mourir de rire au sens propre, aussi, elle voulait bien dire à Karine qu’elle avait pas fait grand-chose et que c’était elle qui avait tout le mérite, bah oui, c’est quand même elle qui a balancé le sceau d’eau, mais elle rigole tellement qu’elle avoir plus à respirer donc elle peut pas parler non-plus en fait.

Elle a commencé à se calmer quand Karine a pointé du doigt le surveillant trempé qui sortait de l’intérieur et en le regardant, Gabriel avait encore pouffé quand même, qu’est-ce que c’était drôle de le voir comme ça quand même. Mais en même temps, ça l’amusait pas de le voir avancer vers elles comme ça, elles allaient s’en prendre plein la gueule, c’était évident.

▬ On est dans la merde...
Ah ça oui, c’est vrai. Et c’est pas drôle. Gabriel se fige un peu en fronçant les sourcils, là pour le coup, ce serait stupide de prendre la fuite encore une fois, même si elle aurait bien aimé, mais elles étaient sûres de se faire coincer. Au pire, elles pourraient bien chercher des excuses à la con du genre « ah mais c’est pas nous, ce sont nos jumelles diaboliques ! » mais c’était pas très crédible… Pas crédible du tout même en fait.

▬ Je suis sincèrement désolée. À cause de moi tu vas avoir des ennuis. Enfin ça aura été amusant.
Gabriel fronce les sourcils et fait une moue mécontente en regardant le surveillant qui se rapprochait. Elle s’en foutait pas mal d’avoir des ennuis et Karine avait pas à s’excuser, elle espérait juste qu’en prenant la fuite avec tant de courage, elles ne se feraient pas coincer. Mais bon, manifestement, c’est raté. Et Gabriel se dit que ça peut pas s’arrêter comme ça, elles peuvent pas simplement se faire engueler, ce serait vraiment une fin merdique. Alors elle prend un air vachement déterminé et attrape le bord de son pull pour le faire redescendre, ensuite, elle se racle la gorge et fait deux ou trois pas vers le surveillant. Avant même qu’il ait eu le temps de leur hurler dessus, parce que ça se voyait que c’est ce qu’il voulait faire, elle se stoppa net et commença à parler.

▬ Écoutez, je sais parfaitement ce que vous allez nous reprocher et nous n’allons pas nier. Vous ne pouvez pas toujours avoir raison vous savez. Mais demandez-vous d’abord si vous ne l’avez pas mérité, on ne récolte que ce qu’on sème...
Et elle ajouta un joli sourire pour faire passer le tout. Quel beau mélange, dommage que ça marche pas. Elle avait parlé comme un avocat qui cherche à défendre son client en donnant n’importe quelle justification. Ouais, le style avocat lui va pas du tout en fait, ça lui donne un air beaucoup trop comique, c’est pas sérieux et crédible pour un sou. Mais le plus important, c’est que ça a pas l’air de plaire au surveillant ce petit discours de paix. On dirait presque qu’il a des spasmes et c’est limite s’il est pas tout rouge tellement il est en colère.

▬ Non mais c’est bon oui ! À qui tu crois parler comme ça ?
Gabriel grimace et met ses mains devant elle comme un bouclier pour se protéger du surveillant et de sa crise de nerf. C’est pas très utile parce qu’elle l’entend crier quand même, il lui faudrait plutôt des bouchons d’oreille. Ouais, bah à l’avenir elle saura que c’est pas une bonne chose de vouloir répondre à un adulte, mais comme d’habitude, elle le refera si elle en a l’occasion.

▬ Oooh, ça va, pas la peine de crier !
Elle met ses mains sur les hanches et fronce les sourcils. Non mais c’est vrai, il a le droit d’être énervé mais c’est pas utile de leur hurler dans les oreilles. Non seulement c’est chiant, mais en plus il fait partie de ceux qui énervent rien qu’en parlant. Alors elle recule et se remet à côté de Karine pour être plus loin de lui et puis ça la rassure de savoir que Karine est à côté d’elle, enfin, c’est toujours de savoir que quelqu’un est avec nous.

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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Jeu 31 Oct - 18:05


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones





Karine resta stupéfaite en voyant Gabriel avancer d'un air déterminé vers le surveillant, après s'être raclé la gorge. Visiblement, elle avait décidé de convaincre cet abruti de les laisser tranquilles, ou quelque chose comme ça. Et c'était pas bon du tout pour elle. Parce que si elle avouait être pour quelque chose dans le coup qu'elles lui avaient tendu, elle était fichue, et Karine ne parviendrait pas à la couvrir.

"Écoutez, je sais parfaitement ce que vous allez nous reprocher et nous n’allons pas nier. Vous ne pouvez pas toujours avoir raison vous savez. Mais demandez-vous d’abord si vous ne l’avez pas mérité, on ne récolte que ce qu’on sème..."

Karine grimaça. C'était bien essayé, mais cet air sérieux ne la rendait pas du tout crédible, bien au contraire. D'autant que le surveillant n'allait pas du tout apprécier la petite morale de la fin. Sans parler que le sourire de Gabriel ne faisait qu'accentuer l'impression qu'elle se foutait de lui. D'ailleurs il avait pas l'air de beaucoup aimer, vu la colère qui se lisait sur son visage. Il enrageait, là, ça se voyait.

"Non mais c’est bon oui! À qui tu crois parler comme ça?

- Oooh, ça va, pas la peine de crier!"


Karine se reprit en voyant Gabriel se remettre à ses côtés, et regarda autour d'elle, mal à l'aise. Leur arrivée n'était déjà pas passée inaperçue, mais maintenant, tout le monde les fixait carrément. Elle détestait être le centre d'attention, mais ce n'était pas ça qui l'effrayait. Non, c'était le regard du directeur qui pesait sur leur petit groupe qui l'inquiétait. Le froncement de ses sourcils indiquait clairement qu'il n'appréciait pas beaucoup qu'elles viennent troubler la tranquillité des lieux. Et il ne faisait aucun doute pour elle que si ils ne baissaient pas immédiatement d'un ton, il n'hésiterait pas à se mêler de leur histoire. Et dans ce cas elle risquaient beaucoup plus qu'une simple punition.

"Elle a raison. Je sais que vous êtes en colère, mais on est dans un centre rempli de phobiques, là. Vous pourriez effrayer des gens à crier comme ça. Alors retrouvez un minimum de professionnalisme et maîtrisez vous. Parce que là on dirait tout sauf un surveillant."

Hum, elle s'était un peu laissée emporter, là... Si le début avait eu l'air de calmer un peu l'homme, la fin l'avait rendu encore plus rouge qu'avant. Il était assez pitoyable, comme ça, d'ailleurs. On aurait dit un touriste qui avait oublié sa crème solaire et qui avait plongé dans l'eau tout habillé. Enfin bref, heureusement qu'elle s'était rendue compte à temps qu'elle envenimait les choses. Parce qu'elle n'était pas sûre que si elle avait rajouté qu'il ressemblait plus à un psychopathe qu'autre chose, il aurait réussi à se retenir de leur sauter à la gorge.

"Alors comme ça, vous voulez m'apprendre à exercer mon métier? Mais ma parole, parce que vous avez réussi à échapper à votre punition, vous vous croyez tout permis? Je vais vous remettre les pendules à l'heure moi!"

Karine le défia du regard de mettre sa menace à exécution, avec un air tellement flippant qu'il hésita. Il se souvenait tout à coup de la difficulté qu'il avait eu à la traîner jusqu'à l'infirmerie, et donc de quelle force elle disposait pour se défendre s'il comptait lever la main sur elle. Et il fallait reconnaître que quand on avait déjà eu affaire à elle, on comprenait rapidement que ça avait de quoi faire peur. Malheureusement, il était trop tard, et si l'agressivité apparente de Karine avait calmé le surveillant, il avait quand même crié une nouvelle fois, et le directeur n'avait pas, mais alors pas du tout aimé.

"Je peux savoir ce qui se passe, ici? Qu'est-ce qui vous prend de crier ainsi?"

Karine sursauta en réalisant tout à coup qu'il se trouvait à quelques mètres seulement, en train d'observer la scène d'un air désapprobateur. Le surveillant n'en menait pas large. De toute évidence, il n'était pas le seul à redouter le directeur. D'ailleurs, celui-ci n'avait pas l'air de beaucoup l'apprécier. Il y avait quelque chose dans son regard, ou peut-être dans le ton de sa voix, qui fit comprendre à Karine qu'il reprochait plus que ses cris au surveillant. C'était ses méthodes, son attitude qu'il ne trouvait pas adaptée. Et ça, c'était très bon pour elle. Parce que le surveillant se retrouvait en mauvaise position, et elles avaient donc une chance de lui faire porter les responsabilités à leur place. Celui-ci reprit cependant contenance, et se raclant la gorge pour paraître plus sûr de lui, il déclara:

"Comme vous pouvez avez pu le remarquer, je suis trempé. Ces deux filles m'ont jeté un seau d'eau à la figure parce que je leur avais poliment proposé de sortir. Je n'ai pas compris leur réaction, alors je le reconnais, j'ai perdu mon sang-froid. Je n'aurai pas dû crier, mais comprenez moi, elles m'ont quand même profondément blessé, et...

- PARDON?! Excusez moi, mais on ne doit pas avoir la même définition de "poliment" et "proposer"!

- Je ne crois pas vous avoir donné la parole!"


Karine comprit qu'elle s'était laissée emporter en voyant le regard du directeur se poser sur elle, et elle blêmit malgré elle. Rien qu'à son expression, elle devinait qu'il l'avait reconnue. Il faut dire que leur dernier rendez-vous datait d'un peu plus d'une semaine, et s'il avait dû en voir bien d'autres, des pensionnaires, malheureusement, elle n'était pas le genre de personne qu'on oublie facilement. D'autant qu'il n'est pas très commun d'avoir à punir quelqu'un pour avoir caché des dizaines de pots de peinture et de tableaux dans sa chambre pendant des semaines sans se faire prendre.

"Arrius, n'est-ce pas? Ca tombe bien, je voulais vous voir. Bon, étant donné qu'encore une fois personne n'a l'air décidé à dire la vérité ici, nous allons régler cette affaire dans mon bureau. Cela épargnera aux autres bien des cris et des mensonges. Suivez-moi."

Karine grimaça. S'il voulait voir, ce n'était certainement pas pour lui passer le bonjour de ses anciens camarades de classe, c'était assez évident. Il fallait dire que ça faisait plusieurs fois qu'elle évitait les punitions de justesse en détournant habilement la conversation sur un problème moins grave ou en s'éclipsant discrètement. Mais cette fois, elle doutait de pouvoir s'en tirer aussi facilement. Le surveillant fit la moue, puis après leur avoir jeté un regard noir à toutes les deux, attendit qu'elles passent devant pour les suivre et ainsi s'assurer qu'elles ne puissent pas s'enfuir. Karine se pencha discrètement vers Gabriel, et souffla:

"Je connais ce directeur. Fais-moi confiance, on ferait mieux de pas essayer de trop lui mentir. Il est drôlement dur à manipuler, et je sais de quoi je parle. Il a une dent contre ce surveillant, alors on ferait mieux de souligner son incompétence, et on aura une chance de s'en tirer sans trop de problèmes."

Enfin, ça, ça allait dépendre de l'humeur du directeur et du tact du surveillant, même si sur ce second point elles n'avaient pas trop de souci à se faire. En fait, à la première occasion, Karine comptait ramener la conversation sur son atelier pour mettre de côté la responsabilité de Gabriel dans cette histoire, et exiger des aménagements. En fait, depuis qu'ils lui avaient confisqué son matériel, elle ne savait ni ce qu'ils comptaient en faire, ni ce qu'ils comptaient lui faire à elle. Et elle estimait qu'elle avait le droit de savoir. Et sinon, elle deviendrait vraiment une peste insupportable. Oui, c'était pas mal comme ultimatum, en supposant qu'ils ne la renvoient pas directement.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Ven 1 Nov - 11:46
Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones — avec Karine Arrius
Gabriel avait les bras croisés, elle était pas contente que le surveillant lui ait hurlé dessus comme ça. En fait, elle aimait bien les gens qui hurlent, mais pas quand c’était sur elle.

▬ Elle a raison. Je sais que vous êtes en colère, mais on est dans un centre rempli de phobiques, là. Vous pourriez effrayer des gens à crier comme ça. Alors retrouvez un minimum de professionnalisme et maîtrisez vous. Parce que là on dirait tout sauf un surveillant.
Gabriel regarda Karine et cligna plusieurs fois des yeux très rapidement. Là, elle avait un peu peur que le surveillant lâche ses nerfs sur elle, et elle regrettait ce qu’elle venait de dire. Parce qu’elle réalisait qu’elle l’avait un peu provoqué et donc que son intervention n’était pas utile. Alors par stress sûrement, elle avait commencé à triturer les piercings qu’elle avait à la lèvre, elle regardait Karine et espérait qu’elle allait pas trop s’en prendre plein la tronche, parce que pour le coup, ce serait un peu de sa faute à Gabriel, quand même…

▬ Alors comme ça, vous voulez m'apprendre à exercer mon métier ? Mais ma parole, parce que vous avez réussi à échapper à votre punition, vous vous croyez tout permis ? Je vais vous remettre les pendules à l'heure moi !
Oula, ça annonçait rien de bon ça… Et il voulait dire quoi par « remettre les pendules à l’heure » ? Bon, c’est vrai que ça fait un peu peur à Gabriel, elle se demande surtout ce qu’il va faire en fait. Mais ça ne sera qu’une punition, alors il espère quoi le gars ? Qu’elles vont se mettre à genoux et le vénérer comme un dieu ? Qu’est-ce que c’est qu’ce délire. Gabriel aussi a envie de lui remettre les pendules à l’heure, tiens, de faire éclater l’espèce de melon qu’il a à la place de la tête.

▬ Je peux savoir ce qui se passe, ici ? Qu'est-ce qui vous prend de crier ainsi ?
Gabriel, qui regardait pas du tout autour d’elle, se tourna un peu et vit un homme planté là, il avait pas l’air content lui non-plus. Décidément, il faut croire qu’il y avait beaucoup de gens qui étaient de mauvaise humeur, tiens. Enfin, elle le regardait en haussant un sourcil, elle se demandait de quoi il se mêlait, c’est vrai… Non, en fait, elle avait même pas fait gaffe à qui était cet homme. Et sur le moment, elle s’en foutait pas mal aussi, c’est pour ça qu’elle n’avait pas remarqué que le directeur était là. Mais il avait une espèce de présence qui l’intimidait quand même un peu, et même Karine et ce crétin de surveillant semblaient effrayés pour lui.

▬ Comme vous pouvez avez pu le remarquer, je suis trempé. Ces deux filles m'ont jeté un seau d'eau à la figure parce que je leur avais poliment proposé de sortir. Je n'ai pas compris leur réaction, alors je le reconnais, j'ai perdu mon sang-froid. Je n'aurai pas dû crier, mais comprenez moi, elles m'ont quand même profondément blessé, et...

▬ PARDON ?! Excusez-moi, mais on ne doit pas avoir la même définition de "poliment" et "proposer" !

▬ Je ne crois pas vous avoir donné la parole !
Alors là, Gabriel était bien d’accord avec Karine, elle avait même écarquillé les yeux quand elle avait entendu le surveillant jouer le rôle de la victime. Les gens comme ça, qui sont vicieux au point de toujours rejeter la faute sur les autres en sachant qu’ils ont tort, elle les déteste. Elle les hait même. Et c’est bizarre d’ailleurs, parce que Gabriel n’est pas foncièrement mauvaise, mais elle n’est pas bonne non-plus. Elle est même loin d’être la personne gentille par excellence, c’est juste que par moments elle a envie d’aider les autres et de leur faire plaisir et par d’autres elle se fiche pas mal des besoins des gens.

Elle avait regardé le surveillant, puis Karine, puis de nouveau le surveillant pendant qu’ils parlaient, mais elle jetait quand même des coups d’œil à l’homme qui venait d’intervenir. Et c’est là que son cerveau s’est allumé, enfin, c’est l’impression que ça donnait, elle venait de reconnaître le directeur. En fait, elle l’avait jamais vu d’aussi près, ça a peut-être joué dans le fait qu’elle ne le reconnaisse pas.

▬ Arrius, n'est-ce pas ? Ça tombe bien, je voulais vous voir. Bon, étant donné qu'encore une fois personne n'a l'air décidé à dire la vérité ici, nous allons régler cette affaire dans mon bureau. Cela épargnera aux autres biens des cris et des mensonges. Suivez-moi.
Gabriel fronça les sourcils. Karine et le directeur se connaissaient ? Décidément, elle semblait connaître pas mal de monde dans l’administration. Et pour plaisanter, Gabriel se demanda si elle ne connaissait pas aussi le président. Bon, d’accord, c’est peut-être un peu exagéré, mais dans sa tête, connaître le directeur, c’était quand même un privilège quelque part, enfin, tout dépend de la manière dont on le connaît…

▬ Je connais ce directeur. Fais-moi confiance, on ferait mieux de pas essayer de trop lui mentir. Il est drôlement dur à manipuler, et je sais de quoi je parle. Il a une dent contre ce surveillant, alors on ferait mieux de souligner son incompétence, et on aura une chance de s'en tirer sans trop de problèmes.
Elle regarda Karine, ah bon, alors elles avaient une petite chance de s’en tirer sans en prendre trop sur la gueule… Enfin, vraiment ave de la chance, même si le directeur s’entendait pas avec le surveillant, il fallait se demander pourquoi il croirait deux élèves plutôt qu’un membre du personnel, quand même. Mais bon, comme l’avait dit Karine, si ça collait pas entre les deux, il fallait sauter sur l’occasion et en profiter pour dire exactement ce qui s’était passé. Bah oui, après tout, à part avoir renversé le sceau d’eau sur sa tête, Karine et Gabriel y sont pour rien, hein !... oui, enfin, c’est aussi vrai que sans le sceau, elles seraient pas là… Ouais, bah c’était de la légitime défense, voilà.

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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Ven 1 Nov - 18:18


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones





Karine respira à fond en voyant le directeur glisser la clé dans la serrure de son bureau et ouvrir la porte avant d'y pénétrer. A partir de maintenant, le moindre mot, le moindre geste mal placé pouvait faire la différence entre l'exclusion ou l'amnistie. Il était temps de prouver qu'elle méritait mieux que quiconque le record du monde de manipulation des adultes. Elle s'assit à une chaise quand le directeur les invita à le faire. Elle retint de justesse un léger rire lorsque le surveillant fut obligé par le directeur à faire de même, un peu comme un enfant à qui on demanderait sèchement d'obéir sans faire d'histoire. Enfin, assis à son bureau, en face d'eux trois, le directeur remit tranquillement quelques papiers en ordre.

"Bon, alors c'est très simple. Vous allez chacun votre tour donner votre version des faits, et je me ferai ma propre idée à partir de ce qui a été dit, des contradictions prévisibles qui vont y être présentes, et de ce que je sais de vous trois. Ne croyez pas pouvoir me mentir, je m'attache personnellement à connaître chacun des pensionnaires ou membres du personnel qui vivent ici. Donc j'en sais plus sur vous que vous ne le pensez, et faites moi confiance, je saurai vérifier si ce que vous me dites est cohérent ou non. Ah, oui, et pas la peine d'essayer d'inventer une quelconque phobie supplémentaire pour justifier ce que vous avez fait, on m'a déjà fait le coup, et je vous laisse imaginer à quel point c'est peu crédible. Je vous écoute."

Karine ouvrit la bouche pour parler, mais le surveillant la devança. A croire qu'il avait guetté le moment où le directeur leur donnerait la parole! Elle dut serrer les poings pour se retenir de l'interrompre pour protester à chaque fois qu'il déformait la réalité. Après tout, le chef d'établissement avait clairement indiqué qu'il voulait que chacun puisse parler librement... Alors elle fit un effort et si elle se crispa un peu quand le surveillant les qualifia de "rebelles défiant purement et simplement l'autorité pour se rendre intéressantes", elle ne fit absolument aucun commentaire. Le directeur écouta lui-aussi sans dire un mot, et en hochant de temps en temps la tête, puis lorsqu'il eut compris que le surveillant avait terminé son récit, il se redressa un peu sur sa chaise.

"Vous devriez vous détendre un peu, Arrius. Vous allez finir par avoir des crampes aux doigts. Enfin, je trouve appréciable que vous ayez eu le fair-play de ne pas interrompre ni l'une ni l'autre mon employé. Bon, c'est à votre tour, et ensuite nous écouterons votre camarade."

Karine se figea et écarquilla légèrement les yeux en entendant le directeur s'adresser à elle. Elle avait été tellement concentrée pour se retenir d'en coller une au surveillant qu'elle n'avait même pas remarqué qu'il l'avait regardée. D'ailleurs, il l'avait appelé son "employé". Ainsi, il avait clairement rappelé le rapport de force entre eux deux, et en particulier le fait que ce poste n'était pas définitif... Il le menaçait clairement, et celui-ci avait l'air de s'en rendre compte, vu la manière dont il se tenait les mains d'un air anxieux. Bon, peu importe. Il fallait qu'elle se concentre pour donner sa version des faits. Aussi proche de la vérité que possible. Il fallait que ce soit crédible.

"On était dans ma chambre pour discuter tranquillement, moi et Gabriel. En fait, je lui montrais à quelle vitesse j'étais capable de dessiner. Sachant qu'à ma connaissance, ça n'est pas interdit par le règlement."

Elle s'interrompit, ayant accentué la dernière phrase en jetant un regard lourd de sens au directeur, pour lui rappeler clairement qu'ils lui avaient confisqué tout son matériel, et que du coup elle se retrouvait incapable de peindre à nouveau quoi que ce soit. Mais à sa grande déception, le directeur ne broncha pas le moins du monde. Il continua de la fixer en haussant légèrement les sourcils, comme pour lui reprocher sa pause.

"On était en train de discuter quand l'autre imbé... homme nous a interrompus et sous prétexte qu'on faisait trop de bruit, il nous a menacés de nous punir si on ne sortait pas. Je peux vous garantir que non seulement on ne faisait presque pas de bruit, mais qu'en plus on ne dérangeait personne vu que tout le monde était dehors sauf nous trois. La vérité, c'est qu'il voulait fouiller ma chambre pour vérifier que je n'avais plus de matériel, alors que c'est clairement interdit sans autorisation d'un supérieur.

- Autorisation que je n'ai pas donnée. Intéressant. Continuez, je vous prie.

- Elle... Elle ment! Comment pourrait-elle savoir une chose pareille! Ca n'a aucun sens! Vous ne pouvez pas la croire sur parole! Elle n'a AUCUNE preuve de ce qu'elle avance!"


Karine se retourna avec un grand sourire mauvais vers le surveillant.

"Si, j'ai une preuve. Votre tête. Il suffit de jeter un œil à votre face de rat pour comprendre que c'est parfaitement votre genre de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas.

- Sale petite peste!"


Ne supportant pas de la voir se moquer d'elle aussi ouvertement, et pour éviter de perdre son sang-froid et de la frapper, le surveillant la força à se retourner pour faire à nouveau face au directeur et continuer son récit. Seulement, il pensait que son dos était guéri depuis longtemps. Et il le fit donc un peu trop brutalement pour elle. Karine reste un moment figée, les yeux ronds, en entendant le craquement que produisit son dos, avant de s'écrouler sur le bureau en grimaçant de douleur. Bon, étant donné que les chaises en étaient assez proches, ce n'était que sa tête qui avait claqué contre le bureau, mais bon, c'était quand même assez pitoyable. Elle plissa les yeux, et soupira.

"Il manquait plus que ça... Hum, Gabriel? Dis, est-ce qu'encore une fois, tu pourrais m'aider? Je n'ai pas vraiment envie d'avoir à finir le récit dans cette position-là...

- Mais qu'est-ce qui vous prend? Ca va?

- Je croyais que vous suiviez les dossier des pensionnaires? Je me suis blessée au dos il y a quelques semaines, et apparemment c'est pas guéri. Hum, du coup, on pourrait pas carrément écouter Gabriel d'abord, le temps que je me... remette?"


Karine grimaça en voyant qu'aucun des deux adultes n'avaient l'air assez remis de leur stupéfaction pour répondre à sa question. Restait à espérer que Gabriel serait un peu plus vive d'esprit, et qu'une fois qu'elle l'aurait aidée, ils retrouveraient leur langue et leur cerveau.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Sam 2 Nov - 9:24
Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones — avec Karine Arrius
En entrant dans la pièce, Gabriel avait laissé ses yeux se balader un peu comme elle l’avait fait dans la chambre de Karine. Elle avait l’air un peu stressée mais c’est parce qu’elle s’avait pas à quoi s’attendre alors elle gardait les sourcils haussés. Elle suivait Karine et s’était assise à côté d’elle quand elle l’avait fait.

▬ Bon, alors c'est très simple. Vous allez chacun votre tour donner votre version des faits, et je me ferai ma propre idée à partir de ce qui a été dit, des contradictions prévisibles qui vont y être présentes, et de ce que je sais de vous trois. Ne croyez pas pouvoir me mentir, je m'attache personnellement à connaître chacun des pensionnaires ou membres du personnel qui vivent ici. Donc j'en sais plus sur vous que vous ne le pensez, et faites moi confiance, je saurai vérifier si ce que vous me dites est cohérent ou non. Ah, oui, et pas la peine d'essayer d'inventer une quelconque phobie supplémentaire pour justifier ce que vous avez fait, on m'a déjà fait le coup, et je vous laisse imaginer à quel point c'est peu crédible. Je vous écoute.
Gabriel fait la moue, cette technique ressemblait à un interrogatoire et ça lui plaisait pas, encore moins le fait qu’il commence par le surveillant. C’est vrai, c’est stupide, il aurait du demander d’abord à Karine ou à Gabriel, ensuite au surveillant, puis à l’autre qui n’avait pas parlé. Surtout qu’en plus, il semblait avoir un don pour déformer la réalité, son histoire on aurait dit un gamin maltraité par des plus grands sans raison. Ouais, il jouait la victime, sauf que c’était pas du tout ce qu’il était. Ça énervait tellement Gabriel qu’elle ne voulait même pas le regarder, elle préférait fixer quelque chose d’inanimé, mais elle pouvait pas empêcher ses sourcils de se froncer.

▬ Vous devriez vous détendre un peu, Arrius. Vous allez finir par avoir des crampes aux doigts. Enfin, je trouve appréciable que vous ayez eu le fair-play de ne pas interrompre ni l'une ni l'autre mon employé. Bon, c'est à votre tour, et ensuite nous écouterons votre camarade.
Oh, alors Karine était aussi énervée par le discours du surveillant que Gabriel. Enfin, ça se comprend, toutes les deux savaient la vérité et ce n’était pas ce qu’il racontait. Mais pour le coup, c’était leur parole contre la sienne. Vient le tour de Karine, Gabriel la regardait et ses sourcils avaient décidé de remonter, bon choix.

▬ On était dans ma chambre pour discuter tranquillement, moi et Gabriel. En fait, je lui montrais à quelle vitesse j'étais capable de dessiner. Sachant qu'à ma connaissance, ça n'est pas interdit par le règlement, Karine et le directeur échangèrent un regard, on était en train de discuter quand l'autre imbé... homme nous a interrompu et sous prétexte qu'on faisait trop de bruit, il nous a menacé de nous punir si on ne sortait pas. Je peux vous garantir que non seulement on ne faisait presque pas de bruit, mais qu'en plus on ne dérangeait personne vu que tout le monde était dehors sauf nous trois. La vérité, c'est qu'il voulait fouiller ma chambre pour vérifier que je n'avais plus de matériel, alors que c'est clairement interdit sans autorisation d'un supérieur.
Gabriel avait sourit au début, quand Karine avait failli appeler le surveillant imbécile, parce que c’est ce qu’il était exactement. Mais ce qu’elle avait dit suivait parfaitement la réalité. En fait, Gabriel venait juste de réaliser qu’elle n’avait aucune raison d’avoir fait ça. Le surveillant lui avait jamais rien fait et si ça se trouve, elle aurait jamais eu de problème avec lui. Bon, bien sûr, elle l’avait fait avec grand plaisir, parce qu’une accumulation de petites réflexions chiantes, ça soule à la fin. Mais elle aurait jamais dit non à une bonne farce, même si c’est sur quelqu’un qu’elle ne connaît pas, elle redoutait juste un peu que le directeur lui demande pourquoi elle décidé d’aider Karine. Au pire, elle dirait la vérité : elle avait envie, c’est tout.

▬ Autorisation que je n'ai pas donnée. Intéressant. Continuez, je vous prie.
Elle n’avait pas retenu un soupir de soulagement quand il avait dit ça. C’est vrai, elle avait quand même eu un peu peur à la fin, quand elle avait parlé de l’autorisation d’un supérieur, parce que si ça se trouve, le directeur avait donné cette autorisation. Heureusement que c’est pas le cas, sinon même pas la peine de discuter, elles seraient en tort.

▬ Elle... elle ment ! Comment pourrait-elle savoir une chose pareille ! Ça n'a aucun sens ! Vous ne pouvez pas la croire sur parole ! Elle n'a AUCUNE preuve de ce qu'elle avance !
Et voilà, il fallait qu’il intervienne alors qu’elles n’avaient rien dit pendant qu’il racontait ses conneries. Mais c’était plus fort que lui, manifestement, il ne comprenait pas quand est-ce qu’il valait mieux pour lui qu’il se taise.

▬ Si, j'ai une preuve. Votre tête. Il suffit de jeter un œil à votre face de rat pour comprendre que c'est parfaitement votre genre de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas.
Haha, ça c’est bien envoyé et en plus, ça correspond à sa tête. C’est vrai, un rat qui vient fouiner partout, c’était génial comme comparaison.

▬ Sale petite peste !
Alors là, ça commençait à bien faire. Gabriel serrait les dents, ça se voyait clairement à l’expression de son visage et au regard qu’elle lançait au surveillant qu’elle se retenait de lui foutre une énorme beigne en pleine tronche. Sérieusement elle en pouvait plus de ses grands airs de con et c’était un miracle si elle bronchait pas, avec n’importe qui d’autre, elle se serait pas retenue de péter un plomb. C’était parce que le directeur était là qu’elle se retenait, c’est sûr. Enfin bon, l’autorité, Gabriel aime pas trop ça et elle aime encore moins devoir se plier aux règles, mais elle voulait pas risquer d’énerver plus le directeur. Et ça lui ferait mal de se faire punir pour un petit coup sur un idiot comme ce surveillant.

Un peu pour se calmer et puis elle le faisait depuis qu’ils étaient entrés dans le bureau du directeur, elle frottait les ongles de sa main gauche contre ceux de sa main droite. Ça lui arrivait souvent de faire ça, elle aimait bien le petit bruit que ça faisait, c’était rassurant, et là elle espérait que ça l’aiderait à se calmer. Elle allait se retourner quand Karine s’aplatit sur le bureau d’un seul coup. Action réaction, au même moment, Gabriel s’était brusquement levée en manquant de faire tomber sa chaise. Elle avait compris dès la seconde d’après que c’était à cause de son dos qu’elle se retrouvait dans cet état.

▬ Il manquait plus que ça... Hum, Gabriel ? Dis, est-ce qu'encore une fois, tu pourrais m'aider ? Je n'ai pas vraiment envie d'avoir à finir le récit dans cette position-là...
Alors tout de suite, Gabriel s’est penchée pour aider Karine sans faire attention ni au surveillant ni au directeur. Pfff, eux ils restaient plantés là comme des huîtres à regarder Karine et aucun n’a pensé à l’aider nan ? Rien que de penser à ça l’avait fait soupirer d’agacement, avec un peu de chance pas trop fort. Bon, c’était la troisième fois qu’elle allait aider Karine à se redresser alors elle commençait à savoir comment faire. On reprend les mêmes gestes et on recommence et bien sûr, toujours en douceur.

▬ Mais qu'est-ce qui vous prend ? Ça va ?
La question stupide par excellence. Un peu comme quand quelqu’un se casse la gueule et qu’on lui demande si ça va. Bah bien sûr qu’elle va bien, elle a juste eu envie de s’écrabouiller la tête sur le bureau soudainement, mais à part ça, ça va très bien. Par réflexe, Gabriel releva un peu la tête et regarda le directeur l’air de dire « c’est sérieux ? », mais elle resta pas longtemps comme ça, elle devait aider Karine et c’était plus important que de s’occuper de lui.

▬ Je croyais que vous suiviez les dossiers des pensionnaires ? Je me suis blessée au dos il y a quelques semaines, et apparemment c'est pas guéri. Hum, du coup, on pourrait pas carrément écouter Gabriel d'abord, le temps que je me... remette ?
Oui, elle savait qu’elle allait devoir parler à un moment ou un autre, mais pas une seconde elle avait réfléchi à comment elle allait résumer ce qui s’était passé. Alors comme elle était concentrée à essayer d’aider Karine, elle s’était dit que c’était pas le moment de réfléchir trois ans à comment formuler tout ça.

▬ Ouais en gros c’est ça. Enfin, au début on était dehors, après on est rentrées pour aller dans la chambre de Karine. Là, lui, elle montra d’un coup de tête le surveillant, il est venu et nous a dit qu’on avait dix minutes pour sortir. Et le reste, bah, vous le savez.
Elle venait tout juste de finir de redresser Karine, elle lui avait doucement demandé si ça allait, et s’était ensuite rassise en remettant vite-fait ses cheveux en place.

▬ Et tout ça avec des mots doux, bien sûr.
Ah oui, il manquait la petite touche d’ironie, c’est vrai. Elle espérait avoir réussi à résumer assez bien ce qui s’était passé, enfin, elle avait pas l’impression d’avoir exagéré quoi que ce soit. En s’asseyant, Gabriel avait croisé les bras et les jambes et haussait un sourcil, curieuse de voir ce qu’allait dire le directeur… ouais, elle était curieuse d’entendre, plutôt, c’est plus logique.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Sam 2 Nov - 12:03


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones





Karine songea avec amertume que ça commençait à devenir presque une habitude. Ca faisait la troisième fois qu'elle se retrouvait paralysée par la douleur de cette façon. En tout cas, elle soupira de soulagement en voyant que Gabriel était plus réactive que les deux adultes, qui étaient toujours figés par la surprise. Dès qu'elle l'avait vue s'effondrer sur le bureau, elle s'était levée d'un bond pour l'aider. Heureusement qu'elle était là. Sinon elle aurait dû perdre 5 bonnes minutes à leur expliquer la situation, avant qu'ils ne la remettent debout comme des brutes.

"Ouais en gros c’est ça. Enfin, au début on était dehors, après on est rentrées pour aller dans la chambre de Karine. Là, lui, il est venu et nous a dit qu’on avait dix minutes pour sortir. Et le reste, bah, vous le savez."

Ah, oui, c'était vrai qu'elle lui avait aussi demandé de s'expliquer à sa place. Elle lui jeta un regard profondément reconnaissant, quand grâce à elle, elle se retrouva à nouveau à la verticale. Encore une fois, Karine était impressionnée de la douceur avec laquelle elle l'avait fait. Elle ne lui avait même pas fait mal. Elle regarda Gabriel s'assoir et remettre un peu ses cheveux en place. Une mèche de cheveux lui barrant la vue, elle la remit elle-aussi en place en soufflant. Oui, elle préférait éviter de s'écrouler une quatrième fois parce qu'elle aurait bougé son bras trop vite, ou de devoir bouger au ralenti. Elle était suffisamment peu crédible comme ça, pas la peine d'en rajouter. D'autant qu'elle imaginait sans trop de difficulté la marque rouge sur son front qu'avait dû produire le choc entre le bureau et sa tête.

"Et tout ça avec des mots doux, bien sûr."

Karine sourit en entendant Gabriel. Elle partageait entièrement son avis, et cette pointe d'ironie lui plaisait beaucoup, elle ne le cachait pas. La réaction des deux adultes ne se fit pas attendre, cette fois. L'humour les avait fait se ressaisir. Le surveillant se retenait visiblement de protester, mais apparemment, il était suffisamment choqué par ce qui venait de se passer pour se taire. Après tout, à ses yeux, c'était comme si il venait de blesser un pensionnaire. Il ne savait pas que Karine s'était déjà écroulée dans la journée, et avait donc toutes les raisons de croire que par sa faute, elle se retrouvait à nouveau convalescente. Le directeur s'appuya un peu plus sur le dossier de son fauteuil, puis regarda tour à tour les deux filles et le surveillant. Puis il s'adressa finalement à ce dernier.

"Vous confirmez leur version? Vous étiez venu fouiller dans la chambre sans mon autorisation?

- Non! Enfin, je...

- Je vois. Votre visage parle de lui-même.

- C'est bien ce que je disais. Face de rat.

- N'en rajoutez pas, vous. Il a beau m'avoir désobéi et menti, vous êtes dans la même situation."


Karine le dévisagea en silence, intérieurement stupéfaite. Le directeur sourit.

"A force de vous croiser, je commence à vous connaître. Je sais que vous êtes quelqu'un de discret et de suffisamment intelligent pour ne pas se laisser prendre aussi facilement. Alors je trouve un peu dur à avaler, même si je crois avoir compris que vous ne portez pas cet homme dans votre cœur, que vous ayez décidé de vous venger de lui par pure colère. Il y a une autre raison, n'est-ce pas?"

Touché coulé. Karine était profondément dépitée de voir qu'il avait deviné tout ça aussi facilement. Décidément, il était beaucoup plus fort que tous les autres adultes auxquels elle avait l'habitude de se mesurer. Il ne lui avait fallu que quelques minutes pour déceler la faille de son argumentation. Et la manière dont il fixait sa sacoche ne lui laissait aucun doute. Il avait tout compris. Il avait peut-être remarqué qu'elle était plus prudente que d'habitude avec, ou que depuis quelques temps elle ne l'emportait plus aussi souvent avec elle que d'habitude? Dans tous les cas, si elle ne changeait pas rapidement de sujet, elle était fichue.

"Non, mais comprenez-moi, quoi, ce type m'a traînée la première fois à l'infirmerie où j'ai eu quelques problèmes avec votre personnel soi-disant dépressif, et c'est aussi à cause de lui que vous m'avez confisqué tout mon matériel! Je n'ai plus la moindre goutte de peinture pour calmer mes crises, à cause de lui! En plus, j'imagine que je vais devoir reprendre des rendez-vous à l'infirmerie, vu qu'il m'a blessée, non?"

Karine perdit de son assurance en voyant le directeur la fixer en plissant les yeux. Quoi? Elle avait été convaincante, pourtant! Qu'est-ce qui n'allait pas encore? Il n'avait quand même pas deviné qu'elle mentait une seconde fois, si? Il posa à nouveau les yeux sur sa sacoche qui pendait à la chaise, puis soupira.

"Vous êtes une obstinée, pas vrai? Et douée pour mentir en plus. En fait, le seul problème pour vous, c'est que je vous ai vue tomber dans le jardin. Et sachant que vous avez menti sur ce point, je ne vois pas pourquoi je devrais croire le reste. En fait, je vais même jouer à votre petit jeu."

Karine dut se retenir pour ne pas se prendre la tête dans les mains de dépit. Evidemment. Il était là à ce moment là. Il n'avait pu que la voir, comme tous les autres qui avaient dû se demander ce qui lui arrivait. Ce qui lui faisait le plus peur, c'est son histoire de petit jeu. Mais qu'est-ce qu'il voulait dire par là. Il souriait, maintenant, en plus. Ca ne lui disait rien qui vaille. Elle jeta un regard à Gabriel, d'un air qui exprimait clairement à quel point elle ne comprenait rien à ce qu'il venait de dire.

"Vous voyez, je suis passionné d'art. Et j'aimerais beaucoup voir ces dessins que vous avez fait. Ils sont dans votre sacoche, n'est-ce pas? Puisque vous n'avez plus de matériel et que le dessin n'est pas interdit, comme vous l'avez si bien souligné, ça ne devrait pas vous poser de problème.

- En fait, si. C'est privé, et...

- Donnez-moi cette sacoche, Arrius. Après tout, vous n'avez rien à cacher."


Karine blêmit en entendant le ton menaçant qu'il venait d'employer. Il venait de laisser clairement entendre qu'il n'y aurait pas de second avertissement. Elle n'était pas en état de protester, elle le savait. Elle soupira, puis la posa sur le bureau, avant de détourner les yeux sans dire un mot. Ca y est, elle était fichue. Enfin, avec un peu de chance, il laisserait Gabriel tranquille après avoir obtenu suffisamment de raisons pour la punir à vie... Elle le regarda d'un air exaspéré sortir son carnet à dessin de son sac sans même y prêter attention, puis finalement en sortir une dizaine de petits tubes de gouache et deux trois pinceaux. Il sourit.

"C'est bien ce que je pensais. Plus la moindre goutte de peinture, hein?

- C'est bon, j'ai compris. Pas la peine d'en rajouter."


Le surveillant fut surpris de voir que le directeur ne broncha pas, et qu'au contraire il sourit un peu plus. De toute évidence, il avait suffisamment de sens de l'humour pour ne pas mal prendre la mauvaise humeur de Karine. Il se retourna vers Gabriel en voyant qu'il n'obtiendrait certainement pas un mot de plus de la peintre, puis retrouva son sérieux.

"Gabriel Meery, c'est ça? Je n'ai pas encore eu l'occasion de vous accueillir dans mon bureau. D'après ce qu'on m'a dit, vous êtes un peu en froid avec les règles vous aussi. Enfin j'imagine que vous avez aussi une raison pour laquelle vous avez accepté de l'aider à réaliser ça.

- Elle a juste voulu m'aider parce que je le lui ai demandé comme un service.

- Vous vous appelez Gabriel Meery? Je ne crois pas vous avoir posé de question, Arrius. Bon, Meery, cette réponse?"


Karine se renfrogna sur sa chaise, vexée, et préféra se taire en regardant ses chaussures. Après tout, il n'avait pas tort. Elle n'avait plus son mot à dire, là. Et puis elle aussi se demandait pourquoi Gabriel avait accepté aussi facilement de l'aider. Avait-elle une autre raison que la simple envie de se venger de ce type pour son irrespect?
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Dim 3 Nov - 10:04
Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones — avec Karine Arrius
Gabriel fixait le directeur avec un sourcil haussé, les bras croisé, comme si elle lui disait « bah vas-y, fais ton boulot maintenant ». Elle s’attendait à ce qu’il tranche tout de suite, un peu comme un juge et qu’il décrèterait que Karine et Gabriel ont raison et que le surveillant est en tort. Sauf que ça allait pas exactement se passer comme ça. Pas du tout même.

▬ Vous confirmez leur version ? Vous étiez venu fouiller dans la chambre sans mon autorisation ?
Ah tiens, peut-être qu’il va enfin se décider à dire la vérité celui-là. Avec un peu de chance, la présence du directeur va le ramener à la raison, il pourrait soudainement retrouver la mémoire. Enfin, ce serait mieux, parce que le directeur a pas l’air d’aimer les menteurs, même s’ils font partie du personnel. Ouais, personnel ou pas, un menteur reste un menteur alors il peut recommencer à tout moment et avec n’importe qui.

▬ Non ! Enfin, je...

▬ Je vois. Votre visage parle de lui-même.

▬ C'est bien ce que je disais. Face de rat.
Gabriel sourit et pouffe un petit peu. Bah oui, ça la fait rire, y’a pas de quoi en faire un drame. En plus, c’est marrant comme insulte, elle imagine une tête de rat sur le corps du surveillant alors bien sûr, ça accentue le côté drôle, et c’est pour ça qu’elle met sa main devant sa bouche pendant un instant. Elle voulait pas que le directeur croit qu’elle se moquait de lui, valait mieux prendre ses précautions.

▬ N'en rajoutez pas, vous. Il a beau m'avoir désobéi et menti, vous êtes dans la même situation. À force de vous croiser, je commence à vous connaître. Je sais que vous êtes quelqu'un de discret et de suffisamment intelligent pour ne pas se laisser prendre aussi facilement. Alors je trouve un peu dur à avaler, même si je crois avoir compris que vous ne portez pas cet homme dans votre cœur, que vous ayez décidé de vous venger de lui par pure colère. Il y a une autre raison, n'est-ce pas ?
Là, Gabriel venait de se poser une question. Pourquoi elle n’avait pas attrapé le bras de Karine pour pouvoir s’enfuir en courant comme elles l’avaient fait juste avant ? C’est vrai, ça leur aurait évité de se faire choper, mais bon, peut-être que le surveillant les aurait poursuivies… mouais, en fait, c’était pas une bonne idée.

▬ Non, mais comprenez-moi, quoi, ce type m'a traînée la première fois à l'infirmerie où j'ai eu quelques problèmes avec votre personnel soi-disant dépressif, et c'est aussi à cause de lui que vous m'avez confisqué tout mon matériel ! Je n'ai plus la moindre goutte de peinture pour calmer mes crises, à cause de lui ! En plus, j'imagine que je vais devoir reprendre des rendez-vous à l'infirmerie, vu qu'il m'a blessée, non ?
Ah, Gabriel comprenait mieux pourquoi Karine avait une dent contre ce surveillant. Alors c’est de sa faute si elle n’a plus aucune peinture et c’est aussi à cause de lui si Karine ne souriait pas au début. Tout est plus clair. Mais, comment ça, pour calmer ses crises ? Est-ce que son problème a un rapport avec la peinture ? Ça pique la curiosité de Gabriel, ça… C’est vrai qu’elle n’avait pas pensé à ça une seule fois, Karine a l’air tellement normale, c’est vrai, c’est à se demander ce qu’elle fait là.

▬ Vous êtes une obstinée, pas vrai ? Et douée pour mentir en plus. En fait, le seul problème pour vous, c'est que je vous ai vue tomber dans le jardin. Et sachant que vous avez menti sur ce point, je ne vois pas pourquoi je devrais croire le reste. En fait, je vais même jouer à votre petit jeu.
Mais qu’est-ce qu’il raconte ? Juste avant, il semblait croire tout ce qu’elle disait pourtant, alors qu’est-ce qui lui prend de douter d’un seul coup ? Et c’est quoi cette histoire de jeu ? Là, quinze mille questions fusent dans le cerveau de Gabriel, elle ne sait plus dans quel camp se trouve le directeur finalement. Oui, pour elle, dans cette histoire il y a deux camps : celui de Karine et Gabriel et celui du surveillant. Et on ne peut être que dans une seule équipe, comme pour le sport, on change pas d’équipe juste parce qu’on ne peut pas se décider. Bon, bah là c’est pareil.

▬ Vous voyez, je suis passionné d'art. Et j'aimerais beaucoup voir ces dessins que vous avez fait. Ils sont dans votre sacoche, n'est-ce pas ? Puisque vous n'avez plus de matériel et que le dessin n'est pas interdit, comme vous l'avez si bien souligné, ça ne devrait pas vous poser de problème.

▬ En fait, si. C'est privé, et...

▬ Donnez-moi cette sacoche, Arrius. Après tout, vous n'avez rien à cacher.
Gabriel fronçait un petit peu les sourcils, elle trouvait que le directeur ne jouait pas à la loyale, il utilisait son statut pour forcer Karine à lui donner sa sacoche en sachant très bien ce qu’il allait trouver dedans. Bon, c’était un peu normal d’un côté, mais forcer quelqu’un à faire quelque chose, c’est jamais bien. Elle avait pensé qu’il était différent, mais après tout, tous les adultes sont pareils : toujours près à être en position de force sur un jeune. Elle le sait bien, les adultes refusent toujours d’avoir tort et ça joue dans le fait qu’ils soient tellement chiants.

En même temps, elle venait de réaliser qu’elle connaissait pas le nom de famille de Karine. Hum, Arrius… Original, ça allait bien avec son prénom au moins, c’est joli à entendre. Bah oui, il y a des prénoms et des noms qui vont absolument pas ensemble et qui sont agressants à l’oreille et Gabriel en a déjà entendu. Mais c’est pas le cas pour Karine. Mais bon, elle n’y fera plus attention d’ici deux minutes et l’aura peut-être oublié dans dix.

▬ C'est bien ce que je pensais. Plus la moindre goutte de peinture, hein ?
Quel commentaire utile. Gabriel adore l’ironie mais quand ça reste gentil, et là, le directeur a l’air de prendre un malin plaisir à enfoncer le couteau dans la plaie, ça doit l’amuser de rappeler à Karine qu’elle n’aurait pas du garder de peinture. Gabriel fronce alors un peu plus les sourcils, ce genre de stratagème la dégoûte, surtout pour des interdictions aussi stupides que celle-là.

▬ C'est bon, j'ai compris. Pas la peine d'en rajouter.
En tournant un peu la tête, elle regardait Karine avec de l’empathie dans les yeux, elle avait de la peine pour elle parce qu’elle aussi savait ce que ça faisait d’être privé de quelque chose dont on a vraiment besoin…

▬ Gabriel Meery, c'est ça ? Je n'ai pas encore eu l'occasion de vous accueillir dans mon bureau. D'après ce qu'on m'a dit, vous êtes un peu en froid avec les règles vous aussi. Enfin j'imagine que vous avez aussi une raison pour laquelle vous avez accepté de l'aider à réaliser ça.
Elle se retourne vers le directeur quand celui-ci dit son nom. C’était pas plus mal, elle vit très bien sans être jamais venue ici alors c’est pas une grande perte. Voilà la question qu’elle redoutait, comme prévu, elle s’apprêtait à sortir la réponse la plus basique du monde, mais Karine lui avait coupé l’herbe sous le pied et avait parlé à sa place.

▬ Elle a juste voulu m'aider parce que je le lui ai demandé comme un service.
À entendre Karine, Gabriel n’avait rien fait dans cette histoire. Une seconde… ouais, en fait, ça s’entendait qu’elle cherchait à minimiser son rôle dans la farce. C’était noble de sa part, Gabriel trouvait ça gentil, mais elle ne voulait pas que Karine paye seule pour ce qu’elles avaient fait à deux, ce serait injuste…

▬ Vous vous appelez Gabriel Meery ? Je ne crois pas vous avoir posé de question, Arrius. Bon, Meery, cette réponse ?
Gabriel regardait de nouveau le directeur. Lui aussi commençait à montrer son côté prétentieux, parce que tout le monde en a un et pour Gabriel, les adultes encore plus. C’est pour ça qu’elle veut pas vieillir, les adultes sont de tellement mauvaise foi qu’elle a aucune envie de devenir comme ça, elle s’énerverait elle-même.

▬ Elle est toute simple : c’est très amusant de torturer votre petit personnel.
Elle lui fit un énorme sourire qui se voulait un peu forcé quand même. Elle donnait l’impression de chercher à le provoquer, mais en même temps, c’est vrai qu’elle essayait un petit peu. C’était sûrement son côté mesquin qui ressortait, elle voulait s’amuser un peu. Le pauvre surveillant avait déjà beaucoup subi, c’était peut-être pas utile de s’acharner encore sur lui, Gabriel a pitié alors elle va le laisser tranquille. Mais sinon, elle est sûre qu’elle aurait trouvé des trucs à dire. Le directeur, lui, la regardait, il avait pas l’air très satisfait de cette réponse.

Elle lève la tête et regarde un peu le bureau dans son ensemble : les murs, la décoration. C’est un peu vide tout ça, il a le droit de vouloir rester sobre, mais là quand même. Ça fait presque cellule de prison, c’est ridicule. Au moins, voilà une chose qu’elle va pouvoir critiquer.

▬ Vous savez, niveau décoration, y’a mieux, surtout pour un “passionné d’art”. Si vous rendiez sa peinture à Karine, elle pourrait facilement rendre tout ça un peu plus… beau ? Enfin, ça donnerait peut-être envie aux élèves de venir dans votre bureau.
Ah, elle a trouvé ce qu’elle allait dire pour expliquer le fond de sa pensée. En tout cas, els sous-entendus qu’elle venait de faire étaient assez clairs pour elle, elle espérait qu’il les comprendrait en fait. Mais le mieux, c’est qu’elle ne sous-entend pas du tout que la pièce et moche, ah non, pas du tout ! Elle reprend en baissant la tête et en faisant la moue.

▬ Vous imaginez si le monde était sans couleurs ? Ce serait triste, vous ne croyez pas ?
Haha, c’est pas son genre de faire des métaphores, en général ça foire, mais là, elle se demandait si elle avait bien fait d’en sortir une. Le monde, c’est Karine et sans peinture, Karine est triste. Bon, c’est vrai que c’est pas très cinglant… pas du tout même, mais il fallait déjà la comprendre pour pouvoir faire un commentaire à deux balles. Bah oui, elle était sûre que Karine comprendrait, mais le directeur et le surveillant, c’est une autre histoire… Surtout que leur cerveau n’ont pas l’air super développés, ça risque d’être délicat comme affaire.

Bref, c’est fini pour les métaphores, ça fait surchauffer les cerveaux, Gabriel préfère revenir à son mode de fonctionnement habituel. C’est plus clair et au moins on passe pas trois ans à essayer de comprendre ce qu’elle veut dire. Quoi que, des fois on comprend pas ce qu’elle dit même quand elle est directe… Mais ça c’est une autre affaire de savoir si elle sait parler ou pas, mais on va quand même pas la ramener à la maternelle pour lui apprendre l’alphabet.

▬ Bon, c’est pas tout ça mais il fait beau, ce serait bête de rester enfermés ici, non ? Je suis sûre que monsieur est d’accord avec moi, encore un petit coup de tête vers le surveillant, et je ne vous cache pas que je commence à m’impatienter.
Elle avait pris un air faussement triste mais avait quand fait un petit sourire en coin. C’était la vérité en plus, elle en avait marre de cette histoire et aurait préféré ne pas venir dans le bureau. C’est vrai, elle était tellement mieux dehors avec Karine, il faudrait qu’elle lui propose avec elle pour se rouler dans l’herbe comme tout à l’heure, c’est tellement agréable. Elle avait accentué le “monsieur” pour montrer à quel point ça lui arrachait la gueule de devoir utiliser cette formule juste pour la politesse. D’ailleurs, c’est vrai que d’habitude, elle est pas aussi polie, elle est peut-être malade ? Ou alors c’est à cause de la présence du directeur. Mystère…
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Mer 6 Nov - 16:15


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones




"Elle est toute simple : c’est très amusant de torturer votre petit personnel."

Karine regarda avec plaisir toute joie disparaître instantanément du visage du directeur. Il n'avait pas l'air satisfait par cette réponse, mais alors pas du tout. Il ne répondit pas, dévisageant Gabriel. De toute évidence, il avait du mal à la croire, et cherchait à savoir si elle se moquait de lui ou si elle était vraiment sincère. Et intérieurement, Karine était en train de remercier de tout son cœur la jeune fille. Parce que c'était de ce genre de distraction dont elle avait besoin pour pouvoir réfléchir tranquille à son plan.

"Vous savez, niveau décoration, y’a mieux, surtout pour un “passionné d’art”. Si vous rendiez sa peinture à Karine, elle pourrait facilement rendre tout ça un peu plus… beau ? Enfin, ça donnerait peut-être envie aux élèves de venir dans votre bureau. Vous imaginez si le monde était sans couleurs ? Ce serait triste, vous ne croyez pas ?"

Karine se figea, puis tourna à nouveau la tête vers Gabriel. Elle avait saisi les sous-entendus, et elle n'était pas la seule. Le directeur se taisait toujours, les fixant d'un air sombre qui ne lui disait rien qui vaille. Elle était partagée entre la curiosité qu'elle éprouvait à voir Gabriel prendre ainsi sa défense, et une terrible envie de se moquer du directeur. Après tout, pour une fois qu'il perdait sa langue. Mais pour le moment, elle se contentait de le fusiller du regard en silence, pour bien lui faire comprendre qu'elle était furieuse, et vaincue. Surtout, il fallait qu'il le croie.

"Bon, c’est pas tout ça mais il fait beau, ce serait bête de rester enfermés ici, non ? Je suis sûre que monsieur est d’accord avec moi, et je ne vous cache pas que je commence à m’impatienter."

Le surveillant, qui s'était renfrogné en l'entendant répondre au directeur, parut tout à coup beaucoup moins rancunier, et hocha la tête vigoureusement pour montrer qu'il était d'accord avec elle. Le directeur soupira, puis afficha un sourire fatigué.

"Je trouve vraiment... touchant que vous vous souciez autant du sort d'Arrius. Seulement, vous voyez, on ne désobéit pas aux règles impunément. D'ailleurs, toutes les deux, ne comptez pas vous en sortir aussi facilement. Vous allez me nettoyer toute l'eau que vous avez mise dans le couloir, et pendant une semaine, entre vos activités, vous aiderez monsieur dans sa tâche habituelle: nettoyer le hall après le passage des pensionnaires.

- Mais... Ce n'est pas ma tâche habituelle, vous devez vous tromper...

- Hé bien ça le sera pendant une semaine."


Karine réprima un sourire en voyant le surveillant blêmir. Elle aurait trouvé tellement injuste qu'elles soient les seules punies que pendant un instant, elle en oublia presque que le contenu de son sac gisait tristement sur le bureau du directeur. Ce fut de courte durée. Son envie de sourire disparut lorsqu'elle vit le directeur faire tomber les tubes de gouache dans son tiroir avant de le fermer à clé. Avec un sourire narquois qui la fit se hérisser, il lui tendit son sac et le reste de son matériel, c'est à dire son carnet et ses crayons de couleur. Elle les rangea dans son sac en évitant son regard, puis le posa contre la chaise avec une froideur et un agacement visible.

"Arrius, j'espère que cette fois vous retiendrez la leçon. Vous avez quelque chose à ajouter? Des excuses, peut-être?"

Karine se tut quelques secondes. Elle était à la fois indignée de voir le directeur s'amuser autant de sa défaite, et incapable de savoir comment réagir. Elle ne voulait ni griller sa couverture, ni s'attirer plus d'ennuis encore. Mais au fond, elle n'avait plus besoin de faire semblant: elle bouillonnait vraiment de colère. Ce directeur était complètement idiot, ou il le faisait exprès? Elle n'avait pas été assez claire? Ou alors il n'avait pas compris qu'elle avait perdu cette manche et qu'elle le prenait très très mal? Soit, elle allait être plus explicite. Avec un grand sourire forcé, elle lui fit un bras d'honneur.

"Ca vous va, ou je développe?

- Charmant. Mais ne vous en faites pas, vous aurez tout le loisir de "développer" après avoir nettoyé les couloirs et fait un tour à l'infirmerie pour votre dos. Il faut que je vous voie pour parler de votre punition pour l'atelier, en privé. En attendant, étant donné qu'il me faut discuter avec "monsieur" de son comportement, commencez à nettoyer. J'imagine que vous savez où se trouve la matériel pour nettoyer les taches d'eau et de peinture, Arrius, n'est-ce pas? Parfait! Allez-y, et n'oubliez pas que je vous ai à l'œil!

- Difficile de l'oublier."


Le  directeur fronça les sourcils, mais ne fit aucun commentaire. Il se contenta de les regarder sortir d'un air sévère, avant de se retourner vers le surveillant. Après tout, il aurait tout le temps de reprocher son mauvais comportement à Karine plus tard. Celle-ci referma la porte du bureau derrière elle, puis s'avança dans le couloir jusqu'à ce qu'elle soit sûre que le directeur était trop occupé à crier sur le surveillant pour les entendre. Elle se retourna alors vers Gabriel, un grand sourire aux lèvres.

"J'ai cru qu'il allait vraiment m'avoir, cette fois. Mais heureusement, il a vraiment cru que j'étais en colère. Il faut croire que je le mérite vraiment, ce record du monde de manipulation des adultes!"

Elle ouvrit sa sacoche, puis en montra le contenu à Gabriel. A première vue, il n'y avait à l'intérieur que le matériel que lui avait rendu le directeur. Mais c'était là qu'était toute la nuance. Car si on y regardait d'un peu plus près, on remarquait que le fond n'en était pas un. Elle glissa son ongle entre ce faux fond et le vrai, dévoilant en le détachant doucement une poche contenant une bonne cinquantaine de tubes de gouaches rangées dans une boite en plastique rigide. Karine sourit un peu plus.

"Le directeur avait raison sur un point. Je n'aurais jamais pris le risque de me faire punir pour une simple vengeance. Ce n'était qu'une distraction, pour détourner l'attention de ma sacoche. Mais comme je me méfiais du directeur, j'ai caché ma peinture dans cette poche. Les tubes qu'il a pris étaient vide, et les pinceaux tellement usés qu'ils en sont inutilisables. C'était un gros coup de bluff, tout comme la fausse colère. De la comédie. Et il a tout avalé."

Elle referma son sac au cas où un autre surveillant aurait eu la mauvaise idée de venir voir pourquoi le directeur avait soudainement convoqué des personnes, mais il n'y avait pas un bruit. On entendait ainsi le directeur faire des reproches au surveillant, ou du moins on le devinait à son ton, ses paroles rendues incompréhensibles par la distance et la porte les séparant d'eux.

"Bon, nettoyage, torture, et c'est mon tour. J'ai intérêt à jouer mon rôle mieux que jamais si je ne veux pas finir comme "monsieur". Bon, il y a des serpillères dans un placard par là, si je ne me trompe pas..."

Elle se dirigea sans hésitation vers une porte (il fallait dire qu'à force d'avoir des accidents elle connaissait bien le chemin), puis après l'avoir ouverte comme celle de sa chambre, elle en sortit deux serpillères, et en tendit une à Gabriel.

"Ca risque de pas être super amusant, mais on ferait mieux d'obéir pour cette fois si on veut pas de vrais ennuis."

Et puis plus tôt elle s'y mettrait, plus vite elle négocierait la récupération de son atelier.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Sam 9 Nov - 14:47
Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones — avec Karine Arrius
Gabriel se doutait que le surveillant serait d’accord avec elle, parce que s’il ne l’était pas, il se serait lui-même contredit par rapport à la “gentille demande” qu’il leur avait fait plus tôt. Mais c’est sûr que c’est pas lui qui dirait le contraire, il préférait sûrement sortir pour ne risquer d’avoir plus d’ennuis. Et au fond d’elle, Gabriel espérait quand même que ça s’arrêterait pas là pour lui.

▬ Je trouve vraiment... touchant que vous vous souciez autant du sort d'Arrius. Seulement, vous voyez, on ne désobéit pas aux règles impunément. D'ailleurs, toutes les deux, ne comptez pas vous en sortir aussi facilement. Vous allez me nettoyer toute l'eau que vous avez mise dans le couloir, et pendant une semaine, entre vos activités, vous aiderez monsieur dans sa tâche habituelle : nettoyer le hall après le passage des pensionnaires.
Il se moquait de qui là ? Bien sûr qu’elle se souciait du sort de Karine. Non mais franchement, si elle devait se foutre complètement des personnes qu’elle vient de rencontrer, Gabriel s’intéresserait pas à beaucoup de monde. Et puis bon, Karine, elle l’aimait bien alors elle allait pas la laisser dans la merde comme ça.
Non mais quoi, une semaine de ménage ! C’est une blague, comme si Gabriel allait penser faire ça. Mais elle a pas que ça à faire en plus, là, elle est pas satisfaite du tout du dernier mot du directeur. Bon, c’était avec Karine donc ça allait, c’est pas ça qui la dérangeait, c’est le fait de devoir faire le ménage. Franchement, si elle a jamais su ranger sa chambre, c’est pas pour rien alors pourquoi elle irait faire le ménage dans des couloirs !

▬ Mais... ce n'est pas ma tâche habituelle, vous devez vous tromper...

▬ Hé bien ça le sera pendant une semaine.
Haha, bien envoyé. Là, Gabriel était bien obligée de reconnaître que ce que venait de dire le directeur était amusant, enfin, ça l’avait fait rire, elle avait même un peu pouffé en essayant de rester discrète. Au moins, elles seront pas seules à faire le ménage. La répartie, Gabriel adorait ça et les gens disent d’ailleurs qu’elle en a pas mal, même si ça peut lui arriver qu’elle se bloque et ait l’air d’une parfaite idiote.

▬ Arrius, j'espère que cette fois vous retiendrez la leçon. Vous avez quelque chose à ajouter ? Des excuses, peut-être ?
Gabriel tourna un peu la tête pour regarder Karine. D’un côté, elle espérait qu’elle n’allait pas s’excuser, parce que Gabriel sait à quel point c’est chiant d’être forcé de s’excuser sans avoir rien fait de mal. Bah non, ce qu’elles avaient fait était de la légitime vengeance, c’est tout, y’avait pas de raison de s’excuser…

▬ Ça vous va, ou je développe ?
Gabriel était d’abord restée bouche-bée devant ce que Karine venait de faire, parce qu’elle s’y attendait pas et surtout parce que ça allait sûrement pas faire plaisir au directeur. Mais juste après, Gabriel avait fait un sourire narquois, Karine avait tout résumé avec ce bras d’honneur, et en plus c’était magistral. Gabriel l’aurait pas fait, elle était pas encore au point d’énervement où elle se permettait de faire un bras d’honneur carrément au directeur, mais elle était bien contente que Karine l’ait fait. Et même ça, c’était encore trop gentil selon elle. M’enfin bon, faut pas trop demander, Karine pourrait avoir des ennuis.

▬ Charmant. Mais ne vous en faites pas, vous aurez tout le loisir de "développer" après avoir nettoyé les couloirs et fait un tour à l'infirmerie pour votre dos. Il faut que je vous voie pour parler de votre punition pour l'atelier, en privé. En attendant, étant donné qu'il me faut discuter avec "monsieur" de son comportement, commencez à nettoyer. J'imagine que vous savez où se trouve la matériel pour nettoyer les taches d'eau et de peinture, Arrius, n'est-ce pas ? Parfait ! Allez-y, et n'oubliez pas que je vous ai à l'œil !
Ah non, en fait ça va, sa réaction aurait pu être pire. Enfin, Gabriel s’attendait à pire, mais c’était mieux qu’il réagisse comme ça, peut-être qu’il avait l’habitude de réactions de ce genre de la part des internes ? Ça c’est une bonne question, mais elle se fiche pas mal de la réponse en fait.

▬ Difficile de l'oublier.
Karine se levait, mais Gabriel, elle, fixait le directeur. Dans sa tête, elle se demandait si elle devait lui foutre un énorme coup de boule ou si elle ferait mieux de dégager sans rien dire. En fait, la deuxième option était sûrement la plus intelligente, mais elle allait pas faire exactement comme ça, ça serait beaucoup trop facile. Finalement, elle se lève mais sans détacher ses yeux de l’homme, puis se tourne et s’arrête devant la porte. Là, elle fait un énorme sourire de faux-cul et une petite courbette forcée avant de sortir sans rien demander de plus. Une fois dehors, elle lâche un gros soupir et s’attrape l’arrête du nez en se disant qu’au moins maintenant elle saura que le directeur est lui aussi un casse-couilles finalement. Enfin, maintenant qu’elles étaient sorties, il pourrait plus venir les enquiquiner.

▬ J'ai cru qu'il allait vraiment m'avoir, cette fois. Mais heureusement, il a vraiment cru que j'étais en colère. Il faut croire que je le mérite vraiment, ce record du monde de manipulation des adultes !
Gabriel fronça un peu les sourcils, elle comprenait pas bien ce que Karine voulait dire. C’est vrai, elle avait complètement changé d’humeur en sortant du bureau, en plus, elles s’en étaient pris plein la gueule, surtout Karine. Le directeur avait pas vraiment été tendre avec elle, alors elle ne voyait pas vraiment pourquoi elle souriait de cette façon. Et ça l’énervait un peu d’ailleurs, parce qu’elle avait peur qu’elle ait joué un jeu tout le long et qu’elle se soit moquée de Gabriel aussi, mais pas dans le sens gentil du terme. Mais en même temps, elle voulait savoir pourquoi, elle pensait pas Karine capable de quelque chose dans le genre. Et puis là, en voyant ce que contenait sa sacoche, Gabriel avait été vachement surprise, alors il n’avait pas pris toute sa peinture finalement ! Voilà de quoi Karine parlait, le directeur avait complètement raté son coup, il ne lui avait pas tout pris, ça éclairait Gabriel tout de suite.

▬ Le directeur avait raison sur un point. Je n'aurais jamais pris le risque de me faire punir pour une simple vengeance. Ce n'était qu'une distraction, pour détourner l'attention de ma sacoche. Mais comme je me méfiais du directeur, j'ai caché ma peinture dans cette poche. Les tubes qu'il a pris étaient vide, et les pinceaux tellement usés qu'ils en sont inutilisables. C'était un gros coup de bluff, tout comme la fausse colère. De la comédie. Et il a tout avalé.
Ah bah dis donc, pas mal. Alors elle faisait semblant depuis le début ? Gabriel avait un peu honte quand même, parce qu’elle aussi s’était faite avoir comme une pauvre larve, elle croyait que Karine était vraiment en colère. Tout l’espèce de mini-stress qu’elle avait est retombé d’un coup comme une grosse bouse, ce qui l’avait fait sourire et respirer fort. Elle s’était aussi retenue d’attraper Karine et de la secouer en lui hurlant qu’elle avait pas honte de faire des frayeurs pareilles. Ouais, en fait, elle se sentait surtout ridicule d’être tombée dans un jeu comme ça, comme une débutante, c’était un peu pitoyable, faudra qu’elle se rattrape sinon ça va pas le faire.

▬ Bon, nettoyage, torture, et c'est mon tour. J'ai intérêt à jouer mon rôle mieux que jamais si je ne veux pas finir comme "monsieur". Bon, il y a des serpillères dans un placard par là, si je ne me trompe pas...
Gabriel suivait Karine et avait attrapé la serpillère en faisant une grosse moue blasée. Bah oui, ça lui cassait les pieds de devoir faire le ménage, parce qu’à la base, c’est avec de l’eau qu’on nettoie ! Donc elle avait nettoyé et en plus, l’eau ça sèche. Enfin, elle trouvait ça injuste même si ça l’était peut-être pas tant que ça. Ah ouais, c’est vrai qu’en plus, Karine devra aller à l’infirmerie quand elles auront terminé de faire le ménage. Mais bon, Gabriel avait décidé qu’elle l’accompagnerait et qu’elle resterait avec elle, rien à foutre des gens qui voudraient qu’elle dégage pour laisser Karine souffrir seule.

▬ Ça risque de pas être super amusant, mais on ferait mieux d'obéir pour cette fois si on veut pas de vrais ennuis.
Pour le coup, c’est sûr qu’elles risquaient pas de s’éclater des masses, et c’est justement ce qui gênait Gabriel. Elle s’appuyait sur la serpillère d’une main, l’autre sur sa hanche, comme un conquistador et elle se balançait doucement. En fait, elle était juste en train de réfléchir à ce qu’elle pourrait faire pour ne pas se faire chier comme un rat mort pendant ce petit moment de plaisir. Là, sa cervelle fonctionnait tellement vite qu’on devait sûrement voir la fumée qui sortait des oreilles de Gabriel.

▬ On s’est peut-être fait couillonner, mais on doit pas prendre ça comme une corvée. Ça lui ferait trop plaisir…
Non mais sérieusement, c’est tout ce que le directeur attend, qu’elles se prennent la tête à nettoyer. Il leur a donné cette tâche pour les punir, mais si elles ne voient pas ça comme une corvée qu’il faut se dépêcher de terminer, ce sera beaucoup mieux. Alors elle sourit, ça y est, elle a une idée. Elle commence à chantonner doucement comme si elle devait faire le moins de bruit possible en tournant lentement autour de la serpillère. Au bout de quelques instants, elle s’est arrêtée et s’est retournée vers Karine en lui faisant un grand sourire.

▬ C’est ça qui manque : un peu de musique et de bonne humeur ! Avec de la musique, ce serait plus amusant…
C’est vrai qu’à chaque fois qu’elle avait quelque chose de chiant à faire, Gabriel mettait de la musique pour la motiver et tout allait plus vite. Bon, bien sûr, il fallait de la musique qui déchire, mais comme elle n’écoutait pratiquement que ça, y’avait pas de problème à ce niveau-là. Toujours en regardant Karine, elle hausse un peu les sourcils, comme si elle lui demandait son avis avec un banal regard qui était quand même un peu pétillant. Et si Karine était adepte de ce concept aussi, elle aurait peut-être une idée. Parce que bon, Gabriel est littéralement DINGUE des films Disney, c’est pas le problème, mais le très connu “Siffler en travaillant” a été beaucoup trop utilisé déjà, et Gabriel aime pas avoir l’impression de copier les choses.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Dim 10 Nov - 9:12


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones




Karine fronçait les sourcils en fixant la serpillère. Son sourire avait disparu pour laisser place à une moue d'agacement et d'inquiétude. En fait, nettoyer ne la dérangeait pas le moins du monde. Elle l'avait faite des centaines de fois, que ce soit dans l'institut pour cacher l'existence de son atelier, dans son ancien établissement pendant toutes les punitions qu'on lui infligeait, mais aussi chez elle, vu qu'elle était la seule qui aurait pu le faire. Non, ce qui la dérangeait, c'est qu'elle ne savait pas trop comment s'y prendre sans se faire mal au dos. Jusqu'à présent, ça ne lui avait pas trop posé de problème. Le bras d'honneur lui avait arraché une grimace qu'elle avait pu camoufler en sourire forcé raté, mais là, c'était différent. Ce n'était pas pour rien que les employés d'entretien se plaignaient souvent d'avoir mal au dos.

Son regard se posa sur Gabriel, et sa pose la fit sourire malgré elle. Elle avait l'air tellement plongée dans ses pensées, réfléchissant intensément, qu'elle ne devait même pas avoir conscience de la position ridicule dans laquelle elle se trouvait.

"On s’est peut-être fait couillonner, mais on doit pas prendre ça comme une corvée. Ça lui ferait trop plaisir…"

Karine hocha la tête en silence, pour montrer qu'elle était d'accord avec elle. Ce serait trop bête qu'il soit satisfait, persuadé de leur avoir donné une bonne leçon. Mais elle ne voyait pas trop comment elles pouvaient prendre ça autrement que comme une corvée. Après tout, c'était une corvée. Elle dévisagea Gabriel d'un air interrogateur, se demandant à quoi elle pouvait bien penser. Elle avait une idée derrière la tête, ça se lisait sur son visage. Elle la voit sourire, puis chantonner doucement en tournant autour de sa serpillère avant de se retourner vers elle, un grand sourire aux lèvres.

"C’est ça qui manque : un peu de musique et de bonne humeur ! Avec de la musique, ce serait plus amusant…"

Karine ne répond pas immédiatement. Elle s'était doutée en la voyant faire que c'était à ça qu'elle pensait, mais elle réfléchissait. Serait-ce possible pour elle, avec son dos à la noix? Et puis elle se voit mal chanter. Elle chante à peu près juste, mais elle n'aime pas ça. C'est le truc de Maria, ça, pas le sien. Elle, c'est la peinture. Une idée lui traverse soudain l'esprit, et elle sourit d'un air mystérieux.

"Attends moi, je reviens, j'en ai pour deux minutes."

Sans en dire plus, elle monte les marches de l'escalier en courant prudemment (oui c'est possible), et se dirige à grands pas vers sa chambre restée entrouverte. Il ne lui faut que quelques secondes pour retrouver le vieux mp3 que lui avait offert Maria avant leur séparation. Elle redescendit rapidement, son trésor à la main, et revint auprès de Gabriel. Elle avait été assez rapide, enfin elle l'espérait, pour ne pas trop la faire attendre. Elle lui montra le mp3 dans sa main.

"Ca, c'est le top de la musique, fais-moi confiance. Tu sais, l'amie que j'attends? Hé bien disons qu'elle est plus forte à la musique que moi à la peinture. Elle arrive à composer des chansons géniales, toute seule, dans son appart', en enregistrant chaque partie puis en les combinant. Elle a cessé de me faire écouter ce qu'elle compose depuis qu'on s'est séparées à 10 ans. Mais elle est tellement perfectionniste qu'elle jette régulièrement des CDs par sa fenêtre par colère. Alors moi, bah... je les récupère. C'est toujours elle qui chante dessus. Et franchement, c'est la classe."

Elle se tut, le temps de chercher la chanson à laquelle elle pensait. Techniquement, c'était la dernière que Maria avait composée. Disons qu'après ça, elle l'avait surprise en train de siffloter l'air d'un de ses morceaux, et comme elle avait fini par comprendre, elle avait cessé de les jeter. Elle devait les conserver chez elle quelque part. Enfin, c'était un progrès, en quelque sorte. Elle finit par trouver la chanson, et la musique s'échappa de l'appareil. Elle mit le son au maximum, puis sourit. Ca, ça bougeait vraiment, et ça donnait envie de bouger. On aurait pu faire n'importe quoi avec le sourire sur ce truc.

"C'est trop nul que j'aie mal au dos. Ca donne trop envie de danser, ce truc! Bon, quand il faut y aller... Je vais bien trouver un moyen de nettoyer sans m'exploser le dos..."

Bon, de toute manière, ce n'était pas son genre de danser dans les couloirs. Mais c'était vrai que cette musique donnait terriblement envie de danser. Et dire que Maria avait jeté ça par la fenêtre...! C'était quand même dingue. Elle manquait de confiance en elle, et c'était vraiment dommage, parce que sans ça, elle pourrait sans problème devenir une star. Et en plus, elle le savait, Karine en était sûre. Elle avait juste peur de se retrouver sur le devant de la scène, comme toujours. D'où ce besoin de se fondre dans une foule d'amis. Bon, peu importe. Elle finirait bien par se rendre compte qu'elle gagnerait à se faire confiance.

Karine attrapa sa serpillère qu'elle avait jetée dans un coin en allant chercher la musique, puis retirant la serviette du manche, elle commença à essuyer le sol en posant ses pieds dessus et en la déplaçant ainsi, en essayant autant que possible d'être en rythme. Pas évident sans se casser la figure sur le sol mouillé. Elle glissa à un moment et faillit chuter, rétablissant son équilibre de justesse. Elle regarda Gabriel avec des yeux ronds, avant d'étouffer un rire.

"C'est pas passé loin. En fait, le directeur a dû prendre mon bras d'honneur plus mal que ça, pour m'imposer un truc aussi casse-gueule."

Elle s'interrompit en songeant à quelque chose, puis son regard redevint sérieux. Oui, malheureusement, il y avait des fois où il fallait aussi dire des choses sérieuses. En général elle ne pouvait pas s'amuser bien longtemps sans que la réalité ne la rattrape et ne lui fasse un joli croche patte pour la rappeler à l'ordre.

"Au fait, tout à l'heure, quand j'irai à l'infirmerie, si ça te dérange pas, je voudrais y aller seule. Pour me guérir, il va falloir qu'ils me fassent très très très mal pendant un moment, et j'ai pas trop envie qu'on me voie dans cet état. Pour te donner une comparaison, tout à l'heure, quand tu m'as aidée à me relever, ce que j'ai subi, c'est l'équivalent d'une pichenette, et là... Ca va être terrible. Ca ne te dérange pas trop? Parce qu'il m'a semblé que tu avais l'intention de m'y accompagner."

Elle se tut. Elle venait d'insinuer qu'elle avait deviné les intentions de Gabriel sans même avoir besoin d'un seul sous-entendu pour ça. Il lui avait suffi de la dévisager quand elle avait parlé de ce qu'elle allait subir pour le comprendre. Mais elle n'était pas sûre que Gabriel ait déjà compris qu'elle pouvait manipuler les gens et deviner ce qu'ils pensaient à ce point. Elle soupira, puis esquissa à nouveau un sourire. Pas très réussi.

"Tu sais, j'avais beaucoup d'ennemis dans mon ancien lycée. La seule raison pour laquelle j'ai réussi à tenir le coup, c'est que je n'ai pas besoin qu'on me dise quelque chose pour le comprendre. A force qu'on essaie de me manipuler et de me tendre des pièges, il me suffit d'un regard sur une personne pour savoir si elle est sincère ou non. Je ne peux pas m'en empêcher, désolé, c'est devenu un réflexe. Du coup j'ai deviné que tu voulais m'accompagner."

Elle passa sa main dans ses cheveux d'un air gêné, bien entendu suffisamment doucement pour ne pas se faire mal. Elle commençait à vraiment apprécier Gabriel et sa bonne humeur. C'est pour ça qu'elle avait été aussi sincère. Elle ne prenait pas la peine de dire la vérité à ceux qui ne la méritaient pas à ses yeux. En fait, elle commençait même à se demander si elle avait déjà dit à quelqu'un avant elle qu'elle avait cette capacité d'observation. Peut-être à son père, les rares fois où il était là. Et encore, pas sûr. Ce n'était pas le genre de choses dont on parlait au beau milieu d'un repas. Elle espérait seulement que Gabriel n'aurait pas de mouvement de rejet vis à vis de ça. Il n'était jamais très agréable de se dire que la personne en face de vous pouvait savoir ce que vous pensiez. Enfin, dans tous les cas, Karine n'avait rien à faire de ce que les autres pouvaient penser d'elle. Du moins elle essayait de s'en persuader.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Lun 11 Nov - 17:00
Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones — avec Karine Arrius
Sur le moment, Gabriel regrette de ne pas avoir son téléphone sur elle, parce que toutes les chansons qui bougent et qu’elle adore sont sur son portable. Déjà, rien que le fait qu’elle n’ait pas son portable sur elle c’est bizarre, elle peut pas s’en passer de son téléphone, elle fait même partie de ceux qui s’en servent juste pour s’en servir même s’ils n’ont rien à faire dessus. Jean-Jacques, oui, elle lui a donné un nom à lui aussi, est un de ses meilleurs amis, entre eux c’est l’amour fou.

▬ Attends-moi, je reviens, j'en ai pour deux minutes.
Gabriel avait à peine eu le temps d’hausser un sourcil que Karine était déjà partie en courant. D’ailleurs, elle l’avait suivie du regard, de peur qu’elle se blesse en courant comme ça. Sauf que Karine était déjà partie, alors c’était plus trop utile de dire quoi que ce soit. Mais aussitôt partie aussitôt revenue, Karine avait dû mettre tout juste quelques minutes, sûrement moins, et en attendant, Gabriel était restée plantée là comme une gourde, elle avait tout juste eu le temps de comprendre ce qui venait de se passer que Karine était déjà revenue, un petit mp3 à la main. Et par curiosité, Gabriel s’était penchée pour voir de plus près.

▬ Ça, c'est le top de la musique, fais-moi confiance. Tu sais, l'amie que j'attends ? Hé bien disons qu'elle est plus forte à la musique que moi à la peinture. Elle arrive à composer des chansons géniales, toute seule, dans son appart', en enregistrant chaque partie puis en les combinant. Elle a cessé de me faire écouter ce qu'elle compose depuis qu'on s'est séparées à 10 ans. Mais elle est tellement perfectionniste qu'elle jette régulièrement des CDs par sa fenêtre par colère. Alors moi, bah... je les récupère. C'est toujours elle qui chante dessus. Et franchement, c'est la classe.
Au début, Gabriel avait pris un air incrédule. Comment ça, cette fille était plus forte à la musique que Karine à la peinture ? Ça, elle pouvait pas le croire, parce qu’elle est sûre de n’avoir jamais vu quelqu’un avec autant de talent que Karine, dans n’importe quel domaine.
En même temps, un espèce de mini-calcul s’était fait dans sa tête et presque machinalement, plus tôt, Karine a expliqué à Gabriel qu’elle attendait son amie depuis sept ans et maintenant, elle sait que c’est depuis leurs dix ans. Donc si Gabriel sait bien compter… Karine a dix-sept ans ! Ouais oh euh ! Deux secondes, ça veut dire que Gabriel est plus vieille, bon, pas de beaucoup c’est vrai. Mais elle est majeure, donc au-dessus d’elle, y’a pratiquement que les adultes, même si le fait d’être adulte ne se caractérise pas par l’âge, c’est tout dans la tête… Eh, c’est pas de la philo, ça ?...

Après, elle avait trouvé bizarre ce que racontait Karine, mais elle comprenait parce qu’elle a déjà fait des trucs comme ça… sauf qu’elle allait directement chercher ses vêtements dans les poubelles, enfin, elle a décidé d’arrêter ça, ça pue et c’est vraiment dégueulasse de fouiller dans les poubelles. Là, la musique fit sortir Gabriel de ses pensées, et Karine avait raison. Ce truc balançait juste un gros tas de bonne humeur en pleine tronche. Et c’était génial, Gabriel adorait ça. Elle commença d’abord par se dandiner comme le ferait un canard, puis à faire des jeux de jambes en courant et sautant dans le couloir. Elle s’amusait aussi à balancer ses cheveux d’un côté ou de l’autre. N’importe qui passerait dans le couloir sans savoir ce qui se passe penserait sûrement qu’elle fait une crise d’hystérie.

▬ C'est trop nul que j'aie mal au dos. Ça donne trop envie de danser, ce truc ! Bon, quand il faut y aller... Je vais bien trouver un moyen de nettoyer sans m'exploser le dos...
Gabriel s’était retournée vers Karine, même si elle avait l’air de s’en foutre complètement, elle espérait qu’elle ne se ferait pas mal. Franchement, elle avait déjà souffert assez comme ça. En voyant Karine retirer un petit truc du balai, elle regarda sa serpillère, et bien sûr, flemme oblige, elle voulait pas se baisser pour l’enlever. Alors elle leva la serpillère d’un seul coup brusque et la serviette était partie valdinguer plus loin dans le couloir. Heureusement que Karine était là parce que sinon Gabriel n’aurait même pas remarqué qu’il y avait quelque chose à enlever avant. Et pendant qu’elle nettoyait, enfin, qu’elle essayait de nettoyer plutôt, elle s’était rapprochée de Karine en tendant les bras, comme pour essayer de la rattraper, risquant de tomber elle aussi d’ailleurs. Au final, Karine n’avait rien et Gabriel avait failli se ramasser comme une grosse loque, et ça la faisait rire. Alors elle s’est mise à rire en mettant sa main devant sa bouche.

▬ C'est pas passé loin. En fait, le directeur a dû prendre mon bras d'honneur plus mal que ça, pour m'imposer un truc aussi casse-gueule.
Elle avait pas tort, mais Gabriel se disait que le directeur n’avait sûrement pas le cerveau aussi développé pour penser à ça. Il leur avait donné LA punition la plus basique au monde, c’est tout. Enfin, c’est ce que Gabriel pensait, peut-être qu’il avait vraiment prévu ça, et dans ce cas, elle l’aurait sous-estimé… ça fait quand même vachement prétentieux tout ça. Elle croit quoi, qu’elle est plus intelligente que lui ? Ah ça non, sûrement pas.

▬ Au fait, tout à l'heure, quand j'irai à l'infirmerie, si ça te dérange pas, je voudrais y aller seule. Pour me guérir, il va falloir qu'ils me fassent très très très mal pendant un moment, et j'ai pas trop envie qu'on me voie dans cet état. Pour te donner une comparaison, tout à l'heure, quand tu m'as aidée à me relever, ce que j'ai subi, c'est l'équivalent d'une pichenette, et là… Ça va être terrible. Ça ne te dérange pas trop ? Parce qu'il m'a semblé que tu avais l'intention de m'y accompagner.
Quand Karine avait commencé à parler, Gabriel s’était arrêtée de bouger dans tous les sens pour la regarder. Elle bougeait toujours son cul et ses bras au rythme de la musique mais sa tête ne bougeait pas. Elle écoutait bien attentivement ce qu’elle disait, et pouf, ce qu’elle avait prévu tombait à l’eau, c’est vrai qu’avant qu’elle explique, Gabriel ne comprenait pas vraiment pourquoi Karine ne voulait pas qu’elle l’accompagne. Mais après c’était plus clair. Gabriel n’avait pas pu retenir une petite moue, parce que ça l’aurait rassuré de venir avec elle, surtout maintenant qu’elle lui avait dit ce qui l’attendait. Elle avait hoché la tête en la baissant pour lui montrer qu’elle avait vu juste.

▬ Tu sais, j'avais beaucoup d'ennemis dans mon ancien lycée. La seule raison pour laquelle j'ai réussi à tenir le coup, c'est que je n'ai pas besoin qu'on me dise quelque chose pour le comprendre. À force qu'on essaie de me manipuler et de me tendre des pièges, il me suffit d'un regard sur une personne pour savoir si elle est sincère ou non. Je ne peux pas m'en empêcher, désolée, c'est devenu un réflexe. Du coup j'ai deviné que tu voulais m'accompagner.
Alors ça, c’était pas mal. Gabriel trouvait ça ouf, ça lui faisait un don de plus alors ? Elle lâcha un petit truc qui était sensé ressembler à un « comme tu veux » et soupira. Pour se rassurer, elle se disait que Karine allait pas mourir là-bas, qu’elle la reverrait après. Enfin, elle espérait… Le fait que Karine ait deviné ce qu’elle pensait ne dérangeait pas vraiment Gabriel, c’était pas un problème en sois parce que c’était Karine. C’aurait été quelqu’un d’autre, peut-être qu’elle l’aurait pas bien pris. Mais là ça va, alors elle sourit et recommence à bouger.

▬ Décidément, t’es comme un sac magique, il y a toujours quelque chose qu’on a pas trouvé !
…euh… C’est pas très flatteur comme comparaison. Mais c’est ce qu’elle pense, et d’ailleurs, elle se demande ce qu’elle va découvrir encore. Il reste encore beaucoup de choses à savoir sur quelqu’un après une rencontre, surtout quand elle est aussi récente que dans ce cas précis.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Ven 15 Nov - 2:46


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones




Karine sourit en voyant Gabriel se remettre à danser. La voir rester partiellement immobile était légèrement inquiétant, quand on savait qu'elle ne tenait pas en place. Et puis elle avait eu peur de la vexer, ou quelque chose comme ça. Drôle de voir à quel point Karine s'attachait facilement aux gens, alors qu'elle redoutait tout contact avec les autres. Peut-être qu'au fond, c'était une sorte de manière de se protéger, cette façon d'éviter les autres instinctivement, après avoir été blessée autant de fois. Comme si en se montrant indifférente à tout ce qui l'entourait, elle espérait que rien ne l'atteindrait. Aucun malheur. Quitte à renoncer au bonheur.

C'était un peu triste comme point de vue. Enfin, la vérité était rarement joyeuse. Du moins c'était ce que la vie lui avait appris. Elle secoua la tête pour se reprendre et pour ne pas laisser paraître sur son visage qu'elle pensait à une chose pareille alors qu'il y a quelques secondes elle souriait et plaisantait.

"Décidément, t’es comme un sac magique, il y a toujours quelque chose qu’on a pas trouvé !"

Toutes ses pensées s'évanouirent instantanément, et elle sourit malgré elle. Un sac magique... Elle ne savait pas trop si elle devait mal le prendre, ou en rire. Après tout, être comparée à un sac n'avait rien de vraiment agréable. Mais elle avait compris où Gabriel voulait en venir. C'était assez étrange comme image, mais efficace. Et puis maintenant qu'elle y réfléchissait un peu mieux, c'est vrai qu'elle avait dû drôlement la surprendre avec le stratagème qu'elle avait mis en place pour piéger le directeur.

"Et encore, tu n'as pas tout vu. Imagine de quoi je suis capable quand je ne suis pas clouée au sol toutes les deux secondes par cette saleté de mal de dos. Ou par ma phobie."

Elle recommença à passer la serpillère, en faisant de petits cercles avec son pied, puis fronça les sourcils très légèrement. Elles n'étaient pas sorties de l'auberge à ce rythme-là. Et puis en fait, ce qui dérangeait plus Karine, c'était l'idée que du coup, pendant ce temps-là, Gabriel était en train de faire tout le boulot à sa place. Oui, bon, pas vraiment, vu qu'elle était en train de danser sur place, mais même comme ça, elle était plus efficace qu'elle... En fait, vu qu'elle ne pouvait faire que des petits mouvements avec son pied, elle avait une moins grande surface de contact avec le sol.

"Je suis pas prête de sécher le sol moi à faire des ronds comme ça. Mais... Oh..."

Elle se tut quelques secondes, avec un grand sourire. Elle venait d'avoir une idée. Puisque la surface en contact avec le sol était trop petite, elle allait l'augmenter. De manière assez... originale, soit dit en passant.

"Je te parie que je suis capable de sécher le sol plus vite que toi, même avec mon handicap. Regarde cette classe."

Elle se dirigea tranquillement vers le mur du hall le plus proche, en traînant la serviette avec son pied, puis elle la déplia pour l'étaler au sol. Toujours avec un sourire ironique, elle s'allongea prudemment dessus à plat ventre, les genoux contre le mur. Une fois qu'elle fut sûre qu'elle ne risquait ni de se faire mal au dos, et que la serviette ne risquait pas de se replier, elle se propulsa avec ses jambes sur le plancher, glissant grâce au peu d'eau qu'avait épongé la serviette. Elle parvint à passer en plein milieu de la flaque d'eau, et à défaut de l'essuyer, elle la répandit un peu plus dans le hall, laissant une trace sur son passage. Bon, tant pis, elle aurait essayé. Et puis si elle avait étalé un peu l'eau, au moins ça sècherait plus vite à l'air libre, non?

Trop occupée à chercher une excuse pour nier le fait qu'en agissant ainsi elle avait surtout envie de s'amuser un peu, elle oublia un détail fondamental. Dans une pièce, en général, il y a quatre mur. Donc forcément un en face. Alors qu'elle tournait la tête pour regarder la trace d'eau qu'elle laissait sur le plancher d'un air un peu déçu, elle rencontra ce détail fondamental. Sa tête heurta le mur avec un bruit sourd.

"Aïe!"

Oui, bon, pour la classe, on repassera. Elle eut heureusement le réflexe de ne pas se prendre la tête dans les mains, ce qui l'aurait bien évidemment paralysée à nouveau. Elle rougit, consciente du ridicule de sa situation, puis sourit d'un air désolé en se frottant douloureusement la tête à la vitesse d'un escargot.

"Non, mais il faut reconnaître qu'au moins c'était plus efficace que de frotter comme ça avec mon pied. Et puis c'est drôlement plus marrant. Tu devrais essayer!"

Elle parvint péniblement à se retourner face à Gabriel, de manière assez pitoyable, il fallait le reconnaître. Oui, bon, heureusement, elle n'avait pas besoin de se faire prendre au sérieux par elle. Parce que difficile d'être crédible quand on se retrouvait affalée sur une serpillère, à essayer de tourner sur place. D'autant que ce n'était pas si facile que ça, hein. Parce qu'il fallait à se donner assez d'élan pour tourner, sans en donner trop, parce qu'après ça rendait facilement malade de faire plusieurs tours d'affilée à toute vitesse. Finalement, après plusieurs essais, elle avait réussi, et elle plissait maintenant les yeux, calculant la force nécessaire pour atteindre à nouveau le mur d'en face, sans risquer de se faire une nouvelle marque rouge sur le front. Bon, en fait, elle était surtout en train d'hésiter à le refaire.

Finalement, elle fit un choix. Elle passa à côté de Gabriel en glissant. Le problème, c'est qu'elle aurait peut-être dû vraiment calculer son coup. Elle était passée en plein dans la flaque, ça, pas de problème. Non, en fait, le vrai problème, c'était qu'elle ne s'était pas donnée assez d'élan. Elle ralentit sensiblement à quelques mètres du mur, avant de s'immobiliser. Et le mur était évidemment hors d'atteinte. Elle essaya d'avancer en poussant avec ses pieds sur le sol, mais il était glissant, alors c'était presque si elle ne reculait pas à la place. Elle sourit, consternée par elle-même, puis tourna la tête vers Gabriel.

"Tu peux me pousser jusqu'au mur? J'y... hum hum, enfin... J'y arrive pas quoi..."

Elle laissa échapper un léger rire, consciente du ridicule de la situation, une fois encore. Enfin, là, quand même, c'était le top du ridicule. Elle espérait juste que personne n'aurait la mauvaise idée de passer à ce moment-là. Enfin, et puis quand bien même, elle s'en fichait un peu. Elle s'amusait bien, là. Pour une fois. A ses yeux, c'était tout ce qui comptait à cet instant.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Dim 17 Nov - 7:23
Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones — avec Karine Arrius
Gabriel balançait ses pieds dans un sens et dans un autre, on aurait dit qu’elle essayait de faire le french cancan, sauf que c’était n’importe quoi. Aussi, elle avait posé la serpillère par terre et tournait autour comme si elle la vénérait avec une danse du nettoyage. Juste une question : elle croyait vraiment que ça allait marcher ou… ?

▬ Et encore, tu n'as pas tout vu. Imagine de quoi je suis capable quand je ne suis pas clouée au sol toutes les deux secondes par cette saleté de mal de dos. Ou par ma phobie.
Gabriel releva un peu la tête à ce moment là. Peut-être que Karine n’en a parlé que comme elle parlerait de n’importe quoi d’autre, mais il faut avouer que Gabriel était tellement curieuse que ça renforçait son envie de savoir quelle était la fameuse phobie de Karine. Parce que si elle est là, c’est qu’elle en a une, et comme elle vient de le dire, c’est le cas. Alors sa phobie peut la clouer par terre ? Hum, alors là, Gabriel sèche, elle voit vraiment pas ce que ça peut-être. Vu comme ça, c’est vrai qu’on dirait une devinette, mais dans sa tête, c’est un peu ça, puisque qu’elle considère tout ou presque comme un jeu. Pour elle, la vie est un jeu permanent, même dans les pires moments.

▬ Je suis pas prête de sécher le sol moi à faire des ronds comme ça. Mais... oh... Je te parie que je suis capable de sécher le sol plus vite que toi, même avec mon handicap. Regarde cette classe.
Gabriel sourit, bah oui, c’est typiquement le genre de réflexion qui l’amuse parce que même elle en fait. Mais c’est vrai qu’elle avait pas vraiment pensé au fait que ça pourrait lui faire mal au dos de passer la serpillère. En même temps, elle est bien curieuse de voir ce que Karine va faire pour aller plus vite, elle appuie sa serpillère et s’arrête en haussant un sourcil l’air de dire « ah ouais, vas-y montre ! ». Comme un défi en fait, ça l’intriguait et l’amusait à l’avance.

Et puis quand elle a vu Karine s’allonger sur son machin, elle a pris un air suspicieux, parce qu’elle s’attendait pas vraiment à ça. En fait, Karine était en train de fusionner avec la serviette sur laquelle elle venait tout juste de s’allonger. Gabriel comprenait encore moins, mais quand elle a vu Karine se propulser avec se jambes de l’autre côté du mur, elle s’est demandé ce qu’il y avait dans l’air qui lui faisait faire un truc pareil. Mais d’un autre côté ça l’amusait, même si le temps de réaction pour passer de la surprise au rire n’était pas encore arrivé au cerveau.

▬ Non, mais il faut reconnaître qu'au moins c'était plus efficace que de frotter comme ça avec mon pied. Et puis c'est drôlement plus marrant. Tu devrais essayer !
Elle se mit à pouffer, alors que Karine venait juste de s’écraser contre le mur, elle trouvait quand même la force de dire que c’était marrant. Et…deux secondes… Elle conseillait à Gabriel d’essayer au risque de se crouter la gueule ? Ah c’est ça, en fait elle voulait la tuer !... Peut-être que Gabriel devrait arrêter de regarder des films d’actions qui rendent complètement parano… Heureusement qu’elle sait que c’était pas le but de Karine parce que sinon elle aurait vraiment douté. Au final, elle secoue une main et sourit.

▬ Oui, je te crois !
Gabriel regardait Karine, c’est vrai qu’allongée comme ça par terre, elle ressemblait un peu à un ver qui se dandinait pour essayer d’avancer. Ouais, ça la faisait rire de la regarder, mais c’était pas du tout comme si elle se moquait, au contraire. Ce genre de délire, elle en avait tout le temps alors ça l’éclatait de voir que Karine en avait aussi, enfin, ça lui faisait aussi un peu plaisir quand même.

Elle fixait Karine pendant qu’elle essayait d’avancer et au moment où elle s’arrêta net. C’était vraiment trop comique comme scène, on aurait dit qu’elle avait buté sur une brique ou un truc qui genre qui l’aurait fait s’arrêter.

▬ Tu peux me pousser jusqu'au mur ? J'y... hum hum, enfin... J'y arrive pas quoi...
Pendant trente secondes, Gabriel est restée parfaitement sérieuse, et juste après, elle a littéralement éclaté de rire en se mettant les mains sur les hanches. Ça la faisait vraiment rire de voir Karine là, étalée par terre dans une flaque d’eau. Une fois, Gabriel s’était retrouvée dans le même état mais pas dans la même situation, elle, c’était parce qu’elle s’était cassé la gueule en voulant monter le trottoir. Oui, parfaitement. Elle voit pas les trottoirs Gabriel, alors pourquoi essayé de monter dessus ? Mouais, c’est bidon comme explication en fait, mieux vaut qu’elle essaye pas de se justifier.

Bon, alors maintenant, il faut faire bouger Karine. Elle se demande comment elle va faire, parce qu’elle ne veut pas lui faire mal et elle sait très bien qu’en la touchant, elle risquerait de réveiller sa douleur dans le dos. Du coup, elle va pas utiliser la technique la plus simple, mais elle a pas trop le choix : elle se met au-dessus de Karine en pointant le cul en l’air et appuie ses mains de chaque côté de la serviette en les mettant bien à plat pour avoir le plus de stabilité possible, et là, elle avance d’un coup sec jusqu’au mur d’en face. Gabriel avait quand même fait attention à pas glisser, parce que bon, si elle avait utilisé cette technique, c’était pour ne pas faire mal à Karine, alors c’était pas la peine qu’elle glisse comme une merde et s’écrabouille sur elle. Ce serait vraiment vraiment VRAIMENT con. Après, elle se redresse et se laisse tomber par terre à côté de Karine en souriant, elle regarde ses mains, elles sont toutes rouges et picotent un peu. Elle se met à les secouer en l’air en riant un peu comme une débile.

▬ C’était pas très intelligent mais au moins, j’ai fait ce que tu m’as demandé ! Haha !
En même temps, elle l’avait cherché. C’est vrai, c’est quoi cette technique, là ? Y’avait sûrement plus simple, mais comme Gabriel adooore se compliquer la vie, elle a choisi celle-là. C’est toujours comme ça, elle se casse le cul à faire un truc compliqué et pile quand elle a terminé, elle apprend qu’il y avait une manière de le faire dix mille fois plus simple. Et ça lui fout les boules, bien sûr. Puis, Gabriel baisse un peu la tête, elle s’apprête à demander quelque chose qui la gêne quand même un petit peu…

▬ Dis Karine, j’me demandais quelque chose… C’est quoi ta phobie ?
Elle avait un tout petit peu rougit et s’était mordue la lèvre en recommençant à triturer ses piercings. Elle baissait un peu les yeux, on aurait dit une petite fille timide qui osait pas demander quelque chose à ses parents. D’ailleurs, c’est vrai que petite, Gabriel prenait toujours cette expression quand elle voulait ouvrir ses cadeaux de noël avant le 25 décembre… Bon, ça marchait jamais parce que ses parents ne se laissaient pas avoir comme ça, alors du coup, elle dormait pas de la nuit et se levait aux aurores pour sauter sur ses parents… En y repensait, elle aimait bien cette période, quand elle était encore petite parce qu’elle était proche de sa famille, mais en même temps, elle ne l’avait pas encore, elle.

En temps normal, Gabriel aurait pas réagi comme ça, elle aurait sûrement pas rougi et se serait pas gênée pour poser la question limite en se grattant le cul quoi. Mais bizarrement, là, ça la gênait et elle savait même pas pourquoi. Non, elle était pas fichue d’expliquer pourquoi elle était gênée et ça l’énervait, elle déteste quand elle ne comprend pas quelque chose et encore plus quand ça vient d’elle-même.
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Mer 20 Nov - 16:22


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones




Karine sourit un peu plus en entendant Gabriel rire. Heureusement qu'elle ne se prenait pas au sérieux, parce que sinon, elle aurait pu mal le prendre. Mais en même temps, rien qu'à l'entendre, elle devinait que Gabriel ne riait pas d'elle méchamment. Elle était juste aussi amusée par la situation qu'elle l'était. Elle fut surprise de voir la jeune fille se pencher au dessus d'elle, mais le temps qu'elle lui demande ce qu'elle faisait, intriguée, elle se retrouvait déjà contre le mur. Elle la regarda d'un air ébahi s'assoir à côté d'elle en regardant ses mains. Elles étaient drôlement rouges. Il y avait sûrement un autre moyen que celui-là... Elle se sentait terriblement mal à l'aise à l'idée que Gabriel se soit faite mal pour l'aider, et surtout pour quelque chose d'aussi stupide que ça...

"C’était pas très intelligent mais au moins, j’ai fait ce que tu m’as demandé ! Haha !

- Oui, mais tu as dû te faire drôlement mal..."


Karine avait plus marmonné que parlé. Elle se sentait un peu coupable, à vrai dire. A chaque fois qu'elle osait s'amuser un peu, il se produisait une catastrophe. Quand elle avait voulu apprendre à peindre à Meite, elles avaient inondé le grenier puis les étages supérieurs, et c'était aussi en réagissant de manière un peu excessive, à vouloir faire un saut spectaculaire pour s'amuser, qu'elle s'était faite mal au dos... Sans parler de toutes les fois où parce qu'elle n'avait pas prêté attention aux responsabilités, dans son appartement, ça s'était mal terminé...

"Dis Karine, j’me demandais quelque chose… C’est quoi ta phobie ?"

A la question de Gabriel, Karine se figea, et cessa subitement de réfléchir. Sa phobie... C'était devenu tellement banal pour elle de vivre avec et d'avoir à gérer ses crises qu'elle en avait oublié que les autres n'étaient pas au courant qu'elle était différente. Après tout, même si elle était un peu plus méfiante que la moyenne, elle était parfaitement normale tant qu'elle ne se retrouvait pas en présence de cette couleur qu'elle craignait.

"En fait, ça risque de paraître stupide, mais je ne supporte plus le blanc, depuis quelques mois. Heureusement, c'est uniquement le blanc pur qui provoque mes crises, un peu comme le blanc de la neige."

Elle regarda Gabriel, et songeant que ce n'était pas vraiment une position très agréable, de se retrouver allongée au sol sur une serviette trempée, elle entreprit de se relever en s'aidant du mur, aussi lentement et prudemment que possible. Contre toute attente, elle y parvint, et se retrouvant à nouveau debout, elle constata avec une grimace que sur le devant, son débardeur et son short étaient mouillés. Ca faisait un peu bizarre, d'autant que ce n'était que d'un côté... Elle leva les yeux au ciel, mais s'abstint de tout commentaire. Son regard se posa à nouveau sur Gabriel. Elle devait trouver bizarre d'avoir peur d'une couleur. Enfin, après tout, ce n'était pas vraiment son cas, hein.

"Je n'en ai pas vraiment peur, c'est juste que ça me fait souffrir psychologiquement. Et parfois, quand c'est trop insoutenable et que je n'ai aucun moyen de me calmer, et bah... Je perds connaissance. Ca m'est arrivé il y a pas si longtemps que ça, alors que j'étais dans les douches en train de retirer un peu de peinture que je m'étais mise dans les cheveux. Je te laisse imaginer ma surprise quand je me suis réveillée à l'infirmerie..."

Elle se tut quelques secondes, comme pour laisser à Gabriel le temps d'assimiler ce qu'elle venait de dire. Elle avait l'air gênée, et Karine comprenait facilement pourquoi. Ici, c'était la question à ne pas poser. Souvent, les pensionnaires finissaient par se sentir comme chez eux, dans l'institut, et donc n'aimaient pas trop ni qu'on leur rappelle qu'ils n'étaient pas normaux, et que c'était pour ça qu'ils se trouvaient ici, ni que c'était uniquement temporaire, et que tôt ou tard, ils étaient censés guérir et retrouver une vie banale. Karine esquissa un sourire en jetant un regard vers l'infirmerie. Ce n'était pas son cas, à elle. Elle voulait guérir, et partir le plus vite possible. Elle se plaisait ici, plus que nulle part ailleurs. Elle s'y était faite des amis, elle avait pu s'amuser, et elle n'avait plus à supporter des cours à mourir d'ennui. Mais son père avait besoin d'elle. Et Maria... Sans elle, elle n'était plus grand chose. Et quelque chose lui disait qu'elle n'avait jamais vraiment cessé d'être son amie. Comme une sorte d'agent double. Oui, la comparaison était stupide. Mais Karine s'en fichait, si c'était clair.

Elle regarda Gabriel, et malgré elle, ce que lui avaient dit les psychologues avant de l'interner ici lui revint en mémoire. Elle avait tout à coup envie de se confier à Gabriel. Parce qu'elle avait le sentiment qu'elle pouvait lui faire confiance. Et elle en avait besoin.

"Tu sais, il paraît que c'est à cause de mon père que je suis phobique. Parce qu'en réalité, j'ai peur qu'il meure. Et ça se manifeste juste par le fait que je ne supporte pas le blanc. Parce que... ça... ça me rappelle le jour où il a failli mourir sous mes yeux, à l'hôpital, et que je... ne pouvais rien faire. C'était ma faute, en plus. Enfin... Il paraît que tant que je ne serai pas un peu plus égoïste, je ne guérirai pas."

Elle éclata d'un rire faux, qui ne cachait pas son malaise à parler de son passé ainsi, et en particulier de cet événement. Le tremblement dans sa voix était lui aussi parfaitement clair. Elle avait besoin de se confier à ce propos, mais pour elle, c'était quelque chose de nouveau. Et surtout de douloureux.

"C'est quand même ridicule, non? Demander à quelqu'un d'être plus égoïste pour le réinsérer dans la société. Et puis je suis sûre qu'ils se trompent. Je ne suis pas trop protectionniste. Enfin ça ne peut pas nuire à quelqu'un de se soucier de ses proches, pas vrai?"

Ses paroles sonnaient faux, elle en avait conscience. Même elle-même n'y croyait pas. Elle savait qu'ils avaient raison, ces psychologues. Tant qu'elle ne serait pas capable de se pardonner ses erreurs, et de se soucier un peu moins des autres, elle ne guérirait pas. Mais en même temps, comment voulaient-ils qu'elle arrive à se pardonner? Cette erreur qu'elle avait commise avait failli coûter la vie à son père...
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Ven 22 Nov - 19:11
Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones — avec Karine Arrius
Karine avait d’un seul coup eu l’air de changer complètement de tête. Et Gabriel avait bien eu raison de se sentir gênée en posant cette question, parce que manifestement, c’était un sujet un peu tabou pour Karine… ça la renforçait encore plus dans son idée qu’elle aurait dû fermer sa grande bouche et s’occuper de son cul. Alors sur le moment, elle ferme les yeux et se maudit elle-même, pas seulement parce qu’elle regrette, mais aussi parce qu’elle a peur que Karine lui foute une baigne dans la tronche. Et franchement, ça lui ferait pas trop plaisir que ça se passe comme ça…

▬ En fait, ça risque de paraître stupide, mais je ne supporte plus le blanc, depuis quelques mois. Heureusement, c'est uniquement le blanc pur qui provoque mes crises, un peu comme le blanc de la neige.
Gabriel rouvrit direct les yeux et haussa les sourcils, c’est vrai que ça la surprenait parce que c’était pas vraiment à ça qu’elle s’attendait, mais elle ne trouvait pas ça stupide. C’est vrai, si quelqu’un est phobique, c’est pas stupide, il y peut rien et faut pas en rire, ça peut être un sérieux handicap… Elle avait jamais fréquenté de phobiques avant d’entrer ici, mais elle avait bien des amis qui avaient peur des insectes ou de trucs à la con comme ça, rien à voir avec une vraie phobie.

Elle avait un peu incliné la tête vers la droite et plissé un peu les yeux. Elle trouvait ça spécial comme phobie, elle était bien curieuse de savoir ce qui avait bien pu provoquer chez Karine la peur de cette couleur. Elle en attendait pas tant, mais c’est vrai qu’elle serait pas contre une petite explication, même une brève et qui ne rentre pas trop dans le privé. Bon, après, c’est vrai que rien que le fait de lui avoir demandé quelle était sa phobie rentrait dans sa vie privée, mais ça, Gabriel aurait mieux fait d’y réfléchir encore plus avant.

▬ Je n'en ai pas vraiment peur, c'est juste que ça me fait souffrir psychologiquement. Et parfois, quand c'est trop insoutenable et que je n'ai aucun moyen de me calmer, et bah... Je perds connaissance. Ça m'est arrivé il y a pas si longtemps que ça, alors que j'étais dans les douches en train de retirer un peu de peinture que je m'étais mise dans les cheveux. Je te laisse imaginer ma surprise quand je me suis réveillée à l'infirmerie...
Wow… ça c’est flippant… Enfin, pas vraiment flippant, mais ce que Karine vient de dire touche Gabriel parce que c’est vachement fort quoi. Oui, alors, si elle tombe dans les pommes, c’est que ce n’est pas qu’une simple phobie, enfin, c’est la conclusion à laquelle Gabriel est arrivée. Elle trouve ça logique d’ailleurs, mais ça lui fait peur parce que du coup, elle s’inquiète pour Karine, et le premier réflexe qu’elle a ? Regarder si elle porte du blanc. On, y’a bien ses baskets mais vu comment elles sont sales, c’est plus du gris que du blanc maintenant…

▬ Tu sais, il paraît que c'est à cause de mon père que je suis phobique. Parce qu'en réalité, j'ai peur qu'il meure. Et ça se manifeste juste par le fait que je ne supporte pas le blanc. Parce que... ça... ça me rappelle le jour où il a failli mourir sous mes yeux, à l'hôpital, et que je... ne pouvais rien faire. C'était ma faute, en plus. Enfin... Il paraît que tant que je ne serai pas un peu plus égoïste, je ne guérirai pas.
Là, ça lui fait de la peine. On dirait que Karine est prête à s’écrouler et Gabriel est vraiment triste en l’entendant lui raconter tout ça. C’est la preuve qu’elle est vraiment proche de son père si la phobie de Karine vient de son hospitalisation, même si c’est bien triste, c’est une belle preuve d’amour en quelque sorte… dommage que ça vienne de quelque chose d’aussi grave, la vie peut être cruelle parfois et Gabriel est bien placée pour le savoir, même si pour n’importe qui sa situation paraîtrait exagérée.

▬ C'est quand même ridicule, non ? Demander à quelqu'un d'être plus égoïste pour le réinsérer dans la société. Et puis je suis sûre qu'ils se trompent. Je ne suis pas trop protectionniste. Enfin ça ne peut pas nuire à quelqu'un de se soucier de ses proches, pas vrai ?
Gabriel s’arrêta complètement, comme Karine juste avant. Là, elle avait eu l’impression que Karine venait de lire dans ses pensées. Elle se souvient, un jour, un médecin lui avait dit que si elle continuait à toujours vouloir la protéger, elle finirait par lui faire du mal. C’était totalement faux, jamais Gabriel ne lui aurait fait quoi que ce soit, elle l’aime beaucoup trop pour ça. Mais cet espèce de mauvais souvenir venait de lui revenir et lui avait fait baissé la tête.

▬ Je suppose…
C’était un simple murmure, peut-être que Karine n’avait pas entendu. Gabriel réfléchissait, non, en fait, elle pensait plutôt. Pleins de souvenirs lui revenaient en tête et c’était pas les meilleurs qu’elle avait. Elle pensait à elle, aux médecins et psychologues qu’elle avait vu et surtout, à sa mère… Elle se rappelait tout ce qu’elle lui avait dit et ça lui faisait de la peine en y pensant. Mais ça l’énervait aussi en fait alors elle avait un peu froncé les sourcils, mais bon, ça se voyait pas trop finalement.

▬ Ma mère… elle dit que je n’ai plus le droit de m’attacher à quelqu’un… Elle m‘interdit d’avoir de nouveaux « proches », c’est aussi un peu pour ça qu’elle m’a envoyée ici… Mais bon, c’est un résonnement un peu stupide parce qu’elle sait très bien que je ne suis pas du genre à m’enfermer dans ma chambre pour qu’on me foute la paix.
Oui enfin, elle l’avait bien fait pendant plusieurs semaines, mais ce n’était pas par envie. Justement, c’était parce qu’elle n’avait plus envie de rien qu’elle s’enfermait, mais si elle avait pu faire autrement, c’est sûr qu’elle se serait bien retenue de faire sa stupide mini-grève de la faim. Enfin, elle se laisse quand même sourire un petit peu, mais c’est difficile de dire si c’est un sourire un peu triste ou moqueur, pourtant, ça devrait pas être possible de confondre les deux.

▬ Mais j’en ai rien à foutre de toute façon, j’ai jamais obéi à ma mère alors c’est sûrement pas maintenant que je vais commencer !
Elle se penche un peu en arrière et appuie ses mains par terre comme si elle bronzait à la plage. Elle en rit, mais au fond, ça la dérange d’avoir une relation pareille avec sa mère. Dans son cas, on peut vraiment dire qu’elle la déteste, et encore plus depuis ce jour, mais avant déjà, les rapports entre Gabriel et sa mère étaient étranges… Ouais, Gabriel s’amusait à la provoquer tout le temps et elle rentrait dans son jeu. C’était un peu un truc du genre « essaye pas de m’interdire ça ou je fais » en fait, vu que Gabriel a toujours détesté avoir des limites. C’est évident que la mère de Gabriel aurait aimé qu’elle soit comme tous ces enfants bourges parfaits, qui font de bonnes études, trouvent un bon travail et filent le parfait amour. Oui, sa mère aurait aimé qu’elle soit PARFAITE. Mais elle a tellement de défauts qu’elle ne pourra jamais toucher la PERFECTION. Gabriel déteste ce mot, presque autant que celle qui ne cessait de lui répéter qu’elle ne le serait jamais. Et même si elle a beaucoup trop de fierté pour le dire, ça lui fait un peu mal au fond…
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MessageSujet: Re: TERMINÉ// Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones [Karine]   Sam 23 Nov - 13:44


Parfois le soleil fait des dégâts sur les neurones




Lorsqu'elle remarqua que Gabriel avait baissé la tête, Karine s'interrompit, et retrouva un visage neutre. Elle ne savait pas si c'était à cause de ce qu'elle avait dit que Gabriel avait l'air si triste, subitement, à cause de la souffrance qui avait pu paraître sur son visage, mais elle espérait que ce n'était le cas. Déjà, elle détestait qu'on voie qu'elle était faible, et que les événements la touchaient plus qu'elle ne le laissait entendre, mais en plus, elle ne voulait pas gêner ou faire du mal aux autres en leur parlant de ses problèmes. Elle ne voulait pas qu'on ait pitié d'elle. Parce que les gens ne comprenaient pas que c'était son père qui avait besoin d'aide, et pas elle... Et du coup de voir quelqu'un se soucier d'elle avait tendance à l'irriter, ou à la faire se sentir coupable. Enfin là c'était plutôt la seconde option, malheureusement pour elle.

"Ma mère… elle dit que je n’ai plus le droit de m’attacher à quelqu’un… Elle m‘interdit d’avoir de nouveaux « proches », c’est aussi un peu pour ça qu’elle m’a envoyée ici… Mais bon, c’est un résonnement un peu stupide parce qu’elle sait très bien que je ne suis pas du genre à m’enfermer dans ma chambre pour qu’on me foute la paix."

Hum alors en fait c'était pour ça que Gabriel faisait une tête pareille? C'est parce que ce qu'elle avait dit avait remué en elle une nouvelle fois des souvenirs douloureux... Mince alors. Quoi qu'elle faisait, Karine finissait toujours par lui rappeler de mauvais souvenirs. Mais bon, la première fois c'était par curiosité naturelle et là par... pure déprime? Mais d'ailleurs, ça ne lui ressemblait pas de s'intéresser aux autres ou de se confier de cette manière. La douleur qui l'avait ébranlée, peut-être? Donc, la mère de Gabriel lui interdisait de se faire des amis? Karine écarquilla malgré elle les yeux de surprise. Elle ne pouvait pas imaginer qu'un parent puisse faire la moindre chose qui ferait souffrir son enfant. Enfin il était vrai qu'elle n'y connaissait pas grand chose, et c'était peut-être pour ça, parce que son père était si attentionné envers elle quand il était là, qu'elle avait du mal à y croire. Et quand elle vit Gabriel sourire, là, elle se sentit complètement perdue.

"Mais j’en ai rien à foutre de toute façon, j’ai jamais obéi à ma mère alors c’est sûrement pas maintenant que je vais commencer !"

Karine hocha lentement la tête, parce qu'elle ne savait pas trop quoi répondre à ça. Surtout, ce qui la dérangeait, c'était de voir qu'une fois encore, Gabriel mentait. Rien à foutre? La bonne blague. Ca se voyait que c'était loin d'être le cas. Elle aurait aimé que sa mère la soutienne, et en même temps, quoi de plus naturel? N'importe qui aimerait que ses proches approuvent ses choix. Enfin...

"Si ça peut te rassurer, j'ai jamais vraiment aimé les règles non plus. M'enfin, tu as dû le comprendre. Après tout, ce n'est pas pour rien si je me fais punir tout le temps."

Karine jeta un coup d'œil à l'eau, au sol, qui finissait juste de sécher à l'air libre. Finalement, sa technique avait été plus efficace que ce qu'il n'y paraissait. Parce qu'en l'étalant, toute cette eau, elle avait carrément séché toute seule. Elle aurait dû être contente, mais quelque chose la tracassait. Un mot qui lui faisait plus mal que n'importe quel autre, qui restait incrusté dans son esprit sans vouloir en sortir de sitôt, et qui réveillait en elle une douleur sourde enfouie au plus profond d'elle-même depuis longtemps. Mère... Tout ce qu'elle avait de la sienne, c'était une vieille photo qu'elle n'avait même pas emportée avec elle à l'institut. Au fond, elle ne savait presque rien des liens qui étaient censés unir une mère et son enfant, parce qu'elle n'avait aucun élément de comparaison. Est-ce que c'était cette absence qui avait fait qu'elle était si différente des autres? Elle baissa les yeux pour ne pas croiser ceux de Gabriel. Elle ne voulait pas que celle-ci puisse voir qu'elle était triste.

"Qu'est-ce que ça fait, d'avoir une mère?"

Karine réalisa soudain que ce qu'elle venait de dire était très bizarre, et se reprenant, elle tenta de prendre un visage neutre, avant de relever les yeux. Elle avait un peu rougi. Elle avait honte d'avoir dit une chose pareille, mais c'était comme si elle avait pensé à voix haute, c'était sorti tout seul. Elle secoua la tête d'un air consterné. Elle qui ne voulait plus se plaindre... Elle avait le choix entre passer pour une folle ou s'expliquer, mais se retrouver à nouveau à faire un récit pitoyable. Enfin bon, de toute manière, au point où elle en était, la pitié, elle y était presque habituée, alors...

"Oublie, c'est juste que j'ai jamais eu de mère, donc ça me fait bizarre à chaque fois que j'entends quelqu'un parler de sa mère. J'ai toujours eu qu'un père, et encore, quand il était là, parce que si je le voyais une fois par mois, c'était juste exceptionnel..."

Comment s'enfoncer encore plus... Mais en même temps, c'était la vérité. Valait-il mieux mentir sur sa situation pour éviter la pitié des autres, ou être sincère et ignorer leurs regards compatissants qui la dérangeaient autant? Elle n'avait toujours pas choisi. Karine soupira, puis passa lentement sa main dans ses cheveux. Puis baissant les yeux pour vérifier que sa sacoche, elle se souvint qu'elle avait toujours le devant de ses vêtements trempé. Et si Gabriel avait pu ne pas le remarquer jusqu'à présent, vu qu'elle s'était souvent trouvée dos à elle, là, elle devait l'avoir vu. Elle ne devait pas être très crédible dans cet état. Elle grommela un peu, en essayant de frotter ses vêtements avec la serpillère, puis s'interrompit en comprenant qu'elle ne faisait que mouiller ses vêtements un peu plus.

"Ah, c'est pas vrai... J'ai que des bonnes idées moi, c'est dingue. Les types à l'infirmerie vont encore me prendre pour une débile. Entre arriver avec de la peinture plein la tête ou mouillée d'un seul côté, je me demande qu'est-ce qui est le pire..."

Elle sourit malgré elle. C'était vrai qu'on pouvait difficilement faire plus ridicule. Enfin, ce n'était pas comme si c'était vraiment sa faute... Elle soupira, puis avança tranquillement jusqu'au local où elle avait pris les serpillères. Elle chercha du regard une serviette, et en repéra une au sommet d'une étagère. Hors d'atteinte. Elle était trop petite. Elle fronça les sourcils. Bah, ce n'était pas ça qui allait l'arrêter... Elle prit appui sur une caisse pour grimper en s'accrochant aux étagères, et finit par attraper la serviette, et elle se laissa tomber avec souplesse sur ses pieds. Elle eut un petit sourire en jetant un œil à la serviette.

"Et une bonne chose de faite, maintenant j'ai plus qu'à..."

Un craquement la fit relever la tête, et elle remarqua que les étagères étaient un peu plus inclinées qu'avant. Elle eut à peine le temps de comprendre ce que ça signifiait qu'elles cédèrent subitement sous le poids des cartons, des serviettes et autres objets qu'elles soutenaient, et que le tout s'effondra sur elle. Elle poussa un cri de surprise en se retrouvant ensevelie sous le tout, puis parvint péniblement à sortir la tête de sous une pile de serviette. Elle essaya de se dégager péniblement, mais rien que le fait de sortir ses bras de sous la pile l'épuisa assez pour qu'elle arrive à peine à soulever les cartons pour s'en sortir. Décidément, c'était pas son jour...

"Gabriel? Désolé, mais tu peux m'aider là? J'ai, heu... un petit problème..."

Elle soupira, exaspérée, et tapa dans un carton avec son poing, pour se défouler. Elle retint de justesse un cri de douleur. Il devait être rempli de briques, c'était pas possible, pour être aussi dur... Enfin... Elle ne manquerait pas d'être punie encore pour avoir fait s'écrouler les étagères et déranger le matériel du personnel... Comme si elle n'avait pas assez d'ennuis!
HRP:
 
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