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Lily Handson °{ L'abandon te perd, mais la peur te tue [Terminée ~]

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Messages : 47
Date d'inscription : 03/07/2013

DOSSIER
ÂGE : 18 ans
PROBLÈME : Chromatophobie - peur de certaine(s) couleur(s) (le rouge pour Lily)
LIBRE RP : nope ;w;
MessageSujet: Lily Handson °{ L'abandon te perd, mais la peur te tue [Terminée ~]   Sam 6 Juil - 18:58
Lily Handson
“ Dit petite poupée, tu veux bien m'emmener en Enfer avec toi ? ”


→ En général
Nom Handson
Prénom Lily
AgeDix-huit ans et toutes ses dents
Date de naissance Un 6 juin, il faisait beau, il faisait chaud. C'était la belle vie, quoi.
Origines Elle est née aux USA, plus précisément en Arizona
Orientation sexuelle Hétéro, sûrement ...
Phobie Chromatophobie - Peur de certaines couleurs (le rouge pour Lily)
La couleur rouge. Elle est partout. Sur tes mains, sur ton visage, sur tes vêtements. Elle te suit, jour et nuit, éveillée et endormie. Tu déteste le rouge. Tu hais le rouge et toutes ses nuances morbides. Tu ne peux pas la voir. La moindre tâche rouge t'effraie, te fait hurler. Cette phobie est donc très contraignante dans ta vie quotidienne, mais toi tu t'en fiches, car tu ne vois pas. Tu ne vois plus. Tu tournes en rond, sans cesse, pour oublier cet effroi qui te serre le cœur depuis cet accident...
→ En réalité
Pseudo Tetsu, Lily etj'enpasse XD
PrénomSecret ♥
Age 13 balais ...
Présence7/7 en temps normal, après pour ce qui est de poster des RP's, c'est un peu plus irrégulier... ;w;
Comment tu es arrivé iciEn voguant de partenaires en partenaires, j'ai traversé toutes les mers, toutes les Tempêtes, et je suis arrivée ici avec Milo ♥
Idée/commentaire J'ai trop hâte de voir la PA, et votre forum il gray trop de la pastèque, avec son design à tomber par terre et son contexte simple mais attirant ;w;

→ Son physique
Ton réveil hurla dans tes oreilles, si bien que tu fus obligée de plaquer ton oreiller contre tes oreilles. Tu avais une migraine qui te vrillait la tête, tes yeux étaient lourds. Tu te redressas tant bien que mal sur ton lit et t'étiras avant de porter une main sur ton front. Mince, tu avais encore abusé de la cocaïne. Tu aurais dû t'y habituer depuis le temps, mais ce n'était pas le cas. Tu finis par te lever sur tes longues jambes et te diriger d'un pas lourd vers un miroir. Tu regardas ton reflet et grimaças face à lui. Tes petits yeux bleus portaient de grosses cernes en-dessous d'eux, tes cheveux noirs étaient tout ébouriffés et ta peau était blanche. Tu fis deux pas en arrière et regarda ton maigre corps, tellement maigre qu'on se demandait parfois comment tu faisais pour tenir debout sans te casser. Tout ça à cause de la drogue hein ?

Tu avais mal au cœur. Le manque martelait déjà dans tes veines. Drogue, drogue, drogue. Ton esprit ne pensait qu'à ça. Tu soupiras de lassitude, attrapas tes vêtements et t'habillas. Tu portais de tout : jupes, jeans, ballerines ; cependant on ne te verra jamais en manches courtes ou en bretelles pour cacher les traces de piqûres que tes bras portaient. Tu attrapas tes longs cheveux et les mis en deux grandes nattes, puis installas tes lunettes violettes sur ton nez. Tu regardas une dernière fois ton reflet. Tu avais beau être maigre, cela ne t'empêchais pas d'avoir une certaine force. Tes formes se voyaient, mais juste assez.

Tu haussas tes fines épaules et sortit de la salle de bain. Bha, tu étais comme ça et tu n'y pouvais rien. Si les autres n'étaient pas contents, et bien tant pis pour eux. N'est-ce pas ?


→ Son caractère
Complexe, c'était le mot qui te définissait le mieux. Tu es froide avec tout le monde, distante et renfermée. Tu ne parlais à personne, du moins lorsque tu n'étais pas en plein trip, ce qui était assez rare en fait. Poney rose ou nounours sanguinaire, cela dépendait de la dose que tu prenais. Dans ces moments-là tu emportais n'importe quel passant dans tes délires. Tout le monde te prenait pour une folle, et c'était certainement le cas. Ou peut-être étais-tu seulement désespérée. Tu souffrais constamment, mentalement et physiquement. Le manque était presque toujours là, et tu avais beau lutter contre lui tu finissais toujours par céder. Ton passé te hantait, te faisait sombrer à une vitesse vertigineuse. Tu ne vivais plus, tu survivais. De toute façon tu attirais la méfiance de tout le monde, non seulement à cause de tes délires, mais aussi parce que ton teint cadavérique et ta mine impassible en faisait fuir plus d'un.

Mais au fond que cherches-tu à faire?A hurler un appel à l'aide?A chercher une main à attraper ? Tu ne veux pas sombrer, espoir, espoir, petit espoir, quand décideras-tu de la lâcher?Jamais, sans doute. C'est ce qui te donne la force de te lever chaque matin : l'espoir d'un avenir meilleur. Mais tu n'étais même pas sûre d'en avoir un. Tu étais quelqu'un qui avait un passé sombre, un présent détruit et un futur incertain. Tu avais souvent envie de lâcher prise et de partir définitivement en Enfer, avec la poupée aux larmes de sang et cet ourson au couteau ensanglanté. Mais tu ne le pouvais pas n'est-ce pas?C'était trop dur, tu étais trop lâche. Vivre pour mieux se détruire. Pathétique hein?Tu l'étais tellement. Tous ces regards de pitié que les gens te lançaient en passant devant toi, tu les méritais n'est-ce pas ?

Tu sais pourtant être gentille et attentive lorsqu'il le faut. Ou lorsque tu es dans tes bons jours, ce qui est assez rare mais bon. Il suffit simplement de briser tes barrières et de t'accepter telle que tu es. Pas toujours facile compte tenu des ennuis que tu te crées, mais ça arrive. Tu essaies alors d'aider la personne un maximum, tu la fais passer avant toi, si bien que tu ne t'occupes plus de ce manque qui te traverses le corps. Si tu donnes ta confiance, ce n'est pas pour rien et ça doit être réciproque. Un lien fort, puissant. C'est ce qu'il te faut pour ne pas complètement sombrer. Pour t'accrocher à quelque chose. Tu le cherches, sans cesse. Le trouveras-tu un jour?Tu espères, c'est tout ce que tu peux faire.

Tout tourne, tout change, mais toi tu restes sur place. Tu stagnes. Tu es toujours la même, toujours autant perdue, détruite, à l'ouest et que sais-je encore. Tu en souffres aussi. Tu vois tout le monde grandir, et toi tu restes au même rang. C'est douloureux n'est-ce pas?Tu envies ces personnes qui tournent la page, qui passent à autre chose et vivent leur vie. Tu veux qu'il t'arrive la même chose. Que quelqu'un te regarde, t'aide à changer. « Dit petit ourson, tu veux bien m'emmener en Enfer ? » Cette question, tu la poses souvent à tes hallucinations. Plonger en Enfers avec lui et y rester. Jouer jusqu'à la fin de tes jours avec ces créations de ton esprit. Mais à chaque fois tu finis par revenir à la dure réalité. Oublier, c'est en fait tout ce que tu souhaites.

Ta phobie te complexe énormément. Tu crains toujours qu'au coin d'un bâtiment se trouve un nœud rouge sur le vêtement d'une fille, ou un cerisier avec de belles cerises bien mûres... Si bien qu'à chaque pas que tu fais, tu le fais avec méfiance. Tu demandes souvent aux passants autour de toi si il n'y a pas des choses rouges aux alentours, auquel cas tu changes de chemin, au risque de paraître folle. Ce que tu es sans doute vraiment, au final... Tu frôles donc la paranoïa en permanence, à partir du moment où tu sors de ta chambre. Tu détestes allez dehors, faire du shopping dans la ville, allez dans des parcs... Car tu es sûre de croiser cette couleur qui te hante déjà vingt-quatre heures sur ving-quatre.  Tu as brûler depuis longtemps tous tes vêtements qui portaient la moindre trace rouge, et jeter tous les bijoux et accessoires rouges. Tu avais des lunettes rouges avant, mais tu les as échangés contre des violettes.

Tu as cependant un point faible: ton petite frère. Même si vous vous êtes considérablement éloignés l'un de l'autre après l'accident, au point de devenir des étrangers l'un pour l'autre, il reste le frère que tu as chéris et protéger pendant si longtemps. Tu l'aimes toujours autant, même si tu refuses de l'avouer. Au fond, tu aimerais tellement retrouver ta complicité d'antan avec lui. Où vous riez ensemble, où vous vous protégiez mutuellement, où vous vous endormiez le soir dans le même lit, serrés l'un contre l'autre... Ces temps heureux te manquait horriblement. Mais c'était comme tout le reste, tu essayais d'oublier... Oublier que tu as tout brisé dans ta vie, jusqu'au moindre petit détail. Mais il te reste l'espoir malgré tout, l'espoir d'un avenir meilleur, l'espoir de retrouver un jour cet être cher qui te manque tant...


→ Son histoire
« Moi ? Tout le monde sait que je suis devenue la princesse d'un grand royaume voyons ! » Tu éclatas de rire et t'adossas au mur du bâtiment. Tes pupilles dilatées et ton sourire vague montrait encore à quel point tu étais délirante. Mais au fond tu savais bien que la réalité était très différente du conte de fée que tu t'étais toujours imaginé n'est-ce pas?Certes tu ne venais pas d'une famille richissime qui régnait sur un peuple, mais vous étiez heureux. Tes parents avaient un travail qu'ils adoraient, parce qu'ils étaient au contact des autres et très ouverts. Ta mère travaillait en tant qu'infirmière dans un hôpital du coin, et ton père était professeur d'histoire-géographie dans un collège.

Vous étiez quatre dans la famille : tes parents, toi et... Ton petit frère. Il était né quatre ans après toi, mais cela ne t'avait jamais dérangé plus que ça. Tu étais très vite devenu la sœur protectrice et bienveillante, la première qu'il allait voir dès qu'il le pouvait. Tu t'étais toujours jurer de le protéger coûte que coûte, quitte à y laisser ta vie. Parce que ce petit être qui éclatait en sanglots dès que vous vous sépariez, tu l'avais aimé et tu l'aimais encore Lily. A ce moment-là votre relation était fusionnelle et incompréhensible pour les autres. Toi-même tu avais du mal à contenir tes larmes lorsque tu arrivais devant les portes de l'école alors que lui restait en garderie. Cette distance qui ne durait pourtant qu'une journée t'étais à la limite du supportable. C'est pour cela que dès le départ tu te mis à l'écart des autres, parce que eux n'était pas Milo. Lui hantait ta tête jour et nuit, avec des questions du genre « est-ce qu'il va bien ? Que fait-il à la garderie en ce moment ? J'espère qu'il s'amuse au moins ». Parce que oui, tu l'avais toujours fait passé avant toi.

Vous grandissiez donc comme ça, avec cette relation fusionnelle que vous adoriez tant. Oh, vous auriez pu être heureux, c'est vrai. Vos larmes se tarirent à mesure que vous grandissiez bien sûr, mais il venait toujours se blottir contre toi la nuit et se transformait toujours en pot-de-superglue lorsque quelque chose ne lui plaisait pas. Mais tu l'aimais ainsi, ton petit frère. Quant à toi tu étais devenue un peu plus ouverte vers tes six-sept ans, mais tu n'as jamais de « meilleure amie » ou « d'amoureux ». Milo était toujours passé premier dans ton cœur, avant. Dans ta classe il y avait toujours eu des gens qui ne trouvait pas normale, parce qu'au lieu de jouer avec eux lors des récréation tu te mettais de côté pour penser à lui. Peut-être était-ce vrai, mais au final tu te fichais de ce qu'ils pouvaient penser. Tu étais heureuse comme ça, c'était le principal non?

Milo avait été un passionné des voyage en bateau lorsqu'il était plus jeune, grâce à toutes les histoires que ton père lui avait raconté le soir pour t'endormir. Toi c'était ta mère qui te lisait des contes de princesses et de dragons, c'est comme ça que tu t'es mise à imaginer votre famille régnant sur un royaume, avec un peuple qui vous aimait et vous respectait. Cependant tu n'as jamais trop aimé les passages avec le prince arrivant sur son beau cheval blanc, tu trouvais ça un peu trop rabaissant pour vous les filles à vous faire passez pour des faibles à sauver. Bref, ton frère a finit par demander à aller sur un bateau. Évidemment tes parents finirent par céder, c'est donc comme ça que tu atterris sur un bateau pendant les vacances.

Malheureusement tu compris rapidement que ce truc flottant n'était pas fait pour toi. Tu as eu le mal de mer pendant toute la croisière, mais tu te retenais du mieux que tu ne le pouvais et faisait bonne figure pour ne pas inquiéter tes parents et Milo. Tu ne voulais pas que tes parents raccourcissent la croisière juste parce que tu étais malade. Milo avait l'air si heureux sur ce bateau... Tu retins donc tes nausées tout le long du voyage, essayant de t'occuper comme tu le pouvais. Ce n'est qu'au débarquement que ton estomac se mit en alerte : à croire qu'il ne supporta pas ce changement subit de sol. Tu te précipitas dans les toilettes les plus proches alors que tes parents récupéraient les valises avec ton frère. C'est sans doute pour ça qu'ils n'ont jamais su que tu étais malade en bateau, et tu n'avais jamais cherché à leur en parler. Peut-être par peur de les faire culpabiliser, qui sait.

Tout était normal. Les années passèrent, vous étiez heureux, unis, soudés à jamais, enfin c'est ce que tu pensais. Mais ce n'était pas le cas et vous alliez très vite le comprendre. Dans ce genre d'histoires, il y avait toujours un oui, mais. Dans la vôtre, il y a Oui, mais il y a eu l'accident. L'accident qui a gâché votre vie, qui l'a détruite et qui vous a séparé. Toi par la culpabilité et l'abandon. Lui par la peur, peut-être. Tu te souviendrais de cette scène toute ta vie : il avait alors six ans, toi dix. Tes parents étaient partis pour un week-end en amoureux, « pour ne pas se perdre » disaient-ils. Quoi qu'il en soit ils vous avaient laissé avec les voisins en qui ils avaient une grande confiance. Ils se disputaient parfois, mais ça n'avait jamais été grave. C'était un couple normal, en sommes. Tu jouais dans le salon avec ton frère, alors que « tatie » vous surveillait de près. Tout allait bien, jusqu'à ce que le mari rentre du travail. Rien que l'aura qui émanait de lui te faisait peur. Elle était sombre et ne présageait rien de bon. Elle se redressa alors et te demanda de veiller sur ton frère en son absence, même si elle n'avait pas vraiment besoin de te le dire. Tu la suivis du regard, inquiète, alors qu'elle se dirigeait vers la cuisine.

Et il y eut les cris. De plus en plus vifs, de plus en plus forts. Toi tu arrivais à supporter cela, mais pas Milo. Son regard inquiet et au bord des larmes le démontraient très bien -il avait peur. Tu te levas donc et fermas la porte du salon, espérant que les cris s'entendraient moins. Ce fut le cas, et tu lui fis un sourire rassurant pour compléter le tout, alors qu'à l'intérieur de toi tu paniquais complètement. Tu te rassis devant lui et recommenças à jouer. Ne pas y penser. Ne pas y penser... Cinq minutes plus tard, il y eut de grands bruits de pas. Des verres qui se cassèrent. Et la porte s'ouvrit en grand, sur la femme effrayée et l'homme... Un couteau de cuisine en main. Tout se passa ensuite très vite : La femme recula jusqu'au canapé mais fut stoppée par celui-ci. L'homme levant la main au-dessus de sa tête. La lame étincelant au soleil. Tu sus alors que personne ne pourrait revenir en arrière ou stopper tout cela. Alors dans un ultime effort, tu cachas le regard de ton frère pour ne pas qu'il voit cet horreur. Mais toi par contre tu n'arrivas pas à retirer ton regard de cette lame qui s’abattit sur votre tante de cœur.

Du rouge, du rouge, du rouge. Il y en avait partout. Tu étais entourée de rouge. Le rouge, c'est moche. Le rouge, c'est effrayant. Le rouge est synonyme de folie... Il y en avait partout. Sur tes vêtements, sur le sol, sur le canapé, sur ton visage aussi. De toutes petites gouttes de sang, de ce rouge si pur, de ce rouge si terrorisant. Tes yeux étaient écarquillés tant la frayeur que tu ressentais en ce moment était grande. Mais encore une fois, tu pensas à Milo. Il n'avait que six ans. Il fallait que tu le protèges, comme tu l'avais toujours fait. Comme tout le monde t'avait demandé de le faire. Comme tu avais toujours voulu le faire... Alors tu le supplias de ne pas ouvrir les yeux tant que tu ne le lui dirais pas, et le tournas dos au crime pour être sûre. Tu déglutis et te relevas tant bien que mal tant tu tremblais. Le mari avait prit la fuite, par peur des conséquences probablement. Mais tu savais qu'il allait rapidement se faire arrêter par la police. Mais pour ça, il fallait que tu les appelles... Et une ambulance aussi... Un pas. Deux pas. Ne pas regarder ce rouge morbide... Les larmes coulaient sur tes joues pâles sans que tu ne t'en rendes compte. Tu ne te rendais plus compte de grand chose en fait... Enfin, le téléphone. Tu tendis la main et du t'y reprendre à deux fois avant de réussir à taper le numéro. « Ne... Regarde toujours pas » Bafouillas-tu à ton frère, priant tous les Dieux de l'univers pour qu'il t'écoute. Tu posas le combiné sur ton oreille et te mit à parler, alors que ces perles de cristal ne cessaient de couler sur tes joues en porcelaine.

Le reste fut assez flou. Tu te souviens avoir rejoint ton frère après l'appel, le serrant contre toi jusqu'à ce que l'ambulance et les policiers arrivèrent. Même après cela tu refusas de le lâcher une seule seconde, de peur qu'il lui arrive encore quelque chose. On vous prit en charge, vous donnant des boissons chaudes, des ambulanciers essayant de vous parlez. Mais toi rien ne sortait... Il n'y avait que ce rouge dans ta tête, toutes ces tâches rouges, partout, sur toi, sur les murs, le sol, partout. Le rouge te hantait, te dévorait, t'effrayait. Ce fut la première fois de ta vie que tu pensas « je veux oublier » Oublier ce traumatisme, oublier ce rouge qui tournait autour de toi. Tes parents arrivèrent dans la demi-heure qui suit, complètement paniqués, se maudissant de ne pas avoir pu vous protégez. Mais toi tu n'écoutais pas. Tu étais dans ta bulle, dans ton monde, dans ton propre Enfer. Et tu allais y rester Lily, pendant longtemps. Tu y étais prisonnière maintenant, et ce monde est ce qui a causé ta perte. Par la suite, vous êtes allez voir des psychologues, des médecins, et tu as compris que pour que tout cela cesse, il fallait que tu fasses semblant que tout allait bien. Parce que tu n'aimais pas ces gens qui te posaient des questions stupides alors qu'ils ne pouvaient pas comprendre, qu'ils ne pouvaient pas savoir. Tu te mis donc à sourire, mais cette fois ce n'était plus qu'un énorme mensonge. Quelque chose s'était éteint en toi Lily, et ces cauchemars que tu faisais la nuit en était la preuve...

Mais ce fut lors de ton entrée en sixième que tout dérapa. Tu fus très vite entraînée dans le piège de la drogue : ce qui t'éloignas encore plus de ton frère. Depuis l'accident quelque chose avait cassé votre lien en plus de votre état mental, mais tu ne sais toujours pas ce que c'est. Toi tu as très vite compris qu'il avait les objets coupants en horreur, mais tu n'avais rien dit parce que... Parce que quoi en fait ? Tu ne le savais même pas. Peut-être parce que tu avais la même chose. Quoi qu'il en soit il commença à te fuir pour de bon, à cause des seringues sûrement. Mais tu n'essayas même pas de le rattraper, de toute façon il était trop tard. Tu n'avais pas su le protéger correctement, et maintenant il vivait dans la peur, comme toi. Au début ce fut doux: la dose était faible, c'était des drogues douces et de temps en temps. Mais tu te rendis rapidement compte que ça pouvait faire plus. Beaucoup plus. Que peut-être réussirais-tu à faire disparaître tout ce rouge avec la drogue. Alors tu plongeas complètement, jusqu'à ce qu'il te soit impossible d'en sortir. Tu en prenais de plus en plus souvent, toujours avec des doses plus fortes. Tu délirais complètement, jusqu'à avoir des hallucinations. Mais au moins tu oubliais n'est-ce pas ? Au moins tu quittais cette réalité que tu détestais tant et tu oubliais pendant un moment que ta vie a été détruite. Parce que ce qui te rongeait le plus, ce n'était pas ta phobie. C'était le fait d'être aussi loin de ton frère, de ta moitié, de celui qui t'avais permis d'avancer jour après jour... Avant. Parce que maintenant tu l'avais perdu Lily, et tu te retrouvais seule face à tes démons.

Bien sûr tes parents essayèrent de t'en sortir, mais pour eux ce n'était que « la crise d'adolescence ». Ils ne comprenaient pas, encore une fois. Que c'était simplement pour oublier, et que la crise d'adolescence n'avait rien à voir avec ça. Il y a, dans ta tête, quelque chose qui ne tourne pas rond, rond, rond, qui ne tourne pas rond, et sais-tu ce que c'est petite Lily ? C'est ton esprit, c'est ta folie, c'est ton envie de fuir ♪ Psychologues, spécialistes, tous y passèrent de nouveau. Tes parents voulaient t'emmener en cure de désintoxication, mais tu te braquais à chaque fois qu'ils t'en parlaient, et ils étaient trop bons pour t'y forcer. Parce que malgré tout tes parents t'aimaient encore, Lily. Même si tu étais devenue froide, distante et instable, ils t'aimaient encore de tout leur cœur. Comme ton frère qui passait parfois des mots sous ta porte pour te dire que malgré tout il t'aimait encore... Toi tu n'y répondais jamais, tu considérais que tu n'en avais pas le droit, parce que tu avais faillit à ta tâche de grande sœur. Tu l'avais tellement déçu déjà... Tu préférais  donc les garder dans un tiroir de ta chambre et les relire pour essayer de tenir. Parce que vers tes dix-sept ans, tu commenças à te battre contre cette saleté. L'abandon et le manque gagnait à chaque fois, mais tu continuais de te battre malgré tout. Pour ton frère, surtout. Pour tes parents. Et pour tous ces regards de pitié que tu recevais lorsqu'on voyait tes pupilles dilatées et ton sourire béat. Le rouge l'emportait toujours, mais tu ne te laissais pas abattre. Un jour, peut-être, réussirais-tu à te débarrasser de ce passé qui te poursuivait.

Dix-huit ans, ton âge actuel. A partir de quand étais-tu tombée aussi loin dans l'horreur ? Normalement tu arrivais à contenir ton effroi face à ce rouge morbide. Mais pas là. Ce jour-là, tu venais de t'injecter une bonne dose de drogue dans les veines, si bien que tu vis rapidement une licorne violette à pois roses, comme d'habitude quoi. Tu planais, mais au moins tu avais oublié. Tu avais quitté la réalité pour monter sur le dos de cette licorne. C'était la fin des cours, juste devant la fac, donc tu pouvais enfin te laisser aller. Il n'y avait plus de rouge, nul part. Et pourtant... Tout finit par déraper. Pour la première fois, tu n'eus pas un de ces doux trips que tu aimais tant. Cette fois, c'était différent. La licorne se transforma en une poupée en porcelaine : une poupée qui pleurait des larmes de sang. Tes yeux s'ouvrirent en grand sous l'effroi. Du sang... Du rouge... Partout.. Les souvenirs remontèrent à la surface et t'entourèrent. Un ourson en peluche apparut aux côtés de la poupée. Il avait un sourire sadique et un couteau ensanglanté en main. C'était le même couteau que ce jour-là... Ils s'approchèrent de toi, la poupée hurlant et pleurant, l'ourson riant sadiquement. Tu te débattis encore et encore, mais ils t'attrapèrent. Tu hurlas de peur « Lâchez-moi, je vous en supplie, enlevez ce rouge, essuyez-le, je vous en prie, je ne veux plus voir ce sang, par pitié ! » Mais ils continuaient de t'encercler et de te tenir fermement. Les larmes de la poupée tombèrent sur toi, tâchant tes vêtements et ton visage, comme le jour de l'accident. La terreur s'agrandit, ton esprit s'embrouilla, et tu te mis à pleurer, car tu ne pouvais rien faire d'autre, ils étaient trop forts. Tu finis par t'évanouir tant la terreur était grande. Mais ce fut à ce moment-là que tu réalisas que tu ne pourrais plus cacher ces démons qui te hantaient...

Lorsque tu rouvris les yeux, tu te trouvais dans l'un des lits de l'infirmerie de la fac. Tes parents étaient à tes côtés, inquiets, fatigués. Tu les interrogeas du regard et c'est ainsi que tu appris que la poupée et l'ourson n'avaient jamais existé, mais que c'était les poms-poms girls de la fac qui venaient de sortir de leur entraînement qui t'avaient trouvé là, assise à même le sol en plein délire. Elles avaient essayé de t'aider mais tu t'étais débattue et les avais supplié d'enlever leurs vêtements rouge... Alors qu'ils te regardaient avec inquiétude, toi tu avais détourné la tête pour ne plus voir leurs visages. Mais tu ne pouvais plus mentir et te cacher maintenant Lily. Alors tu remontas les draps sur ta tête et tu articulas ces cinq mots que tu t'étais tant de fois répéter dans ta tête : « Le rouge me fait peur... » Tu fermas tes yeux et t'endormis, encore assommée par les effets de la drogue. Qu'allait-il se passer par la suite ? Tu te le demandais... Ce que tu ne savais pas, c'est que exactement au moment où tu avais été agressée par la poupée et l'ourson, ton frère lui s'était fait agressé par ses camarade de classe avec ce crayon bien taillé qu'il détestait tant... Lorsque tes parents te racontèrent cette histoire -une fois que tu fus réveillée- la culpabilité qui te pesait sur le cœur s'alourdit. Encore une fois, tu n'avais pas pu le protéger. Encore une fois, tu avais faillis à ta tâche de grande sœur. Tu avais du le décevoir encore une fois... Parce que tu n'avais pas effacé le danger qui avait pesé au-dessus de ta tête. Tu t'en voulais Lily... Tu t'en voulais tellement que c'en était insupportable pour toi.

Une institut spécialisée pour les phobiques. C'est ce que tes parents vous proposèrent à toi et à ton frère après vos diagnostics : aichmophobie pour Milo, chromatophobie pour toi. Étrangement, tu vis cela comme un espoir. Peut-être que là-bas tout ira mieux. Peut-être seras-tu enfin débarrasser de tes démons. Peut-être pourras-tu réparer tes erreurs envers Milo... Voir recréer un lien avec lui... Alors tu acceptas, de toute façon tes parents ne te laissèrent pas le choix cette fois-ci : c'était l'institut ou la cure de désintoxication. Au moins là-bas, tu seras peut-être en sécurité, et puis tu ne voulais pas être entourée de drogués. Cependant tu te demandais si ton frère allait accepté. Peut-être refuserait-il parce que tu y serais, qui sait. Peut-être ne voulait-il plus te voir après cette nouvelle agression. Parce que tu aurais dû être là Lily : si tu étais venue le chercher au collège, comme avant, cela ne serait pas arrivé. Tu aurais pu le protéger, mais tu ne l'as pas fais, tu avais été bien trop occupée à combattre tes démons. Heureusement il accepta aussi, tu ne savais pas trop pourquoi. Mais la veille du départ, alors que tu combattais contre le manque, un mot se glissa sous ta porte. Tu te levas tant bien que mal et le ramassa : « J'espère que tout cela s'arrangera. Je t'aime, grande sœur. » Tu souris bêtement et serras le mot contre toi, avant de le ranger dans ton tiroir.
Oui, peut-être que tout cela s'arrangera. Peut-être qu'un jour, ta culpabilité partira.
Peut-être qu'un jour, vous serez heureux, tous les deux.


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MessageSujet: Re: Lily Handson °{ L'abandon te perd, mais la peur te tue [Terminée ~]   Dim 7 Juil - 6:31
Bienvenuue o/
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MessageSujet: Re: Lily Handson °{ L'abandon te perd, mais la peur te tue [Terminée ~]   Dim 7 Juil - 8:23
Bienvenue sur le forum ~
Franchement en lisant ta fiche on a pas du tout l'impression que tu es aussi jeune hein, c'est très bien écrit (même si je ne suis pas particulièrement passionnée de la deuxième personne je dois dire que c'est très agréable ici)
Je te valide dooonc ! Bon jeu parmi nous !
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MessageSujet: Re: Lily Handson °{ L'abandon te perd, mais la peur te tue [Terminée ~]   Dim 7 Juil - 8:24
Je te l'ai déjà dit, mais c'est pas grave...

BIENVENUUUUE !


Eh eh  
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PROBLÈME : Chromatophobie - peur de certaine(s) couleur(s) (le rouge pour Lily)
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MessageSujet: Re: Lily Handson °{ L'abandon te perd, mais la peur te tue [Terminée ~]   Dim 7 Juil - 17:55
Nyiii, merci à tous ♥

Dallas > oui, oui. On me le dit souvent. Avec pleins d'autres trucs par rapport à mon âge. *tousse* Merci en tout cas ♥ j'ai hâte de RP ici. (bon je ne le fais qu'après mes vacances mais. ;; Voilà quoi.)
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MessageSujet: Re: Lily Handson °{ L'abandon te perd, mais la peur te tue [Terminée ~]   
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